Déchets : face aux atermoiements du SIDEVAM, les interco cherchent des solutions

Collecte déficiente, absence de déchetteries, gestion contestée... Le SIDEVAM 976 continue à faire parler de lui. Poursuivre sur cette voie, ce serait déboucher sur une compétence récupérée par chacune des intercommunalités. Et aller à contresens de l'histoire.

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Déchetterie, Mayotte
Petite Terre a mis en place un service de déchetterie provisoire... en attendant mieux !

Depuis 2014, Saïd Omar Oili veut sortir de la collecte mutualisée au sein du SIDEVAM 976, en tant que maire et désormais en tant que président de la communauté de communes. A cette époque, le passage en Syndicat Intercommunal D’élimination et de Valorisation des Déchets de Mayotte fait grimper sa facture de 30%, « ça plombe mon budget, surtout que cela sert à payer le fonctionnement du SIDEVAM, non son investissement « , râlait-il alors. Six ans après, rien n’a bougé… jusqu’à il y a quelques jours: « Les statuts ont été modifiés, je vais donc étudier les modalités de notre sortie de la compétence ramassage des ordures. »

C’est que le SIDEVAM traverse une nouvelle période mouvementée. Il semble que les leçons n’aient pas été tirées du rapport de la Chambre régionale des comptes qui en 2018, mettait en évidence des « déficiences dans la gestion de ses moyens matériels et humains ainsi que dans l’exercice de ses missions », avec notamment une masse salariale qui s’était accrue de 25% en deux ans.

La capacité d’autofinancement quasiment nulle, 0,3 million d’euros en 2017, n’a pas empêché le syndicat de lancer en 2018 une commande d’une vingtaine de camions, pour un montant de 2,8 millions d’euros. Sans recherche de financements alternatifs.

Douze camions neufs sont déjà arrivés (Image d’archive)

Avec des recettes stables, mais des dépenses de fonctionnement en hausse (personnel et entretien des camions), le budget a continué à fondre. Face à un trou qui avoisinait les 10 millions d’euros, et retravaillé à 4 millions d’euros, le SIDEVAM a envisagé deux recours, l’accroissement de 60% de la contribution des interco et l’augmentation de la taxe payée par les contribuables. Après plusieurs réunions agitées avec les acteurs, il semble qu’on s’oriente vers un statu quo temporaire. « Nous n’avons pas assez d’informations pour décider de quoi que ce soit, notamment en l’absence du compte de gestion du SIDEVAM », nous explique le représentant d’une communauté de communes.

Des déchetteries attendues depuis 2005…

Face à la date d’échéance du vote du budget du 3 juillet qui arrive à grand pas, le SIDEVAM aurait décidé d’un conseil syndical le 2 juillet, aussitôt après les élections donc. Mais ses adhérents pourraient préférer attendre, ce n’est pas la première fois qu’un budget serait voté avec retard à Mayotte, « le préfet saisira la Chambre régionale des comptes qui reproposera une date. mais il vaut mieux attendre d’avoir toutes les informations. » De son côté, la Chambre planche sur un contrôle de gestion du syndicat qui devrait sortir à la fin de l’année.

Les catégories de déchets visés pâr le service de Petite Terre

Autre déficience du SIDEVAM, l’absence de déchetteries prévues au Plan d’Élimination des déchets Ménagers et Assimilés (PEDMA) qui date quand même de 2005. Là encore, le président de l’intercommunalité de Petite Terre Saïd Omar Oili a officiellement fait la demande de transfert de compétence pour une déchetterie au SIDEVAM 976. Ce qui éviterait que les encombrants, les cartons et ferrailles se retrouvent dans la nature

Il n’a toujours pas reçu de réponse du président du Syndicat, Assani Saindou Bamcolo, « c’est rageant car nous avons le terrain », nous indique-t-il. Petite Terre a  mis en place une alternative sur un jour par mois.

Un service mis en stand by avec la crise Covid, et qui ré-ouvre ce samedi 27 juin de 8h à 12h à l’ancienne aérogare de Pamandzi.

Tous les habitants qui souhaitent se débarrasser de leur ferraille, de matelas usagés, d’un sommiers cassés, de déchets végétaux, de piles et ampoules usagées, d’emballages ménagers ou d’huile de vidange en bidon, peuvent s’y rendre tous les derniers samedis du moi. Les habitants ne disposant pas de moyen de transport pour évacuer leurs déchets depuis leur domicile jusqu’au site de dépôt peuvent contacter les services au 06 39 27 49 87 afin d’être mis en relation avec un réseau de transporteurs de Petite Terre qui assurera la prestation.

Chaque contrôle de la CRC met en évidence les manquements, pas toujours liés à un défaut de compétences, mais liés à des décisions politiques qui mettent en défaut ce syndicat qui pourrait à lui seul changer l’image de Mayotte.

Anne Perzo-Lafond

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