Non-port du masque, les passagers de taxis verbalisés

Rendu obligatoire par arrêté préfectoral, le port du masque en taxi a fait l'objet d'actions de prévention pendant un mois. La préfecture et la commune de Mamoudzou sont passés à la phase répressive.

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17 taxis ont été contrôlés, 15 amendes ont été délivrées

« En trente minutes dans le même habitacle, le risque de contamination est très élevé. » Cette évidence est rappelée par Luca Vergallo, du cabinet du préfet. Il était présent ce jeudi matin sur le parking du BarFly pour une action de contrôle du port du masque à bord des taxis. « A l’occasion de la crise Covid, on avait pris un arrêté préfectoral pour relancer les taxis tout en conservant les gestes barrière. La principale consigne à bord, c’est le port du masque ». Une obligation qui concerne les taxis, mais aussi les covoiturages et les transports scolaires, dès l’âge de 11 ans.

« Depuis un mois, la Deal mène des actions de sensibilisation » indique Luca Vergallo. « Après un mois de prévention, il a été décidé de verbaliser ».

Derrière lui, un taxi qui « n’a pas été vigilant » est prié de se ranger sur le bas-côté.

A bord, une dame ne porte pas de masque. Cachée derrière son foulard, celle-ci s’en sortira avec un rappel des règles. D’autres n’ont pas eu cette chance. « Le non port du masque, c’est 135€, et c’est le passager qui est responsable » rappelle la Deal. En clair, ce n’est pas le chauffeur qui prend la prune si un passager tombe le masque à bord.

« La liberté, ça nécessite la responsabilité de chacun pour éviter que l’épidémie ne reparte » poursuit le représentant du préfet. L’enjeu est sanitaire mais aussi économique, puisque c’est la condition à « la reprise en sécurité de l’activité ».

Un autre taxi est contrôlé par la police municipale. A bord, le non-port du masque a attiré l’attention des policiers, qui vont toutefois verbaliser le chauffeur pour une autre infraction. Dans son monospace de 7 places, il transportait 6 passagers adultes, et deux bébés. Soit 9 personnes en tout.

Drôle de tableau dans ce Picasso contenant 9 passagers, une infraction aussi fréquente que dangereuse.

« Le préfet nous a autorisé à emmener gratuitement les enfants de moins de deux ans » se défend le taximan. Fi. Selon la police, il s’agit là d’une « interprétation des règles ». « Cela ne veut pas dire que vous avez le droit d’être en surnombre, ça fait des années que vous travaillez illégalement, vous n’allez pas commencer » tranche l’agent verbalisateur alors que le taximan descendait de son véhicule pour protester de plus belle. Bilan, 90€ à régler.

Le véhicule suivant sera lui aussi verbalisé pour une infraction sans lien avec le masque : l’immatriculation du taxi ne correspondait pas à la licence présentée par le chauffeur. « Souvent, des gens ont plusieurs taxis avec une seule carte » explique le représentant de la Deal. Un contrôle technique périmé lui faisait aussi encourir 90€ d’amende.

Une sévérité qui va donc au delà du seul port du masque, mais qui a été globalement bien reçue par les chauffeurs contrôlés.

« Pour moi cette opération est utile s’ils contrôlent les taxis bawas (clandestins), c’est eux qui posent problème » commente le chauffeur qui roulait en surnombre.

La Deal a des pouvoirs de police des transports, elle opérait avec la police municipale de Mamoudzou

« Moi ça ne me gène pas, c’est une bonne chose, estime son confrère Ben. Le mois dernier, j’ai eu un souci parce que tout le monde n’avait pas de masque, et j’avais eu une amende de 135€ car ils étaient trop nombreux. Du coup maintenant je dis bien aux clients de mettre le masque, et la ceinture, c’est obligatoire » sourit-il.

Sur la matinée, un total de 17 véhicules ont été contrôlés sur deux sites distincts indique la préfecture. 10 amendes ont été délivrées à des passagers pour non port du masque, une pour surnombre à bord du taxi et 4 pour défaut de contrôle technique.

Y.D.

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