Les filles en rose : les stéréotypes de genre ont la vie dure

Vendredi se tenait en mairie de Mamoudzou une matinée de débat sur l'égalité hommes-femmes au travail, et plus particulièrement comment concilier vie professionnelle et privée. Malgré de belles idées à défendre, la rencontre a multiplié les stéréotypes qu'elle prétendait combattre.

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L'égalité avance, mais les stéréotypes résistent

Il reste du chemin à parcourir. Sur le papier, la femme est l’égale de l’homme. En chanson elle en est même l’avenir mais c’est un autre sujet. En France “le législateur pose de grands principes pour garantir l’égalité et la mixité” résume Marjorie Paquet, directrice adjointe de la Dieccte, la Direction du Travail de Mayotte. Depuis septembre 2018 notamment, les employeurs de plus de 50 salariés ont obligation d’assurer l’égalité salariale en hommes et femmes à poste égal.

En outre des négociations d’entreprise doivent être menées pour mettre en œuvre des outils garantissant l’égalité devant l’emploi, et des mesures de conciliation travail-vie privée. Sur le terrain, cela peut se traduire par des jours de repos supplémentaires en cas d’enfant malade par exemple. Et en la matière, l’égalité hommes-femmes est à garantir dans les deux sens. Ainsi EDM, qui a largement été au centre de la rencontre, explique avoir supprimé le congé pour mères de famille au profit d’un congé parental, ouvert également aux papas.

Noera Mohamed estime que les lignes bougent mais ‘pas assez vite’

“Ce n’est pas parce que l’Assemblée Nationale vote des lois qu’elles sont appliquées, c’est une volonté politique des hommes et des femmes de faire avancer les choses au sein des entreprises” selon Echat Magoma, la directrice des ressources humaines d’EDM.

Sur le principe, c’est beau, mais dans les faits, il reste du chemin. Ainsi, si l’entreprise productrice d’électricité se targue d’avoir des cadres et ingénieurs féminins, pas mal de métiers restent très genrés, et les stéréotypes se construisent dès l’enfance. L’orientation à l’école n’est pas au point non plus. “Dans l’Education nationale, on est vraiment au Moyen-Âge, témoigne une enseignante présente. Il y a un travail de communication à faire. De plus, les professeurs viennent rarement de l’entreprise, donc promouvoir l’égalité hommes-femmes en entreprise quand on ne la connaît pas, ce n’est pas facile” déplore-t-elle.

“Les lignes bougent mais pas aussi vite qu’on voudrait” regrette Noera Mohamed, déléguée aux droits des femmes à la préfecture.

Du rose pour “communiquer sans stéréotype de sexe”

Pour Echat Magoma, “le travail doit commencer dès la petite enfance, c’est notre travail de pères et de mères. A 10 ans, une fille ne devrait pas se dire, je suis une fille donc je vais m’habiller en rose, par exemple”.

Rose pour les filles, bleu pour les garçons. Sisi.

Juste après cette phrase, une diapositive projetée sur grand écran présentait les effectifs au sein d’EDM : 264 salariés dont seulement 52 femmes parmi lesquelles 18 cadres sur 50. Pour bien faire le distingo, la colonne “femmes” était en rose, celle des salariés masculins, en bleu.

A l’extérieur de la salle, une équipe préparait des goodies pour les participants. Un joli sac couleur blue-jean estampillé “semaine de l’égalité professionnelle”.

De nombreux participants ont échangé sur ce sujet d’actualité

A l’intérieur, un DVD et trois livrets : deux intitulés Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, et un autre “pour une communication publique sans stéréotype de sexe”. Que les organisateurs semblent ne pas avoir lu, à en juger la présence aussi dans le sac d’un tee-shirt “Femme active”, de couleur… rose.

Y.D.

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