A Combani, la peur et l’incompréhension laissent place à la colère

Ils ne sauraient dire d'où viennent ces violences entre leur village et celui voisin de Miréréni. Mais les violences des derniers mois sont autant de trop. Une centaine d'habitants de Combani a réclamé un cimetière propre au village, et veulent interdire le village à "ceux de Miréréni".

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Chacun son cimetière, ces habitants ne voient pas d'autre solution à court terme

Ils étaient nombreux à répondre à l’appel pour une marche blanche ce dimanche matin à Combani. Plus d’une centaine de villageois se sont retrouvés pour protester contre les violences de ces derniers mois. Après un regain de tension lié au cimetière situé à Miréréni, les habitants de Combani expriment leur exaspération et veulent interdire l’accès du village à leurs voisins.

Anturia, villageoise de Combani, a accepté de témoigner « seulement si vous ne triez pas mes mots, même si c’est barbare ». Rien de barbare pourtant dans ses paroles, mais une colère palpable. « Depuis le 9 septembre on vit une vie horrible dans la commune » commence-t-elle, au sujet des violences récurrentes entre les deux villages voisins. « Puis lundi dernier il y a eu une grand-mère qui est décédée et nos collègues du village voisin nous ont empêché de l’enterrer, c’est pour ça qu’aujourd’hui je manifeste ».

D’où la banderole déployée derrière elle, plaidant pour un cimetière à Combani.

« On vit avec la peur »

Autre revendication, « que Miréréni restent chez eux et nous on reste chez nous, point, trait. » « On fait barrage, pas des voitures, mais un individu de Miréréni ne doit plus passer à pieds, pour les courses qu’ils aillent à Passamaïnty. »

Anturia n’en peut plus des violences, elle préfèrerait que chacun reste chez soi

Une demande légalement impossible à mettre en œuvre, et qui risque d’attiser encore les tensions. D’autant que l’accès à Combani est nécessaire à tous, notamment pour les courses. D’autant que la cause du problème elle, reste incompréhensible. « C’est toujours comme ça, je ne sais pas pourquoi, il y a des violences. Et nous on vit avec la peur. »

Une peur partagée du côté de Miréréni où les habitants craignent aussi d’éventuelles incursions. La présence constante de gendarmes entre les deux villages assure un calme relatif, en attendant des solutions de fond, qui se font attendre.

Y.D.

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