Risque tsunami : où se réfugier en cas d’alerte ?

La naissance du volcan sous-marin en 2018 a ravivé à Mayotte la conscience du risque de vague-submersion. En cas de tsunami, une seule option : évacuer les zones à risque. Une équipe est actuellement sur l'île pour définir les zones refuges dans chaque commune.

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'On part de la carte puis on va sur le terrain'

La reprise des liaisons aériennes a permis à cette équipe de l’université Paul Valéry de Montpellier de se rendre à Mayotte. Sa mission, c’est de définir dans chaque commune les zones propices à un rassemblement en cas d’alerte au tsunami.

Les modèles prédictifs définissent deux sortes de tsunami, explique le professeur Frédéric Leone, géographe à l’université Paul Valéry de Montpellier. D’abord, un tsunami d’origine lointaine, qui pourrait trouver sa source en Indonésie ou au Pakistan. Il mettrait alors plus de 6h pour arriver jusqu’à nos côtes, laissant le temps aux autorités de s’organiser.
Le risque plus récent lié au nouveau volcan laisserait lui moins de 30 minutes pour évacuer la zone littorale. Si ce type de tsunami serait a priori moins intense, il impose aux autorités un délai de mise en sécurité de 15 minutes à peine « d’où la nécessité de former les gens à évacuer » ajoute le scientifique, mais surtout, de savoir où évacuer.

C’est le but de la mission en cours depuis plusieurs jours dans les 17 communes de Mayotte. Monique Gherardi, ingénieure universitaire à Montpellier également, présente une carte de Dembéni où l’équipe s’est rendue vendredi. L’équipe y a identifié les zones inondables et les chemins menant aux hauteurs. « On part de la carte, puis on va sur le terrain » détaille la spécialiste.

L’équipe privilégie les routes et places menant aux hauteurs et accessibles à pieds

Pour identifier les zones refuges, l’équipe part de plusieurs données. D’abord les modèles de tsunami, qui prévoient des vagues de 1 mètre à 1,5 mètre maximum, notamment grace à la barrière de corail. « On considère dès lors que la zone à évacuer se situe entre zéro et cinq mètres de hauteur, c’est une marge de sécurité » explique Frédéric Leone. Cette zone peut sembler maigre, mais elle représente pas moins de 15% des bâtiments de Mayotte.

Partant du principe que l’évacuation devra être rapide et à pieds, les lieux de rassemblement sont recherchés dans une zone « entre 10 et 20m » de hauteur. En clair les sites propices doivent être « à moins de 800m ou 15 minutes de marche », être accessibles et assez vastes pour accueillir la population quelques heures, si possible avec vue sur la mer. Places et parkings sont privilégiés. Les bâtiments sont exclus puisqu’il est impossible de savoir s’ils seront aptes à recevoir du public après un fort séisme. Il est aussi exclu de prendre la voiture, piège mortel en cas de tsunami.

Un risque « modéré »

Ainsi à Dembéni, l’équipe appuyée par Fahad Idaroussi, doctorant en géographie natif d’Acoua, a identifié au moins deux sites, dont la route menant au CUFR et la placette Msakouani.

Le risque est modéré, tempère le professeur de géographie Frédéric Leone

En janvier prochain, les communes auront à valider les sites proposés, et pourront se voir attribuer un label reconnu par l’UNESCO. Les plans définitifs d’évacuation seront validés « en juillet 2021 ».

Face à ce risque, Mayotte a un avantage : sa géographie fait que chaque zone habitée est proche d’une côte où s’abriter, ce qui facilite le travail de ces scientifiques.

Le risque est « présent, mais modéré » estime Frédéric Leone. « La naissance du nouveau volcan génère des inquiétudes justifiées mais dans un scénario qui n’a rien de catastrophique » poursuit-il, rassurant. « Mais ce n’est pas parce que le risque est modéré qu’il ne faut pas s’en occuper ».

Y.D.

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