Mayotte-Région : Soula Saïd Souffou relance le débat

« Le Temps d’Agir », l’ancien DGS de la commune d’Acoua a eu le temps de l’expérimenter. Il en veut encore et s’il a choisi de dénommer ainsi le mouvement dont il est à la tête, c’est pour lancer de grands chantiers. Ou les relancer.

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Soula Saïd Souffou appelle à un sursaut politique

Il s’agit de proposer de nouveau de faire de notre département une vraie région, un des objectifs du président Soibahadine Ramadani à travers son toilettage institutionnel. Rappelons les enjeux : inscrite comme les 4 autres DOM à l’article 73 de la Constitution comme collectivité territoriale, Mayotte est un département-région. Mais contrairement aux autres DOM, n’ayant jamais connu le statut de région à part entière (il n’y a jamais eu de conseil régional), elle n’en a reçu que partiellement les compétences, et quasiment aucune dotation pour les réaliser. Un début de compensations avait été décidée, mais par exemple, le rôle de leader économique qu’est la Région, est encore ici balbutiant.

Le toilettage institutionnel de Soibahadine a été mis sur la touche, en ayant rendu nerveux plus d’un, avec la crainte, infondée, qu’on touche à la Constitution pas dans le bon sens de l’Histoire. Il s’agissait aussi pourtant de se doter d’un scrutin de liste pour les départementales, et d’obtenir davantage de conseillers, étant donné l’ampleur de la tâche à accomplir comme région.

Soula Said-Souffou, Président du mouvement LTA, reprend le combat sous une autre forme en proposant de faire de notre territoire « la région île de France de l’océan Indien », et ce, « dès la prochaine mandature du conseil départemental ».

Outre le statut de Département-Région d’outre-mer (un DROM) de plein exercice relevant de l’article 73 de notre Constitution, il demande les moyens et les capacités d’investissement d’une région de pleine exercice, « pour financer le Schéma d’Aménagement Régional (le SAR) et prioritairement les grandes infrastructures de base, une éducation de meilleure qualité dotée de cuisines centrales, une santé digne de la république et une agriculture dotée d’un abattoir de bovins et approchant, autant que possible, l’autosuffisance alimentaire en prévision du triplement de la population annoncée à l’horizon 2050. «

Il demande également à ce que le territoire soit autorité de gestion des fonds européens, comme le sont les autres DOM, à compter de la prochaine programmation, « pour maîtriser notre destin économique et donner des perspectives d’emplois pour notre jeunesse. » C’est théoriquement prévu, pour la programmation suivante, avec un tuilage par la préfecture.

Également l’alignement des dotations des communes et des intercommunalités sur le droit commun, le renforcement en ressources humaines de la trésorerie municipale pour sauver les entreprises locales fragilisées par les délais de paiement anormalement longs, un plan ambitieux pour l’eau, la gestion des déchets et les énergies renouvelables (EDER) garantissant l’autonomie de Mayotte dans ces domaines stratégiques pour son développement durable et sa transition écologique. Suite logique, une préfecture de région, s’impose, pour discuter « d’égal à égal, avec la région Réunion ».

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