TAPAJ : la réinsertion un jour après l’autre

Un nouveau dispositif d'insertion par l'emploi a été signé sur Petite Terre ce mercredi. Le système Tapaj consiste à rémunérer des jeunes en errance à la fin de chaque journée de travail effectuée, pour les motiver et les accompagner vers une réinsertion durable.

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Signature de cette nouvelle convention au siège de la CC Petite Terre

Le Tapaj “n’a rien à voir avec les nuisances sonores, même s’il y a fort à parier qu’il fera du bruit.” En s’appropriant ce jeu de mot facile, Saïd Omar Oili nous épargnait la peine d’en trouver un. Le maire de Dzaoudzi Labattoir est à l’initiative avec l’intercommunalité de Petite Terre de ce dispositif inédit à Mayotte qui signifie “Travail Alternatif Payé À la Journée”.

Concrètement, il s’agira pour 10 jeunes repérés par les médiateurs de l’interco de travailler un jour à la fois, en fonction des missions que leur trouvera leur employeur, l’association partenaire Tifaki Hazi. Chaque journée de travail, rémunérée à hauteur de 8€ de l’heure, sera payée à la fin de la journée sur un compte en banque ouvert par la banque postale, autre partenaire de l’opération. Il ne leur restera qu’à retirer leur paye au fur et à mesure, pour voir se concrétiser le fruit de leurs efforts, ce qu’un contrat classique ne permet pas. Cet accès au compte en banque est un point important car “si vous n’avez pas de compte en banque, vous n’existez pas dans cette société” estime le préfet Jean-François Colombet.

Les jeunes qui seront sélectionnés seront des résidents de Petite Terre en situation régulière, âgés de 16 à 25 ans, souffrant de problèmes d’addiction et éloignés de l’emploi. Le but de ce dispositif originaire du Canada sera de les inciter à travailler, sans avoir à attendre pendant un mois une paye. L’idée c’est pour le préfet de dire “tu as tenu un jour, on fait le pari que tu tiendras un jour de plus”. Un principe à la fois “simple et difficile” admet le haut fonctionnaire, mais “efficace” assure celui qui l’a déjà initié, il y a cinq ans, lorsqu’il œuvrait à la préfecture de Strasbourg.

Saïd Omar Oili

Pour mener à bien cette lourde mission qui consiste non seulement à remettre des jeunes désœuvrés en emploi, mais aussi à les sortir de la drogue ou de l’alcool, l’Etat a mis sur la table environ 50 000€, pour financer jusqu’à 3100 heures de travail par jeune sélectionné.

Selon le site drogues.gouv.fr, “ce dispositif innovant correspond à l’une des orientations du plan gouvernemental 2013 -2017 qui a fixé parmi ses priorités stratégiques en termes de réduction des risques, « l’insertion socio professionnelle des usagers de drogues ». En effet, l’impact positif de la prise en charge globale, au-delà de la prise en charge thérapeutique, a été confirmé par les professionnels de l’addictologie à partir de différents types d’expériences.” En 2017, 17 villes de France l’avaient adopté.

Le préfet dévoile son livre de chevet : Tropique de la Violence

En plus de la bancarisation et du suivi social, un suivi médical est censé être assuré pour aider ces jeunes à se libérer de leurs conduites addictives. Un point qui n’aura pas été développé ce mercredi puisque le siège réservé au CHM est resté vide lors de la signature de convention.

Certain de l’efficacité du dispositif, le préfet s’interroge sur ce qui semble être son livre de chevet. “Tropique de la Violence décrit avec beaucoup de justesse les bidonvilles de Mayotte, est-ce que la fin du roman aurait été la même si le dispositif Tapaj avait été signé quelques années plus tôt ?” Espérons au moins que le dispositif lui, finira mieux que le livre.

Y.D.

6 Commentaires

  1. Ça serait mieux si on leur payer en bon d’achat comme ça c’est sur qu’ils ne vont pas acheter des clope produits stupéfiants ou alcool. Ou bien leur payer des formations professionnelles ou le permis comme cela se fait déjà dans certains commune de métropole

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