L’Etat « au service des maires » réunis pour leur tout premier séminaire

Le premier séminaire des maires de Mayotte était aussi l'occasion, et c'est également une première, pour l'Etat de présenter ses services aux nouveaux élus de l'île, et de leur détailler les "boîtes à outils" disponibles pour mener leurs projets municipaux.

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Premier rendez-vous pour les 17 maires avec les services de l'Etat

« Nous souhaitons dire aux Maires que les services de l’État sont avec vous, ils vont vous aider à réaliser votre mandat, ils vont soutenir à vos côtés vos projets, ils sont à votre service. » Ce mardi, le message martelé par la préfecture était celui-ci : l’Etat se veut aux côtés des maires, pour les accompagner dans leur mandat. C’était le sens de ce premier séminaire lors duquel le préfet Jean-François Colombet et son équipe ont présenté à la dizaine de premiers magistrats de Mayotte présents, les différents services de l’Etat et leurs rôles respectifs.

Une présence de l’Etat au service des communes que le préfet espère être réciproque. Il l’a dit lundi, sans un travail en équipe, notamment avec les polices municipales, la « reconquête » de la sécurité ne se fera pas.

La sécurité, c’était d’ailleurs un des thèmes récurrents de ce séminaires, et la lutte contre la délinquance était au cœur des quelques minutes auxquelles la presse a pu assister dans la matinée.

Le préfet Jean-François Colombet et le directeur de l'AFD Yves Rajat
Le préfet Jean-François Colombet et le directeur de l’AFD Yves Rajat

Pour le préfet, le rôle des maires aux côtés de l’Etat est particulièrement important dans la lutte contre l’habitat illégal où « les maires peuvent prendre beaucoup de décisions ». « Les maires peuvent beaucoup nous aider car ce sont eux qui sont au plus près des chantiers qui ne sont pas menés par des entreprises et qui concurrencent ces dernières » explique Jean-François Colombet. Un relais précieux pour les services de l’Etat puisque quand un banga est encore en cours de construction, le maire peut invoquer la flagrance pour le faire détruire sans passer par un juge. « J’accorderai toujours le concours de la force publique dans ce cas » assure le représentant de l’Etat.

Ce séminaire était aussi l’occasion pour Yves Rajat, directeur de l’Agence française de développement qui parrainait l’événement de présenter les dispositifs de financement de l’AFD, partenaire de plus en plus important des communes mahoraises. Depuis 2015, le volume de prêts aux communes est passé de 15 à 70 millions d’euros par an.

Le maire de Bouéni Mouslim Abdourahaman

Une initiative saluée par le maire de Bouéni Mouslim Abdourahaman pour qui « ça a permis de faire connaissance avec les nouveaux visages ». Tant ceux des nouveaux maires que ceux des nouveaux chefs de services. Pour celui qui fait parti des réélus de l’élection 2020, c’était aussi une opportunité. « J’ai voulu revenir sur l’insécurité car quand les services de l’Etat parlent de statistiques, ils le font de manière positive. Mais maintenant, on ne peut même plus sortir de chez soi !  C’était l’occasion de leur dire qu’on ne partage pas forcément leurs conclusions. » Le maire de Bouéni est aussi revenu sur le pacte proposé la veille par le préfet, alors que selon lui « on n’est pas à jour » des promesses de 2018 sur la sécurité. « Signer des pactes, c’est bien mais les mettre en application, c’est plus intéressant. Il y a ici un souci d’effectifs des forces de l’ordre, et on parle plus de réorganisation que d’augmentation des effectifs » déplore l’édile qui salue toutefois les annonces du préfet sur ce point précis.

Mais la sécurité n’est pas la seule préoccupation des maires, et de loin, pas leur seule prérogative. Gilles Halbout, le recteur, était là pour parler constructions scolaires et rôle des communes dans la scolarisation des enfants. Car si l’Etat joue un rôle non négligeable, « chaque jour, l’école c’est 2 millions d’euros injectés par l’Etat » a-t-il précisé aux élus, ces derniers ont aussi une part de budget à y consacrer. « En moyenne, les communes françaises dépensent 2470€ par an et par élève, à Mayotte, c’est combien ? Elle est là la question » sensibilise le recteur. Or, le budget, et le sujet des constructions qui y est lié, sont la clé de la scolarisation, qui si elle progresse, garde « des trous dans la raquette, même si un gros travail est fait pour scolariser tous les CP. En maternelle, 700 places ont été créées cette année » indique le recteur. 10 000 enfants en âge d’aller en maternelle, à partir de 3 as, n’auraient pas de place à l’heure actuelle, un chiffre que le rectorat espère voir tomber à zéro d’ici 5 ans. Pour les élèves plus âgés, ceux qui sortent du collège, 2200 places en filière professionnelle sont créées pour faire face au décrochage faute d’orientation.

Gilles Halbout a présenté aux élus les chiffres de l’école à Mayotte

Au delà d’une présentation chiffrée de l’école à Mayotte, le recteur a insisté sur sa volonté « d’aider les maires à monter en puissance pour aller du bout du programme » de constructions.

Autant d’échanges positifs au sein du tout nouveau centre culturel de Chirongui qui n’ont pas suffi à effacer une légère frustration parmi les 13 maires présents [les quatre autres, coincés en métropole, se sont fait représenter précise la préfecture]. Difficile en effet de tout dire quand on n’a que quelques minutes chacun, et de se rendre compte de la situation de chaque commune en échangeant dans une salle de cinéma. Charge aux chefs de service de faire la tournée des maires qui, assure Mouslim Abdourahaman, apprécieront de leur montrer à chacun la réalité de leurs territoires respectifs.

Y.D.

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