Reçu par le recteur, Rivo attend la concrétisation des avancées avant de se réjouir

Des dossiers poussiéreux car revendiqués de longue date par le SNUipp FSU, ont été rouverts. Les corps dérogatoires des enseignants de Mayotte semblent en voie d’extinction avec une probable revalorisation des pensions. Et la généralisation de la prime REP+ à l’ensemble du territoire est à l’ordre du jour.

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Rivo en tête de cortège ce jeudi avant de rencontrer le recteur

A l’issue de la mobilisation de ce jeudi, le syndicat SNUipp-FSU a rencontré le recteur pour évoquer les points qui ont été remontés cette semaine au ministère de l’Education nationale, et à celui des Outre-mer. Nous avions rapporté des avancées dans plusieurs domaines.

Dans un communiqué, Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire départemental du syndicat, y revient point par point. Certains portent sur des revendications nationales, comme la réforme des retraites, d’autres sont spécifiques à Mayotte, comme le statut des anciens instituteurs ou le montant de leurs retraites.

Les sujets parisiens tournent autour de la réforme des retraites par points, « le gouvernement n’a pas l’intention de retirer son projet auquel le recteur adhère », et de la mise en place de la cotisation sur l’indexation des salaires (sur-rémunération) en vue de la retraite. Sur ce dernier point, la ministre des outremers indique qu’en l’état actuel, il n’y aura pas de perte de pouvoir d’achat, sous-entendu le gouvernement prendra la différence à sa charge, mais que « chaque augmentation de salaire fera l’objet d’une cotisation sur le taux d’indexation ». Il s’agit de savoir dans quelle proportion, car le syndicaliste y voit une forme de « gel de salaire » et de « stagnation du pouvoir d’achat ». L’objectif est de revaloriser les retraites, mais la mesure reste « inacceptable » pour le SNUipp.

Dernier point à portée nationale car touchant tous les outre-mer, la modification des congés bonifiés pour les fonctionnaires ultramarins, « il y aura une compensation par points, mais sans plus de précision ».

Promotion pour les anciens CDM candidats à la retraite

Gilles Halbout lors de l’inauguration de l’école Koungou Maraîcher

Les sujets touchant plus spécifiquement Mayotte, tournent autour de la reconstitution de carrière en vue de la retraite des fonctionnaires âgés, qui ont été employés une partie de leur carrière par la collectivité départementale Mayotte (CDM) avant d’intégrer la fonction publique. C’est un combat mené de longue haleine par le syndicat.

Sur leur départ en retraite à 55 ans, « le recteur s’est engagé à apporter rapidement une réponse ». Mais ils ne sont pas les seuls dans ce cas. Et si Rivo rapporte que Gilles Halbout avait « initialement proposé l’idée de prendre en compte leur date d’entrée effective dans le métier », le dossier s’élargit à tous les anciens fonctionnaires de la CDM. A la fois un bien et un mal, puisque le dossier est désormais « traité en interministériel » avec une « priorité gouvernementale sur les petites retraites de moins de 1000€. Le traitement de ce sujet peut encore durer quelques années ! » Par contre, pour les anciens fonctionnaires de la CDM intégrés dans la fonction publique qui demandent à partir à la retraite, « le Recteur a indiqué qu’il serait possible d’accorder une promotion exceptionnelle 6 mois avant leur départ. »

Toujours sur les particularités mahoraises, le ministère de l’Education nationale serait favorable à l’extinction du corps créé en 2015 des Instituteurs de la Fonction Publique d’Etat recrutés à Mayotte (IFPERM) en 2022, en accroissant leur intégration dans le corps des professeurs des Ecoles par liste d’aptitude notamment.

Généralisation de la prime REP+ à l’étude

En novembre 2016, grève pour la prise en compte de l’ancienneté des instituteurs

Dans l’optique de clore ces dispositifs dérogatoires et de revaloriser les salaires des enseignants, le recteur s’est engagé à défendre plusieurs dossiers : l’accélération du passage d’un échelon à l’autre pour les anciens fonctionnaires de la CDM, en augmenter les contingents, et, ce serait une grande première, « la généralisation de la prime REP+ dans toute l’Académie ». C’est à dire que toutes les zones ne bénéficieraient pas des moyens d’un Réseau d’Education prioritaire renforcé, mais les enseignants en percevraient des primes. Des points pour lequel Gilles Halbout aurait des retours « optimistes » du ministère, rapporte Rivo.

Le concours de professeur des écoles pourrait être doté de 20 places supplémentaires, moyennant la capacité de l’Institut de formation (INSPE).

Restent les dossiers « transversaux », comme le passage d’une indexation de 40% à 53% comme à La Réunion, « ce n’est pas une priorité pour le gouvernement », ou l’égalité de traitement dans l’affiliation à la Sécurité sociale de l’ensemble des corps, « c’est un dossier transversal qui sera traité dans le cadre de la convergence des droits sociaux. » A ce sujet, les rapporteurs de la « mission flash » sur la réforme des retraites en outre-mer avaient préconisé la mise en place d’un « comité de négociations et de suivi » associant acteurs sociaux et parlementaires ultramarins, et pour Mayotte, la « réduction de la durée de convergence des diverses cotisations et allocations ».

« Si tout cela se concrétise, le SNUipp FSU Mayotte reconnaitra quelques avancées notables concernant la carrière des personnels du 1er degré (IFPERM, PE, contractuels et AESH) et en matière de prime REP+ », indique Rivo, qui se dit « vigilant » sur l’ensemble des points, et indique maintenir le combat « contre le projet de la réforme de retraite par points ainsi que les effets de la cotisation sur l’indexation des salaires », et « pour l’augmentation du taux d’indexation des salaires et pour l’affiliation immédiate des enseignants contractuels et des AESH à la caisse nationale ».

Lire le communiqué CR réunion 20 fev Recteur

A.P-L.

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