Des fonds européens pour sensibiliser les habitants à la protection des tortues

L'association des Naturalistes s'est vu octroyer une enveloppe pour associer la population à la surveillance des plages. Il s'agit de protéger les tortues là où elles sont le plus victimes du braconnage.

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Michel Charpentier et Victoria Soubeiran, chargée de mission sur le projet Life for Best

L’association des Naturalistes de Mayotte est très présente sur les plages du sud de Mayotte, notamment grâce à ses bivouacs-tortue, organisés chaque week-end à Saziley. Par ailleurs, deux actions de suivi sont organisées chaque semaine sur les plages du sud par l’association. Mais ces actions, si elles dissuadent les braconniers d’agir en présence des bénévoles, n’empêchent pas les tueries les autres jours. D’où la nécessité d’agir en profondeur d’une part, et d’associer la population à la surveillance d’autre part. C’est l’enjeu d’un appel à projet remporté par les Naturalistes. Pendant neuf mois, l’association va organiser diverses actions auprès des habitants du sud « où les plages sont très fréquentées par les tortues et où on a de bonnes relations avec la communauté de communes » indique Victoria Soubeiran en charge du projet à l’association. « L’idée c’est de se concentrer sur plusieurs publics avec des activités ciblées ».

Dans le détail, 12 conférences sont prévues pour « amener à la discussion et comprendre le rapport de chaque habitant à la nature afin d’ouvrir un débat ». Ces conférences seront publiques. Des « voulés naturalistes » seront quant à eux plutôt destinés aux élus locaux afin d’engager la discussion « dans un cadre convivial ». Pour les associations, les Naturalistes prévoient des bivouacs de formation afin de les initier à la préservation des tortues. Quatre bivouacs devraient être organisés pour les membres d’associations. Trois autres bivouacs seront quant à eux destinés à des collégiens, sélectionnés a priori à l’issue d’un concours d’affiches sur le thème de la protection des tortues.

Ce projet qui commence en ce moment doit durer jusqu’en mars 2021 et bénéficie de près de 46 000€ de financements de l’Union Européenne.

Une tortue retourne à la mer après avoir pondu

Dans le même temps, l’association lance son projet de photo-identification participative. « Les tortues sont identifiables aux écailles de leur visage » indique Michel Charpentier, président des Naturalistes de Mayotte. Une fois formé aux bons gestes à adopter pour la prise de photos bien anglées et respectueuses de l’animal, le public pourra ainsi participer à identifier, compter et suivre chaque individus, ce qui permettra de mieux comprendre la population de tortues qui fréquente nos plages.

L’enjeu des prochains mois sera vraiment d’associer au maximum les habitants à ces projets. Il en va tout simplement de l’avenir du patrimoine naturel de Mayotte. « La protection ne sera vraiment efficace que quand la population des villages se l’appropriera » estime Michel Charpentier.

Y.D.

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