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vendredi 30 septembre 2022
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Covid-19 : Diminution apparente du dépistage malgré l’arrivée des tests antigéniques, selon Santé Publique France

Le nouveau bulletin de Santé Public France revient sur les tendances de l’épidémie ces dernières semaines. Il n’apporte pas de données actualisées sur la diffusion du virus, mais livre une multitude d’informations sur ses particularités. On y apprend qu’avec l’arrivée des tests TROD antigéniques, les indicateurs sont recentralisés au niveau national.

Par exemple, à Mayotte, prés d’un cas de Covid sur 5 est relié à un cluster. Un phénomène induit par le « relâchement de vigilance », comme ailleurs dans le monde, nous dit Santé publique France (SpF), qui aboutit à un moindre taux de dépistage, « en chute libre ». Un paradoxe : alors que l’accès est facilité avec l’arrivée des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD) antigéniques, la population a moins recours aux tests.

Pour parvenir à localiser les personnes atteintes et prévenir les clusters, les autorités de santé se concentrent sur les milieux professionnels et les rassemblements privés. Rappelons que ces derniers sont interdits au-delà de 6 personnes par un arrêté préfectoral en vigueur. A lire le bulletin, ils se poursuivent malgré tout, générant une difficulté pour identifier les sujets contacts lors de grands rassemblements, cérémonies religieuses, fêtes, réunions publiques, etc., « certaines personnes infectées s’ignorent contagieuse, et contribuent au maintien des chaines de transmission sur l’ensemble du territoire ». Il est donc envisagé de recourir à l’application nationale « TousAntiCovid », facile à renseigner, qui n’était jusqu’à présent pas active à Mayotte.

Rappelons que les personnes vivant dans le même foyer que le cas positif sont invitées à « se faire dépister sans délai », et pour les personnes déclarées contacts d’un cercle d’amis ou professionnel, « dans un délai de 5 à 7 jours suivant la date du dernier contact ».

Centralisation nationale des données Covid

Dominique Voynet, dépistage, ARS, Covid, Biogroup, Mayotte
La multiplication des sites de prélèvements ne permet plus une centralisation des données à Mayotte

La période examinée par le bulletin se terminant le 22 novembre, nous n’avons pas de taux d’incidence plus actuel que celui de 53 pour 100.000 habitant par semaine, livré le 23 novembre par l’ARS, et un taux de positivité de 7,9%. Une évolution à la baisse sur les trois dernières semaines écoulées, mais à mettre en relation donc avec un dépistage en régression, et avec une autre donnée étonnante, la difficulté pour centraliser les données : « Jusqu’alors, les indicateurs de surveillance étaient issus de l’analyse des données transmises quotidiennement par les laboratoires du CHM, de Mayobio, du CHU Réunion à Santé publique France (SpF). Avec la diffusion des TRODs hors des laboratoires, et la multiplication des acteurs réalisant des tests à la recherche de la Covid-19, il n’est plus envisageable de centraliser l’ensemble des résultats au sein de la Cellule Mayotte de SpF. »

Ainsi, depuis le 1er novembre, la surveillance épidémiologique repose exclusivement sur les données issues du système national SI-DEP (système d’information de dépistage). « La qualité des indicateurs épidémiologiques est désormais dépendante de la transmission systématique de chaque résultat par les professionnels de santé amenés à effectuer des tests pour Sars-Cov-2, que ce soit par PCR, sérologie ou test antigénique ».

La diminution apparente du dépistage est donc à relativiser avec la multiplication des tests antigéniques qu’il faut comptabiliser.

Âge médian de 35 ans chez les malades, contre 75 ans au national

Application, Tousanticovid, Mayotte
La déclinaison à Mayotte de l’application TousAntiCovid est à l’étude selon SpF

L’épidémie à Mayotte a des caractéristiques marquées. En raison de la jeunesse de la population, l’âge médian des 5.181 personnes testées positives au Covid est 35 ans, contre 71 ans sur le reste du pays. Cette médiane augmente logiquement pour les personnes hospitalisées, 50 ans, un peu plus en réanimation, 53 ans, alors qu’il est de 64 ans pour les 49 personnes décédées. Entre le 13 mars et le 25 novembre, 97 personnes ont été admises en réanimation, dont 55 formes pulmonaires.

Quand on regarde les classes d’âge en détail, on note que l’incidence est plus élevée pour les plus de 50 ans, car « plus sujets à la survenue de formes symptomatiques motivant le recours aux soins et le prélèvement. » Entre mi-octobre et mi-novembre, le taux d’incidence des plus de 65 ans, a plus que triplé au cours du mois. Les femmes sont plus malades que les hommes, mais avec des formes moins graves puisque prés de deux fois plus d’hommes que de femmes partent en réanimation.

Sur les 49 décès lié de prés ou de loin au COVID-19, 34 ont eu lieu au CHM (dont 21 en réanimation et 12 en médecine), 8 à domicile, 5 en milieu hospitalier à La Réunion suite à des évacuations sanitaires et 2 décès sur la voie publique.

27% sans symptôme

Nombre de clusters selon le secteur et nombre de cas (SpF)

Les deux tiers des malades ont mentionné leur activité professionnelle. Pour moitié (44%), ils ne travaillent pas ou sont des mineurs ou des étudiants, sur l’autre moitié 9,5% exercent en milieu de soin (essentiellement des paramédicaux en milieu hospitalier), 11,3% dans l’enseignement, 5,6% force de l’ordre ou pompier, et 29,8% dans un autre domaine.

La proportion d’asymptomatiques a cru avec l’évolution de la politique de dépistage, cas contact, clusters, voyageurs, ont permis d’arriver à un taux de 27% de personnes se déclarant sans symptôme.

La maitrise de l’épidémie dépend de la réactivité à dépister les cas contact pour éviter que ne se forment des clusters. Ils ont été localisés à 42% dans les entreprises privées et publiques hors établissement de santé, à 24%, dans d’autres collectivités (associations, regroupements de quartier) et pour 17%, dans le milieu familial élargi. Mais cette dernière catégorie s’est renforcée à Mayotte ces dernières semaines avait souligné l’ARS, et représentait 23% des clusters au 22 novembre. « Afin de prévenir l’émergence de foyers épidémiques, il apparaît nécessaire d’accompagner la population avec des outils concrets de prévention du risque épidémique dans les situations à risque : réunions formelles ou informelles, covoiturage, fêtes, activités de loisir… » SpF soumet l’idée d’ateliers de sensibilisation, « avec un ciblage des risques spécifiques à chaque type de communautés : membres de clubs sportifs, cercles de villageois, groupes de femmes, associations… »

Il n’est jamais inutile de rappeler que chacun est un malade en puissance qui peut s’ignorer, et qu’il faut donc se comporter comme tel, en conservant des gestes qui épargnent son entourage, avec un recours régulier au lavage des mains, et si c’est impossible, en évitant de se toucher la bouche, le nez ou les yeux.

Consulter le bulletin Mayotte COVID SpF 30-11-020_VF

Anne Perzo-Lafond

Anne Perzohttps://lejournaldemayotte.yt
Anne PERZO Le journal de Mayotte https://lejournaldemayotte.yt

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