« Trois entrepreneurs sur quatre ont le moral plombé par l’insécurité », rapporte leur collectif CMEM

Avant même les résultats de l'enquête des Assises de la Sécurité, le récent Collectif du monde économique de Mayotte (CMEM) a mené une enquête pendant plus d'un mois sur l’insécurité auprès des chefs d’entreprise de Mayotte. Plus de 115 réponses ont été recueillies.

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Il ne s’agit pas d’une enquête officielle de l’INSEE, mais d’un sondage que le collectif d’entrepreneurs a effectué auprès de ses adhérents et des cercles élargis. Le CMEM est un collectif d’entrepreneurs qui s’est constitué le 28 août suite à une nouvelle flambée des violences sur le territoire. Ces dernières semaines, il a interrogé 115 chefs d’entreprise. Il s’agissait de comprendre les impacts économiques de l’insécurité, et mesurer l’importance de la perception de l’insécurité dans le monde économique de Mayotte. Les entreprises expliquent attenre des réponses urgentes de la part des autorités, que ce soit le préfet ou la justice.

Les 18 questions portaient sur leur ressenti, les réercussions sur leurs activités, et leur propositions. Il ressort que 96% des chefs d’entreprises constatent une augmentation de l’insécurité, et que pour un chef d’entreprise sur deux, le territoire de Mayotte est synonyme d’insécurité. Un tiers des répondants ressentent une forte insécurité sur leur lieu de travail et un peu moins d’un tiers jusque dans leur environnement familial. La grande majorité des entrepreneurs se sent peu ou pas soutenue par la Justice et les pouvoirs
publics, rejoignant les revendications des collectifs de citoyens de Mayotte, « le sentiment d’impunité est fort », indique le CMEM.

Les deux tiers des répondants déplorent une incapacité d’exercer, lors des deux derniers mois, notamment à cause des routes bloquées ou des émeutes qui obligent les entreprises à baisser leur rideau. De nombreux chefs d’entreprises font également état de vols, de dégradation de leurs outils de travail, d’intrusions répétées voire d’agressions physiques et verbales.

Marcel Rinaldy, directeur de CMEM, avait rencontré rencontré Ambdilwahedou Soumaïla, maire de Mamoudzou qui vient de signer le 1er Pacte de sécurité

Ce contexte a conduit plus de la moitié des répondants à s’équiper d’outils de vidéosurveillance et d’alarmes, représentant souvent un coût de plusieurs milliers d’euros à leur charge. Les pertes de chiffre d’affaires se comptent en milliers d’euros. Un chef d’entreprise sur deux se dit encore motivé pour construire le territoire de demain.

Autres enseignements : parmi les propositions d’actions urgentes à mettre en place, les sondés expriment leur souhait d’avoir plus de forces de l’ordre. Ils demandent également une meilleure adéquation entre les chiffres réels de la population et les moyens alloués au territoire. Ils attendent des pouvoirs publics davantage d’investissements dans l’éducation et l’insertion professionnelle.

Certaines demandes s’adressent au préfet, « Mettre des forces de l’ordre dans les quartiers sensibles pour y remettre de l’ordre et mettre hors d’état de nuire les groupes d’individus dangereux », « un vrai couvre-feu sur l’ensemble de Mayotte pour les mineurs », d’autres le tribunal, « La justice doit être plus rigide avec les délinquants » mais aussi proposer une « réponse pénale alternative à la prison permettant l’éducation, la formation et l’insertion ».

Le CMEM invite les chefs d’entreprise ayant reçu le questionnaire mais n’ayant toujours pas répondu à le faire. L’étude est à télécharger sur la page Facebook du CMEM

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