La CCI Mayotte étaye ses formations pour créer son école de gestion

Une trentaine de jeunes était venue au 1er « Café de l’emploi » pour écouter des intervenants motivés : « Nous voulons vous présenter tous les dispositifs existants d’apprentissage ou de formation, et vous donner les codes pour réussir ».

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Beaucoup d'échanges pour ce 1er Café de l'emploi

Les codes délivrés par la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Mayotte pour optimiser la réussite de la formation s’appellent ponctualité, respect, tenue, manière de s’exprimer, orthographe, syntaxe… intégrés dans l’atelier « Savoir être en entreprise ». Un peu l’esprit RSMA sans le treillis !

Un projet que porte le Pôle Formation de la Chambre de commerce et d’Industrie de Mayotte, après la signature d’une convention il y a un an pour obtenir des fonds européens FSE. Grâce à un partenariat noué en juin avec la Mission locale, le premier des « Cafés de l’emploi » a été lancé ce mercredi 28 août. Deux à trois fois par mois des ateliers « Savoir être en entreprise » vont se tenir pour les jeunes qui sont partants. « Nous travaillons avec eux la confiance en soi, l’estime de soi, et le comportement », explique Sinda Ramadani-Toto, Responsable du Service Ecole-Entreprise.

Il va donc falloir motiver les jeunes. Si certains sont partants, d’autres craignent le cumul, « nous suivons déjà le dispositif Garantie jeune à la Mission locale, il va falloir dégager des heures dans la journée, et nous avons déjà des cours de ‘savoir être en entreprise’ ». Dans ce domaine, il faut sûrement trop que pas assez. Pour manager ces ateliers, Amina Hariti, consultante et formatrice, et Tostao Ahmada, Président du Comité départemental de karaté et disciplines associées, pour l’atelier « La réussite professionnelle par le sport : Dépassement de soi ».

Ton seul ami… le dico !

Sinda Ramadani-Toto et Samira Aït, animent ce 1er rendez-vous

« Vous nous avez dit que la réussite passe par la culture, et qu’il faut aller à la bibliothèque. Mais si on n’a pas le temps ?! », questionne une autre. Les réponses se font ferme de la part de Samira Aït, Responsable de ce programme : « Quand vous avez faim, vous achetez un sandwich, et bien il faut savoir contenter la faim de savoir et prendre le temps d’aller à la source. Vous avez aussi l’outil Google Play sur le net, qui vous permet d’accéder à la littérature de base, enseignée au collège. Et vous devez avoir un seul ami, le dictionnaire ! » Douter sur l’orthographe d’un mot n’est en effet pas l’apanage des scolaires, « les adultes que nous sommes le consultons tous les jours », complète Amina Hariti.

Une fois ces bases de savoir être intégrée, la CCI peut rapprocher les jeunes qui ont une appétence pour un métier des professionnels, « ils pourront échanger, et une visite en entreprise, puis une semaine d’immersion seront proposées, avant de commencer éventuellement une formation ». Avec un accent mis sur des secteurs comme les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), les métiers du bâtiment, le tourisme, les activités maritimes, le transport et la logistique, etc. Une formation de Technicien en Logistique d’Entreposage (TLE) est en cours à la CCI, « suivie par 13 jeunes, nous espérons un taux d’insertion de 80% ».

Vers la création d’un campus

Direction du travail et intervenants privés ont répondu présents

Mohamed Idjabou est pour partie apprenant, pour partie aidant à l’organisation de cette matinale. Il a 5 enfants et pompier volontaire, et saturait de son job d’agent de sécurité, « c’est pas une vie quand on a une famille ! » Il suit une formation TLE, mais voudrait décrocher un diplôme d’ambulancier ».

On peut dire que la CCI aura réussi sa mutation, elle qui n’était encore que végétative il y a 5 ans. Pôle entreprises et pôle formation carburent, et ne veulent pas en rester là. Ce dernier veut doter la CCI d’ « une école de gestion, avec le Centre de Formation Interculturel », comme nous l’annonce Samira Aït. « Nous mettons aussi l’accent sur la mobilité, et sommes heureux d’accueillir la 3ème promotion de licence Tourisme, et les BTS Numérique. »

D’autres formations seront ouvertes. Avec à terme une grande ambition, « celle de mettre en place un campus avec les organismes de formation, le Centre de Formation Interculturel et notre école de gestion. »

Anne Perzo-Lafond

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