La formation agricole débute enfin !

Sous-développé à Mayotte, le secteur agricole ne bénéficiait quasiment d’aucune formation de ses ouailles. Les choses changent, nous rapporte Jérôme Carrier, Conseiller formation chez VIVEA, fonds d’assurance formation.

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Jérôme Carrié au lycée agricole de Coconi

Peu connu du grand public, VIVEA est le fonds d’assurance formation des actifs non-salariés agricoles. A Mayotte, ils sont 2.000 à 2.500 exploitants agricoles déclarés à la Mutualité sociale agricole, à cotiser 30 euros par an et par personne auprès de ce fonds.

Jérôme Carrié était à Mayotte cette semaine pour superviser les besoins de formation des agriculteurs. A cette occasion, il a installé un Comité de huit élus, présidé par M. Chebani, tous exploitants, désignés par les Organisations professionnelles agricoles. « Je les réunis 3 fois par an, car ce sont eux qui décident des priorités en matière de formation », nous explique-t-il. En l’occurrence, et comme décidé ce mercredi : la comptabilité-gestion, les techniques de production et une remise à niveau en français pour les plus âgés.

Il doit ensuite se faire le porte-parole auprès des organismes de formation, que sont la CAPAM, le Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA), l’Union des coopératives, etc. « Ce sont des formations courtes, sur trois jours, non qualifiantes. Je suis là pour étudier les retours post-formation, et débloquer les financements en fonction du nombre de stagiaires présents. » Et il y a du mieux.

Des années blanches en formation

Le comité d’élus VIVEA mis en place ce mercredi, présidé par M. Chébani (2ème sur la gauche)

Du côté des formations tout d’abord. On partait quasiment de zéro. Incroyable quand on sait que le secteur agricole ne parvient pas à consommer les fonds européens notamment faute de structuration et de professionnalisation. « En 2018, nous n’avons financé que 5 actions de formation pour 24 personnes. Le nombre a grimpé à 20 actions pour 190 stagiaires en 2019, et à mi-février 2020, nous sommes déjà à 16 actions de formation dans les tuyaux », rapporte Jérôme Carrié. Auparavant, les exploitants cotisaient pour rien, donc.

Une embellie que nous mettons sans hésiter sur le compte du changement d’équipe dirigeante à la Chambre d’agriculture et de la Pêche (CAPAM) qui a placé Anthoumani Saïd à sa tête, et au placement de la structure sous la quasi-tutelle de l’Etat.

D’autre part, les stagiaires sont plutôt assidus, « nous enregistrons 4% d’annulation, contre 15 à 20% en métropole ».

Autre piste de progrès, le travail avec d’autres organismes de formation, « il n’y en a que 4 ou 5, il faut élargir le cercle. »

Jérôme Carrié a également en charge 3 départements de l’Hexagone, ainsi que La Réunion. Il reviendra dans un an, « je supervise les deux autres tenus du Comité d’élus en visioconférence. »

Anne Perzo-Lafond

3 Commentaires

    • Bibi Zaskiya j’espère que certaines ont compris ta leçon de décolonisation des esprits. On a toujours eu une agriculture fondée sur l’autosuffisance alimentaire familiale et un modèle appuie sur le capitalisme à tout craint. On est sur un petit territoire et on ne peut faire une agriculture marchande sauf à adopter des schémas qui ont échoué ailleurs avec les pesticides comme en Martinique.

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