Pour veiller sur les tortues, les Naturalistes lancent un appel au cofinancement

Deux nuits par semaine, les Naturalistes campent sur la plage de Saziley pour observer le comportement des tortues. Mais pour continuer, ils ont besoin de fonds.

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De multiples embûches pour les tortues

Braconnages, bivouacs bruyant, chiens sauvages, obstacles naturels… les tortues marines n’ont pas la vie facile, et leurs efforts pour remonter la plage et pondre leurs œufs ne sont pas toujours couronnés de succès, « on note deux tiers d’échec », rapporte Michel Charpentier, président de l’association Les Naturalistes de Mayotte. Les « bivouaqueurs » sont de plus en plus nombreux, « avec lumière et sono ». Un groupe a fait rôtir un mouton il y a quelques nuits ! « Je ne suis pas contre les fêtards, mais il faudrait dédier certaines plages à ça, et garder les autres au calme pour les tortues ».

Autre phénomène, nouveau celui-là, la bande de sable sec épargnée par la marée sur où les tortues creusent leur puits de ponte, est de plus en plus portion congrue, « sous le triple effet de l’érosion, de l’enfoncement de l’île lié au volcan et de la montée des eaux ».

Les 7 plages de la presqu’îles de Saziley sont les plus fréquentées par les tortues, « une observation du conseil départemental indiquaient qu’elles représentaient 52% du total des pontes sur l’île. Moya n’est touchée que par 10% ».

Une fois la ponte terminée, les tortues marines rejoignent la mer.

Moins de ponte et plus de braconnage

Or, il n’y a plus de gardiens départementaux depuis 2013 sur cette plage. Outre le suivi scientifique, les Naturalistes sont donc aussi là pour dissuader d’éventuels braconniers : « Malgré notre vigilance, nous avions répertorié en 4 mois 5 tortues braconnées en 2019. Sur la même période en 2020, elles sont 18 à avoir été victimes. Et ce ne sont plus des boucheries habituelles, mais les tortues sont trainées sur le dos, puis dépecées à l’écart. »

En 2019, elles étaient 10 à pondre en moyenne par nuit sur une période donnée, les tortues ne sont plus que 8 cette année. « Un signal suffisamment préoccupant pour que nous continuions la vigilance. »

Passer deux nuits des vendredi et de samedi, nécessite des moyens humains, « nous avons deux salariés et des bénévoles », et de la logistique. « C’est pourquoi nous lançons un financement participatif pour nous épauler le temps que nous obtenions une subvention à la fin de l’année. »

L’opération de crowfunding « Ensemble sauvons les tortues de Mayotte » a déjà reçu 500 euros.

Anne Perzo-Lafond

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