Coupures d’eau : un usager de Petite Terre exprime le ras-le-bol général

« La situation inacceptable que nous vivons est le fruit de l'incompétence et de la négligence de certains »…. Signé « lettre ouverte d’un assoiffé de Petite Terre », le courrier vient rejoindre le flot des commentaires de colère des usagers du nord-est de Mayotte, partant de Koungou jusqu’à Tsoundzou, et comprenant Petite Terre.

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Les communiqués "urgent" de la Mahoraise des Eaux se succèdent quotidiennement depuis deux semaines

Depuis 15 jours maintenant, les coupures sont quotidiennes et nocturnes, précédées parfois, ce fut le cas deux jours, par des coupures en journée. Et lors de la remise en eau, certains habitants sur les hauteurs n’ont toujours rien au robinet. Un problème de pression quand les habitants du bas consomment davantage, nous avait-on expliqué du côté de la SMAE. Et depuis deux jours, aucun communiqué annonciateur d’une coupure n’a été envoyé à la presse. Pourtant, à 21h, les robinets sont muets…

Du côté de la réglementation, l’auteur de la tribune rappelle qu’en 2010, « les Nations Unies reconnaissent que “le droit à l’eau potable et à l’assainissement est un droit fondamental, essentiel à la pleine jouissance de la vie et à l’exercice de tous les droits de l’homme” (résolution de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations-unies en date du 28 juillet 2010) », et qu’en France, l’article L. 210-1 du code de l’environnement dispose que « l’usage de l’eau appartient à tous et chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d’accéder à l’eau potable, dans des conditions économiquement acceptables par tous ».

« Adrien » en déroule les conséquences, « à commencer par l’interdiction des coupures d’eau. L’usage de l’eau potable est essentiel et ne peut être remis en cause. Le distributeur n’a pas le droit de couper l’eau ou de réduire le débit si un abonné ne paye pas sa facture ».

Appel à la démission

De l’eau au robinet, un droit

Les usagers ont donc des droits informe celui qui annonce vouloir « saisir les juridictions compétentes » : « Le service des eaux est responsable en cas de troubles causés aux usagers par des accidents de service (interruption de fourniture, variation de pression…) », avec un « droit à réparation en cas d’interruption du service ou de non respect de la qualité de l’eau. La Commission des clauses abusives l’a rappelé dans deux recommandations (n°85-01 de 1982 et 01-01 de 2001). »

Idem en cas d’eau impropre à la consommation, « le distributeur peut être condamné à verser des dommages intérêts aux consommateurs. Un récent arrêt de la Cour de cassation confirme qu’un syndicat d’alimentation en eau a une obligation de résultat quant à la qualité de l’eau potable distribuée (Cassation civ. 1ère, 4 octobre 2017, n° 16-18416). »

Il invite donc chacun à se saisir de la législation, et donc à déposer plainte, « exigeons sans délai des responsables de cette situation qu’ils assument et réparent leurs erreurs ou qu’ils démissionnent ! Le climat n’est nullement responsable de la non construction d’une troisième retenue colinéaire, du non entretien des équipements actuels ou de la destruction de la station de dessalement de Petite Terre… Des individus chèrement payés sont à l’origine de tout ça, et en attendant, nous subissons. Est ce normal ?! »

Lire la chronique Lettre ouverte “Adrien”

Anne Perzo-Lafond

12 Commentaires

  1. ils sont fatigués des coupures d’eau?? le prefet a til de l’eau chez lui?l’armé ?? de DLEM ? etqu’a fait la Sogea et SIEAM apres 2015..??? hein ? rien !a partir embobiner la population sur une fausse promesse de construction d’une 3emme retenue d’eau !!et blablabli et blablabla ,d’un raccordement entre celle de Dzoumognié de Combani ,(qui sont entrain d’etre fait en urgence la !!!!!) ,qu’avons nous subi ,nous dans le centre et le sud pendant presque 5 mois de restriction d’eau tout les 3 jours ??

    • la meme chose en bien pire c’est ce que vous avez subi… mais pour autant faut il réagir de la situation présente dans 5 mois parce qu’en 2015 vous avez été dans cette situation que vous allez connaitre de nouveau ? C’est maintenant qu’il faut commencer à faire savoir que nous avons des droits et celui de l’usage de l’eau est une nécessité … Les habitants de Petite Terre ne sont pas responsables de cette situation , ils ne sont ni le préfet , ni la sogea juste des usagers comme vous . Alors si en agissant auj’hui nous pouvons éviter que toute l’ile vive ce que vous avez vécu en 2015 faisons-le !!!

    • saviez vous que dans les années 90 ;quand la sogea s’implanta petit a petit dans les villages ,elle obligeait (arrété prefectoral) la destruction des réservoirs d’eau pour les maisons qui en avaient !! un comble de nos jour ,surtout avec ce qu’il se passe depuis 4 ans.. sinon j’suis pas sur que le prefet a des coupures d’eau lui en ce moment !!non pas sur !! et oui il faut bien agir ,comme l’etat nous meme en bateau !! en espérant ne pas avoir des coupures ! mais deja si les nouveaux batiment construit etaient équipé de reservoir entérré avec une pompe !deja ca serait un début !!tout comme l’energie solaire ici

    • Brûnō Mzé j’en parlais justement en disant je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas de récupérateur d’eau dans toutes les maisons … J’ai ma réponse ! Bien que certains y reviennent et ont bien raison !

  2. Le problème dans tous ça les mahorais payent des factures d’eau très très chère. Et tous les ans sont privés d’eau…
    Tous cet argent qu’on donnent à cette entreprise part où ?
    À Mayotte on n’a de négligence des élus et de l’incompétence de nos élus en même temps.
    Combien de millions est retourné en métropole parce qu’il y’a pas de projet ? Mayotte ce n’est pas la faute de l’ETAT mais la faute de nos élus s’ils ce soucié de Mayotte ils allaient monté au créneau pour dénoncer ce qui ce passe à Mayotte.
    Mais c’est toujours la population qui dénonce et derrière les élus en profite pour prendre la cause à leur faveur…

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