Sécurité : comme un air de 2018 dans les propositions du préfet

Il y avait un air de déjà-vu ce lundi midi à la case Rocher à Dzaoudzi. Le préfet y présentait son équipe et ses idées pour plus de sécurité. Des idées qui rappellent fortement celles déjà signées au même endroit en 2018 par l'équipe précédente, et qui ont capoté pour des raisons variées.

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Le préfet a émis des propositions qui rappellent pour beaucoup celles de 2018

Presque tous les ingrédients étaient réunis ce lundi pour un voyage dans le temps. La Delorean de Jean-François Colombet semblait bien réglée sur l’année 2018 quand il a évoquée sa « feuille de route » pour la fin d’année, un terme qui donnait des suées à la précédente équipe préfectorale.

 Comme en 2018, le discours était centré sur la sécurité, logique au regard de l’actualité récente. Et les solutions proposées avaient, elles aussi, un petit goût d’il-y-a-deux-ans.

La préfet a plaidé en faveur d’une « reconquête au niveau sécurité », qui ne « peut pas reposer que sur l’Etat ». Estimant que c’est « un sujet qu’il faut porter ensemble », le représentant de l’Etat et du gouvernement a renommé le principe de « co-construction » qui était au centre du plan pour l’avenir de Mayotte.

Avec les maires, le préfet propose « un pacte de sécurité » qui n’est pas sans rappeler la signature au même endroit du plan pour l’avenir de Mayotte en mai 2018. Conçu justement à l’époque pour associer les maires, mutualiser les moyens et convenir d’une meilleure organisation des forces en présence. A l’époque on parlait aussi des Maillots-jaunes, successeurs des gilets-jaunes fraîchement dissous.

Le préfet actuel parle désormais de « franche discussion sur les moyens de la police municipale », de « répartition des tâches » et de « coordination des services ». Le jaune a disparu au profit de « groupes de médiation sociale » censés « empêcher que des gamins de 10 ans ne viennent grossir les rangs des délinquants ».

Par chance une partie des maires sont nouveaux aux manettes, ces derniers n’auront donc pas cette impression d’avoir déjà vécu la scène.

Par ailleurs, l’Etat met sur la table 800 000€ pour plus de vidéosurveillance et tend la main aux « associations qui veulent se mobiliser pour reconquérir la sécurité ». Les mots ont changé, les visages aussi, mais le fond garde un certain écho.

Concernant les agressions sur les sites touristiques, 2018 promettait plus de patrouilles sur les sites à risque tels que Saziley, les Marches d’Acoua, Sakouli etc. Cette année, la gendarmerie a proposé une présence permanente à certains endroits, et à certaines heures uniquement. Le principe est officiellement de « garantir aux citoyens des jours et des horaires où ils ne courront aucun risque sur certains sites ».

On est loin d’une reconquête puisque pour le citoyen qui voudrait user de son droit à circuler sur le territoire, il se trouverait dans la logique « d’une plage où quand le drapeau est rouge, on ne se baigne pas » illustre le préfet.

Les lieux et horaires de promenade sécurisée seront communiqués à la presse.

Les plages et chemins de randonnée pourraient n’être sécurisés qu’à certains moments bien précis

L’histoire ne dit pas si les gendarmes mobilisés pour cette surveillance ciblée devront passer un brevet de « surveillant de balade ».

On imagine toutefois que des patrouilles inopinées seront conservées sur le reste du territoire à l’image de ce qui se fait aujourd’hui. D’autant que des renforts ne sont pas à exclure. Si le préfet privilégie une meilleure organisation de la gendarmerie, il évoque aussi la création d’une brigade de recherche, un renforcement du PSIG (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) et « une visibilité la nuit ».

Y.D.

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