Violences de vendredi : la mairie porte plainte, le préfet pointe du doigt les parents

Les condamnations sont unanimes ce week-end après les violences qui ont fait plusieurs blessés graves vendredi à Passamaïnty et Cavani. Le préfet reconnaît une responsabilité de l'Etat mais met aussi en cause les parents et adultes responsables de ces jeunes.

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Une épaisse fumée s'échappait des bangas proches des affrontements, au dessus du collège de Passamaïnty

Dans un communiqué inhabituellement long, « Jean-François Colombet, Préfet de Mayotte condamne vigoureusement les violences entre bandes de jeunes survenues à Passamainty. »

Ce dernier rappelle le contexte et point diverses responsabilités.

« Depuis 48 heures, les affrontements entre jeunes des quartiers de DOUJANI et de PASSAMAINTY conduisent une nouvelle fois à des tentatives d’édification de barrages sur les routes, de pillages de commerce et d’incendie de matériaux divers et de bangas.

Ces actes totalement imprévisibles sont absolument  inacceptables. Ils ont mobilisé durant des heures les forces de la Police Nationale  et  les sapeurs pompiers de Mayotte dans des conditions délicates .

Le préfet de Mayotte, en son nom personnel, remercie très sincèrement l’ensemble des forces engagées pour rétablir l’ordre républicain  face à des bandes de jeunes, quelques fois d’enfants de moins de 10 ans, lancés violemment dans des expéditions punitives entre villages qui relèvent d’un autre âge et que rejette profondément la société à laquelle aspirent les mahorais qui veulent vivre paisiblement et développer sereinement leur territoire.

Parmi les fauteurs de troubles et malgré l’interposition des forces de l’ordre il y a eu des blessés très graves. Les investigations seront conduites avec détermination pour identifier les auteurs et les remettre à l’autorité judiciaire.

Cette violence inouïe, ces agressions et ces caillassages commis par de très jeunes adolescents doivent interroger chacun sur ses propres responsabilités : l’État naturellement mais aussi les parents ou les adultes qui entourent ces jeunes individus et qui doivent davantage les encadrer avec fermeté, les collectivités, les associations familiales et d’insertion, les autorités cultuelles, les partenaires sociaux.

A ce titre, Jean-François Colombet tient à souligner l’implication et la mobilisation active du maire de Mamoudzou et de ses services, de sa police municipale en particulier, à l’occasion de ces évènements pour nouer un partenariat actif et concret  avec l’État  pour rétablir le dialogue entre les villages concernés et retrouver la tranquillité publique au sein de la commune .

Le préfet de Mayotte rappelle toute sa détermination pour engager sans délai, avec la Police nationale et la Gendarmerie Nationale les mesures de toutes natures qui garantiront  la sécurité de chacun dans ses déplacements et dans sa vie quotidienne. »

Plainte de la commune de Mamoudzou

Du côté de la Ville de Mamoudzou, une plainte a été déposée indique le maire.

« Ce vendredi 9 octobre 2020, La Ville de Mamoudzou a été le lieu de violences urbaines dans les quartiers de Doujani, Passamainty et Cavani Baobab. A notre connaissance, quatre personnes ont été blessées dont une personne pour qui le pronostic vital est engagé, plusieurs habitations ont également été incendiées, et d’autres bien privés et publics ont été dégradés. Suite à ces événements inadmissibles, le Maire de Mamoudzou et l’ensemble du conseil municipal condamnent avec la plus grande fermeté ces agissements et lancent un appel au calme et à l’apaisement des tensions. Ils demandent également à ce que la propagation de fausses rumeurs cesse afin de ne pas attiser les tensions inutilement.

Suite à ces violences, la ville de Mamoudzou a également fait le constat de destruction de biens publics dont la dégradation de matériels de la ville.

Elle s’est constituée partie civile et déposera plainte en vertu de l’article 322-3 du code pénal disposant que : est punie de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende, la destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien destiné à l’utilité publique et appartenant à une personne publique, et/ou lorsqu’elle est commise par plusieurs personnes, agissant en qualité d’auteur ou de complice. »

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