Inquiétude au service psychiatrie du CHM

Un piquet de grève dénonçait ce mercredi matin des manquements à la sécurité au service psychiatrique du CHM. Des agents déplorent évasions, blessures et manque de moyens.

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2009
Selon les syndicats, le service de psychiatrie devrait être davantage sécurisé

“Cette porte est censée être blindée, elle s’ouvre d’un simple coup de pied”. Cet agent du service psychiatrique du CHM veut dénoncer une sécurité défaillante dans un service sensible. “Comme il n’y a que 10 lits, ceux qu’on y trouve sont par définition les plus dangereux” explique Ousseni Balahachi, délégué CFDT qui menait la manifestation entre la Direction et la psychiatrie ce mercredi matin.
Le délégué nous a guidé dans les couloirs du service, de la porte “blindée” à une cour, de laquelle les patients censés rester confinés peuvent aisément s’évader. “Les chaises devraient être fixées, elles ne le sont pas” montre l’élu du personnel. A côté, des blocs colorés servent normalement de poufs d’extérieur, non loin d’un baby-foot. “Certains les empilent pour accéder au toit” poursuit l’agent qui avait ouvert la porte.

Dans la cour du service, de nombreux équipements permettent d’escalader le toit en tôle, une aventure risquée mais fréquente selon le personnel

Du toit, quitter le service n’a rien de difficile. Heureusement, la plupart de ceux qui s’y risquent reviennent rapidement. “Parfois ils reviennent tous seuls, parfois, c’est la sécurité qui les connaît bien qui nous les ramène” relativise l’agent. Parfois aussi, le toit de tôle est trop glissant et c’est la chute. “Une dame qui a essayé de grimper sur le toit a glissé et s’est foulé la cheville en tombant” se souvient ce membre du personnel.

Ousseni Balahachi estime les locaux inadaptés à des soins psychiatriques

“Le service n’est pas adapté pour assurer la sécurité comme il le devrait, résume Balahachi. C’est un service qui nécessite une attention permanente, il faut assurer la sécurité des agents, et ce n’est pas le cas. Il faut des aménagements, des portes sécurisées”. Il faut aussi plus de lits, poursuit-il. “On voit bien dans les rues de Mamoudzou, des gens malades psychiquement qui devraient être hospitalisés, et qui, comme on n’a pas assez de place, se mettent en danger”.

Un danger censé faire l’objet d’un droit de retrait des agents du service selon la CFDT qui décrivait le mouvement en ces termes. Du côté de la direction, on est plus mesuré. “Il n’y a pas eu de droit de retrait à la psychiatrie” nous indique-t-on, tout en précisant qu’a bien eu lieu un mouvement de “grève du personnel administratif”.

Y.D.

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