Les 2 communes de Petite Terre signent un Pacte de sécurité, pour passer de l’ombre à la lumière

Comme tout partenariat, c'est du donnant-donnant : l’Etat contribue à l’équipement communal sur la sécurité, et de leur côté, les maires font montre de volonté politique, en dopant notamment leur police municipale.

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Pacte de sécurité, Mayotte
Les acteurs chargé de la sécurité sur les deux communes, présents lors de la signature

Le Pacte de sécurité, ça se mérite ! « Ce n’est pas une action promue par la préfecture à laquelle les communes doivent souscrire, mais une co-construction sur les moyens à mettre en œuvre pour restaurer la sécurité sur le territoire ». Ce n’est pas le préfet Jean-François Colombet qui fait cette déclaration, mais Saïd Omar Oili, maire de Dzaoudzi Labattoir. S’il était présent avec son collègue de Pamandzi ce mercredi matin pluvieux à la Case Rocher, ce n’est pas dans le cadre de l’intercommunalité qu’il préside, mais pour engager chacune des deux communes dans un Pacte de sécurité signé avec la préfecture.

Comme à Mamoudzou quelques semaines auparavant, cette convention va permettre trois avancées : le recrutement de policiers municipaux supplémentaires dans les deux communes, le développement de l’éclairage public, et l’installation de caméras de vidéo-protections pour faciliter l’identification des fauteurs de trouble. Accentuées, expliquait le préfet par « une fluidification des relations entre la Gendarmerie nationale et la Police municipale, notamment en apport de matériel. » La loi Sécurité globale va aussi apporter un ‘plus’, « son adoption permettra que deux polices municipales de communes différentes, collaborent. »

« Pour filmer, il faut de la lumière »

Saïd Omar Oili consolide son éclairage public grâce au travail partenarial avec la préfecture

En matière de police municipale, Pamandzi compte doubler son effectif, comme l’expliquait son maire Madi Souf, qui a recruté à sa tête Issouf Oili (arrivé tout droit de Koungou) : « Ils sont 6 actuellement, et nous avons délibéré pour que, en interne, 6 nouvelles recrues rejoignent leur rang, avec un effectif de 15 à terme. Notre volonté politique est réelle, avec l’intégration de locaux plus grands que les 20m2 précédents, en l’occurrence, les anciens studios de Mayotte la 1ère que nous partagerons avec l’interco. » La mobilisation des agents a fait un bon en avant, « lorsque je suis arrivé, ils arrêtaient à 15h, désormais, les équipes se relaient jusqu’à 22h, renforcées par l’achat de deux véhicules neufs. »

Saïd Omar Oili qui se félicitait du travail mené de concert avec l’Etat, soulignait l’effort de celui-ci, « qui a complété avec le conseil départemental notre investissement de 1,8 million d’euros nécessaire à la vidéo protection. Et pour filmer, il faut de la lumière ! Nous avons donc eu recours au photovoltaïque pour l’éclairage public, grâce au travail mené avec la plateforme d’ingénierie dont j’use à fond, dans le cadre de la consommation du Contrat de convergence. » Il a nommé un directeur dédié à ce Pacte de sécurité, qui sera l’interlocuteur de la préfecture. Son directeur de Police municipale, Toilibou Bravo, rapportait un effectif de 16 pour cette commune.

Police municipale, Mayotte
La police municipale au cœur du dispositif

Dans les actions de sécurisation du quotidien, la gendarmerie nationale va davantage s’appuyer sur la police municipale, notamment en les formant. Des équipements sont en attente, notamment la pose de radios embarquées dans les véhicules des policiers de la commune, ce qui devrait fluidifier les échanges avec les militaires.

Trois communes sur 17 ont donc signé un Pacte de sécurité, « trois ou quatre autres devraient les rejoindre d’ici la fin du 1er trimestre 2021 », rapportait le préfet.

Anne Perzo-Lafond

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