Journées du patrimoine : les instrument perdus ou la quête de la graine originelle

Depuis des années, Cécile Bruckert travaille à refaire vivre la culture traditionnelle mahoraise. Et comme elle dirige l’école Musique à Mayotte, c’est sur les instruments qu’elle focalise ses recherches. Ils racontent leur histoire pour ce week-end du patrimoine.

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Zanzibar, Mayotte, Madagascar
La quête de la calebasse idéale pour le dzendze a payé !

Contrairement à la métropole, Mayotte n’a pas eu à faire revivre ses traditions, elle vit encore au rythme des m’biwis et des Debaa. Cependant, le temps passe, et des « sachants » disparaissent, emportant leur connaissance avec eux. « Quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui a brûlé », disait l’écrivain malien Amadou Hampâté Bâ. Nous avions suivi l’artiste Diho qui avait repris à son compte la fabrication du dzendze, instrument à corde, que Velo Mahabou de Bandrélé, lui avait enseigné avant de décéder. Même motivation pour Jean Wellers, dit « Moumouss », un des acolytes de Cécile Brucker, qui a appris de Colo Hassan l’art de la fabrication du gaboussi, sorte de cithare en peau de chèvre.

Autre instrument à être oubliée dans un coin le dzumari, l’équivalent de la bombarde bretonne, « on en jouait autrefois dans les grands-mariages, mais cela fait 20 ans qu’on ne l’utilise plus sur l’île, rapporte Cécile Bruckert, par contre à Zanzibar, elle est encore très présente. »

Démonstration de gaboussi et de dzendze

Les enfants de CM2 de l’école élémentaire Boboka ont découvert en primeur la petite exposition, des instruments qu’ils ont appris à classer en 4 catégories, Membrophones, recouvert d’une membrane, pour les tari, dori ou msindrio, les Cordophones, gaboussi, dzendze, les Idiophones, qui utilisent des graines, comme le Mkagamba, en forme de plateau fabriqué avec du bois de rafia, des tiges de citronnelle et des graines du diable, ou les masheve qui font régulièrement l’objet d’ateliers de fabrication*, et enfin, les Aérophones.

Des instruments qui font des histoires

Cette dernière catégorie évoquait peu de souvenirs aux très jeunes, elle est pourtant riche en petites histoires. « Le coquillage baragum, était utilisé lors des arrivées de bateaux autrefois, ou pour donner des informations en place publique », entendront-ils, démonstration à l’appui. Le son de type corne de brume était entendu de loin.

Quant au dzendze de Diho, il utilise une calebasse qui n’est plus cultivée. Après de nombreuses tentatives, cette plante rampante n’arrivait pas à donner de fruits, « toujours dévorées par les escargots », et c’est de Madagascar qu’une petite graine sera rapportée, « la caisse de résonnance est impeccable ».

Assis dans un coin, le recteur Gilles Halbout n’en perdait pas une miette. Comme lui, vous pourrez profiter de cette exposition dimanche* (sur réservation), et surtout, demander aux organisateurs de vous conter en musique leur histoire.

Dimanche, vous pourrez apprendre à fabriquer votre masheve (au 1er plan)

Visite de l’exposition des instruments traditionnels. Explications, organologie, découverte des différents sons, travaux de recherches sur les factures d’instruments. Prise en main et Jeu. Groupes de 10 personnes : 1er   groupe de 10h à 11h, 2ème groupe de 11h à 12h, 3ème groupe de 12h à 13h, 4ème groupe de 13h à 14h

Atelier de fabrication de Masheve sous le faré. Tresser, tisser à gauche, à droite… vous repartirez avec votre petit instrument. Groupes de 6 personnes : 1er   groupe de 10h à 11h, 2ème groupe de 11h à 12h, 3ème groupe de 12h à 13h

Pour consulter l’ensemble du programme des Journées Européennes du Patrimoine, cliquer ici.

Anne Perzo-Lafond

* Musique à Mayotte – 2, rue des 100 Villas à Mamoudzou – Sur réservation à musiqueamayotte@wanadoo.fr

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