Tensions lors du vote du budget du social du Département

C’était une micro plénière pour un maxi sujet : le vote du budget 2020 du Département en période d’état d’urgence. Ce qui n’a pas empêché les tensions

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Âpres discussions entre Ben Issa Ousseni et Issa Abdou

Ce sont 9 élus seulement qui ont voté le budget du département pour 2020 ! L’assemblée plénière restreinte au quorum réduit, ce n’est pas si courant, une exception voulue par le législateur pour ne pas bloquer le fonctionnement des collectivités en état d’urgence.

Le report des 53,7 millions d’euros de résultats dégagés en 2019 a été voté à l’unanimité en investissement pour 2020. Mais il n’y a pas eu consensus pour le budget de l’action sociale.

Pourtant, le Débat d’orientation Budgétaire, sous la férule du président Soibahadine avait clairement pris le virage du social, dans un contexte de reprise des violences entre jeunes. L’évolution de la situation a déplacé les besoins vers un soutien alimentaire aux familles en détresse, et l’accompagnement aux entreprises, ce qui a été voté.

« Le social, un pauvre avec un grand train de vie! »

Une plénière spéciale Covid avec le rappel des gestes barrière

Mais si le budget annexe de l’action sociale faisait débat entre celui qui en a compétence, Issa Issa Abdou, et celui qui comptait ses sous, Ben Issa Ousseni élu en charge des Finances, c’est que ses dépenses de fonctionnement, 55 millions d’euros, sont le double des recettes, 24 millions d’euros. « On comprend les besoins mais c’est au dessus de nos moyens ! Le social c’est un pauvre avec un grand train de vie ! », s’exclamait Ben Issa Ousseni.

La masse salariale représente 26 millions d’euros sur les 55 millions de dépenses, « beaucoup de familles d’accueil ont été recrutées », s’agace le financier. Le DGS Mahafourou Saïdali tempérait, « ça correspond aux besoins, et sur ce montant, on compte 7 millions d’euros de vaccins ».

Pour Issa Abdou, il ne faut pas baisser la garde d’une action sociale récemment mise en place, il y a moins de trois ans. L’Etat qui avait alloué des compensations rétroactives en remontant jusqu’en 2009, abonde à hauteur de 24 millions d’euros de recettes, dont 9,6 millions pour l’Aide sociale à l’enfance et 14 millions pour les PMI, « mais c’est insuffisant. Il faut maintenir nos prétentions, et demander à l’Etat de nous accompagner davantage. » Une requête qui colle à la réalité de Mayotte, beaucoup de jeunes pris en charge par l’ASE étant issus de l’immigration après que leurs parents aient été reconduits. Une compétence de l’Etat.

Le consensus ne sera obtenu qu’après une suspension de séance. Et le budget sera voté à l’unanimité moins une voix d’abstention de Ben Issa Ousseni. Un contrôle de gestion sera mené sur le fonctionnement du service de l’action sociale.

Anne Perzo-Lafond

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