Whale watching : le label anti mises à l’eau peine à décoller

Un an après son lancement soutenu par le Parc marin, le label High Quality Whale Watching (HQWW) ne séduit pas davantage les opérateurs. Son caractère contraignant fait craindre de perdre des clients, et ceux qui y adhèrent attirent un tourisme de niche.

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Le label est censé attirer 'une clientèle différente', il peine à séduire les opérateurs

Ils n’étaient que trois au lancement, ils ne sont toujours que trois un an plus tard. Et encore, l’un d’eux a failli lâcher l’affaire. Pour son premier anniversaire, le label HQWW, censé promouvoir une approche plus respectueuse des mammifères marins et garantir un tourisme bleu toujours plus vert, peine à séduire. Principal changement cette année, les deux opérateurs voilier, Maitai Croisières et Planète Bleue ont reçu leurs maxi-catamarans, des Lagoon 450 équipés de cabines, taillés pour le voyage et le confort. Ce qui agace Patrick Varéla, capitaine de l’autre maxi catamaran Eole 1er, qui voit d’un mauvais œil cette concurrence dont le Parc Marin fait la promotion.

Patrick Varéla (Eole Premier) regrette le choix de ces deux nouveaux voiliers

“Ces deux bateaux ne sont pas adaptés à l’observation des mammifères marins, avec leurs cabines ce sont des voiliers de voyage” estime le marin. Mais ce qui gène surtout avec ce label, qui interdit les mises à l’eau et limite l’approche à 100m y compris pour les dauphins, c’est qu’il handicape les opérateurs qui y souscrivent au bénéfice des autres acteurs du lagon, qui eux s’approchent jusqu’à 50m des dauphins, voire moins pour mettre leurs clients à l’eau, ce que le label interdit. “Ce qui serait bien c’est que les autres prestataires signent ce label, pas pour faire du business mais pour respecter les animaux” poursuit Patrick Varela, qui ne l’a pas signé.

On comprend que derrière la réticence à signer le label HQWW, il y a une crainte en termes de concurrence, mais aussi sur une remise en cause du libre arbitre des marins. Ceux qui parcourent le lagon depuis de nombreuses années revendiquent une connaissance assez fine de ses habitants pour savoir quand ils peuvent s’approcher ou pas, quand l’animal est curieux de l’homme et quand ce dernier dérange. De plus, cette possibilité de s’approcher et d’avoir, peut-être, la chance de voir dauphins ou baleines sous la surface est un des critères qui attirent encore de nombreux clients, peu d’entreprises veulent s’en priver dans un secteur en plein essor. Cela reste en outre une expérience magique, inoubliable, et un outil unique pour apprendre à mieux connaître ces animaux menacés par la dégradation de leur milieu de vie.

Un après le lancement du label , les opérateurs HQWW sont les mêmes

Du coup le label semble trouver son intérêt, non comme un idéal à atteindre pour tous, mais comme une marque de niche. HQWW “s’adresse à une clientèle différente” admet le Parc marin. “On ne diabolise pas les autres opérateurs, tous sont invités à nos formations, même s’ils n’ont pas signé le label, ça va vers le développement d’un tourisme éco-responsable”.

Y.D.

6 Commentaires

  1. La réalité c’est que ces opérateurs font passer le business bien avant la protection du lagon et l’arrivée de ces pseudos voiliers hyper subventionnés n’a pas changé la donne car ils avancent la plupart du temps au moteur !

  2. Est-ce qu’un mammifère marin a déjà manifesté de l’agressivité envers des plongeurs à Mayotte ? Lequel d’entre eux s’est déjà plaint d’être dérangé ? Il serait bon d’arrêter de penser à la place des animaux (et des autres en général). Je pense que si on les dérangeait, on le saurait très vite…

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