Trop peu d’entreprises produisent et se partagent un trop petit gâteau à Mayotte

Un marché restreint où peu d’entreprises dégagent un bénéficie conséquent, ça vous parle ? C’est le contexte de beaucoup d’outre-mer avec un bémol en plus à Mayotte, le secteur privé est sous représenté, nous dit toujours l’INSEE dans sa dernière enquête portant sur 2017. Bonne nouvelle, quelques TPE s’en sortent très bien !

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Certaines TPE et le secteur industriel s'en sortent mieux

Mayotte n’est pas encore connue pour son haut niveau de business, ni pour sa consommation de masse. Les offres, que ce soit en alimentation ou en loisirs, sont encore peu diversifiées, et la croissance qui paraît faramineuse, 7,6% en 2017 (INSEE), n’est portée que pour un quart par le secteur privé, les administrations publiques y participent encore pour moitié.

Un espèce d’équilibre semble perdurer, avec un secteur public tentaculaire qui maintient un bon niveau de consommation, et une économie marchande fragile qui repose toujours sur peu d’acteurs. Or, c’est de ce dernier que pourra venir une embellie, réduire notre dépendance aux importations et surtout, créer des emplois locaux.

Dans une publication de novembre, intitulée « Les entreprises formelles génèrent 587 millions d’euros de richesse », l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques, rapporte que 2.070 entreprises emploient 12.450 salariés. Pas la peine d’essayer de faire une division, environ 800 d’entre elles n’emploient personne, et la moitié, soit 1.000, font travailler entre 1 et 9 personne. Le gros de l’emploi est donc assumé par 13% des entreprises qui ont entre 10 et 249 salariés, et 3 entreprises qui emploient entre 250 et 499 salariés. Il n’y a pas d’entreprise de 500 salariés ou plus. Elles ne sont donc que 270 à emploient plus de 10 salariés, c’est pas terrible !

Les créations d’entreprises boostent la richesse de 10%

Un cinquième de la richesse des entreprises mahoraises est dégagée par le commerce

Les entreprises dégagent toujours globalement un fort taux de marge, indique l’INSEE, une redite de 2015. Pour le calculer en espèces sonnantes et trébuchantes, il faut savoir qu’avec un chiffre d’affaire de 1,79 milliard d’euros, elles produisent une valeur ajoutée (création de richesse) de 587 millions d’euros. Une partie sert à payer les salaires et les impôts, le reste constitue le taux de marge, il est de 39%. Appliqué à la valeur ajoutée, le volume des marges est donc de 229 millions d’euros, qui est réinvesti à hauteur de 124 millions d’euros, nous dit l’INSEE. La différence est donc le bénéfice final, soit 105 millions d’euros. Un chiffre qui a grimpé entre 2016 et 2017, puisque la valeur ajoutée dégagée par l’ensemble des entreprises a pris 12%. Tout le monde n’est pas logée à la même bonne enseigne, puisque la valeur ajoutée n’augmente que pour 55% des entreprises, tandis que pour 25% elle baisse de 23% ou plus.

Encourageant : les entreprises nouvellement créées en 2017 ou celles qui se formalisent, dégagent une richesse de 54 millions d’euros, soit presque 10% du montant total.

Le boom de certaines TPE

Le travail de l’Adie sur les créations d’entreprises profite à tous

Si on effectue un tri par nombre de salariés, les plus prospères sont celles qui emploient entre 1 et 9 personnes, donc les Très Petites Entreprises, puisqu’un quart d’entre elles voient leur richesse s’accroitre de 63% ! Pour celles de 10 salariés ou plus, la valeur ajoutée augmente de plus de 7 % dans la moitié des cas, et de plus de 30 % pour un quart d’entre elles.

L’INSEE nous fournit cette fois une étude par secteur. On voit que c’est l’industrie EDM, Sogea-SMAE, etc., qui s’en tire le mieux, avec un taux de marge de 55%, et un investissement de 31 millions d’euros, suivi par l’immobilier, 47% de taux de marge et 37 millions d’euros d’investissement. Le commerce de détail vient ensuite avec 44% de taux de marge et 15 millions d’euros d’investissement.

Autre taux intéressant, celui du taux de marge commerciale, c’est la différence entre le prix de vente et le prix d’achat des marchandises (rapportée au prix de vente). Il est de 25% à Mayotte, contre 10% en métropole. On pourrait donc parler d’abus, et d’un déficit de contrôle de la Direction de la Concurrence (DJCCRF) sur un si petit marché. Il semble d’ailleurs que les pratiques soupçonnées comme étant anti-concurrentielles commencent à être regardées de prés si l’on en juge par les deux contrôles de l’autorité de la concurrence cette semaine.

Il faut aussi favoriser l’arrivée de nouveaux acteurs si l’on veut éviter les effets de niche dans certains secteurs.

Anne Perzo-Lafond

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