Coronavirus, Dominique Voynet voit « une stabilisation » à Mayotte

Le CHM serait désormais le principal foyer épidémique à Mayotte en raison de contamination entre soignants. L'autre foyer à Bandrélé ne concernerait plus que "quelques cas".

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Covid, urgences, Mayotte
La surmortalité dans la 2ème quinzaine de mai correspond à un pic de passage aux urgences

« On constate une stabilisation, (…) Le cluster de la PAF est totalement stabilisé, celui du commissariat aussi » salue Dominique Voynet, directrice de l’ARS de Mayotte. En d’autres termes, le travail d’identification des cas contact porte ses fruits, et les proches, amis, collègues de malades sont rapidement isolés avec succès.

« A Bandrélé, l’histoire s’étale sur 3 semaines », rappelle Mme Voynet pour expliquer cet  autre « cluster ». « D’abord autour de la campagne électorale, il y a eu du porte à porte, puis des meetings, puis des obsèques à Bambo est, ensuite ça se diffuse un peu dans la population. » Après ces trois semaines de circulation du virus dans la commune « on trouve quelques cas », sans plus semble rassurer la responsable.

L’autre foyer plus inquiétant, c’est le CHM, où des patients refusent de se rendre par peur de  contracter le virus, au risque parfois de mettre leur vie en jeu. Pourtant les contaminations ont surtout lieu entre collègues, notamment lors du retrait des masques et des gants après une consultation, ou quand des soignants conservent leur blouse toute la journée. « J’ai rencontré Catherine Barbezieux (la directrice du CHM NDLR) pour mobiliser ses équipes autour de l’hygiène hospitalière. Deux équipes mobiles vont faire le tour des services pour faire de la formation auprès des agents » indique Dominique Voynet.

La bonne nouvelle, c’est que , « si on excluait le CHM, nous n’aurions presque plus de cas depuis quelques jours », constate la directrice de l’ARS.

La dengue attend au tournant

S’il n’y avait que le coronavirus, cet article aurait pu avoir un goût de bonne nouvelle. Mais la dengue continue à sévir sur le territoire.

« Il y a encore beaucoup de dengue et une incertitude sur le nombre de décès à domicile, on est en train de procéder à une analyse complète des décès survenus depuis la crise du Covid pour savoir chaque fois que c’est possible si le décès est lié à la dengue, l’arrêt d’un traitement, ou si ça peut être des cas liés au Covid. Beaucoup de situations méritent d’être investiguées sérieusement » commente la directrice de l’ARS.

Pulvérisation d’insecticide sur la côté Sogéa, le jeudi 27 mars. Les campagnes de démoustications se poursuivent

Pour elle, « on est confrontés à une épidémie de grande ampleur. Il y a des cas graves sans qu’on sache forcément l’expliquer » s’inquiète-t-elle. « Avec le corona on a réduit et modifié nos opérations de terrain, réduit le nombre de personnes par voiture et mis au repos les agents les plus âgés. Quand on a constaté que l’épidémie restait à un niveau très élevé on a décidé de relever le niveau d’intervention. »

Mais le confinement a un effet pervers sur cet autre ennemi invisible.

« Le maillon faible c’est l’état de l’espace public à Mayotte. La moindre canette, bouchon de soda, il y a des larves de moustiques dedans. La présence d’ordures s’est aggravée depuis l’apparition du Covid. La réduction des pluies va nous aider mais est ce que ça va suffire ? » s’interroge-t-elle.

Y.D.

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