« Une vie meilleure », un film scolaire sans décodeur

Un film annoncé comme pédagogique, tourné par des lycéens de Mamoudzou Nord, veut montrer la difficulté pour les comoriens de bénéficier des services publics à Mayotte, en raison de l’hostilité des mahorais qu’ils ont en face d’eux. Il provoque logiquement une levée de bouclier.

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La scène du travail non déclaré contre une attestation d'hébergement (Capture d'écran Mayotte la Première)

14 minutes qui font déjà le buzz. Le film « Une vie meilleure » tourné par des lycéens de Terminale de Mamoudzou Nord en option cinéma, met en scène la difficulté que rencontrent des comoriens pour s’inscrire dans les administrations à Mayotte, notamment l’Education nationale, et l’attitude de familles mahoraises, qui les exploitent en leur promettant des papiers sans les rémunérer correctement, voire du tout.

Des extraits ont été diffusés à la ministre des outre-mer ce lundi soir, au Journal télévisé de Mayotte la Première. On y voit une maman rejetée par une fonctionnaire mahoraise raciste, « sale anjouanaise ! », et exploitée par une famille qui commence par lui refuser un certificat d’hébergement nécessaire à l’obtention de ses papiers, pour ensuite la faire travailler au noir, avant de la faire expulser par la Police aux Frontières.

Une situation vécue, « c’est de la réalité », se défend l’enseignant de terminale, reconnaissant à demi-mot « une stigmatisation ». Interviewé par nos confrères, le vice-recteur défend le support pédagogique, « la qualité de jeu des acteurs », et avertit, « c’est un film, c’est une fiction. Elle a le mérite d’ouvrir le débat ».

Un scénario qui a provoqué une réaction immédiate du Collectif des citoyens de Mayotte qui saisit le procureur, le préfet et le maire de Mamoudzou, en évoquant un « outrage », pour exiger l’interdiction de diffusion de ce film, « pour atteinte à l’ordre public », et demande des poursuites pénales « pour incitation à la haine raciale ». (Lire la Lettre Collectif des Citoyens de Mayotte)

Espoir et désespoir

« Sale anjouanaise »… entre vécu et stigmatisation (Capture d’écran JT Mayotte la première)

En réponse à cette diffusion, la ministre Annick Girardin faisait remarquer que c’était « l’espoir de tous les parents que de donner une bonne éducation à leurs enfants », et invitait à regarder la vérité en face, « l’exploitation de la misère des comoriens existe ici ». Elle appelait précisément les mahorais à ne pas fournir les justificatifs demandés… destinés à l’inscription des enfants dans les écoles. Les comoriens peuvent donc rêver d’une meilleure éducation pour leurs enfants, mais doivent savoir qu’ils ne pourront pas y accéder…

On voit bien la fragilité du débat, et la conception d’un tel film est au moins maladroite, au pire emprunte d’idéologie, ce qui serait difficilement acceptable en milieu scolaire.

Car s’il est vrai que ces situations d’exploitation de la misère et de comportements haineux, existent à Mayotte, il était important de faire sentir qu’ils n’étaient pas généralisés. Alors que les tensions communautaires sont fréquentes, et que l’immigration clandestine pèse de tout son poids sur les services publics, c’est pour le moins maladroit.

D’autre part, il faut rappeler ce qu’est un document à valeur pédagogique. Lorsqu’une pièce de théâtre est montée par les scolaires sur les violences faites aux femmes, cela ne sous-entend pas que tous les maris sont violents et agressifs.

Il ne reste donc plus qu’à monter un film éducatif, sur un chef d’Etat qui ne fait rien pour améliorer le quotidien de son peuple, mais qui le laisse risquer sa vie pour bénéficier des services publics d’une île où il fait meilleur vivre parce qu’elle a fait le choix d’être française, mais qu’il considère comme sienne. Une fiction ?…

Anne Perzo-Lafond

61 Commentaires

  1. film qui montre la triste réalité du quotidien de plein de clandestins ici ! et des gens profitent d’eux !meme il y a des etrangers qui ont leur carte long séjour ou carte francaise qui profitent a leur tour des petit(e) nouveaux candestins !!c triste tout ca !! le pire est que cela existe dans plein d’autre endroit !!

    • donc mayotte se résume a majikavo !!hahahaha !!! sans dec !!! je ne défend personne moi !mais ce film au moins a le mérite de faire mal la ou il faut ! de montrer des vérité que tout le monde connais !!!! c’est tou !!les violeurs n’ont pas de nationalité !

    • encore des mec du fhaine qui crachent les premier sur les clandos mais qui sont els premiers a les utiliser dans leur champs !hahaha sans deconner !! !! j’habitais deja ici que t’etais tres certainement pas né !!

    • Ali Said ahhh l’argument suprême de l’abrutis profond ! viens vivre à Mayotte déjà, tu pourras parler après. Mais tu feras bien comme les autres, tu prendras une maîtresse clando ça coûte moins cher … des mecs comme toi j’en ai tous les jours au téléphone qui me demande des chambres pour 20 minutes !!!

    • Mohamed Anzizi moi je suis pas un colon monsieur le décérébré ! L’Esclavage c’est fini depuis 1848 autant vous dire que je n’étais pas née , vous non plus d’ailleurs ! Mayotte étant française depuis 1841 , on peut donc en déduire que l esclavage ici aurait duré 7 ans … pas de quoi briser des générations jusqu’au 21e siècle non plus !!! Donc arrêtez votre cinéma de pauvre petit mahorais colonisé ça fait pitié quand on pense que vous avez voté à 95% pour être Departement français !!!

    • Sophie Bond Mançon tu es rigolo et les blancs qu ils l ont fait travailler au noir sans les déclarer et qui les paie une salaire des misères je connais pas mal ça fait presque 6 mois qui sont pas payés par leurs patrons pk vous en parlez pas y a des mineurs clandos qui sortent avec des blancs tu les vois ou tu veux faire l aveugle 😡

    • Gwen Labretonne De L’île en métropole ? Y a des gens dans votre Bretagne profonde qui tapent à votre porte pour vous demander un certificat d’hébergement ??? Faites attention à ce que vous allez répondre , je connais très bien la Bretagne !!! A part les poules de mon voisin et quelques Jehova qu’on virait à coup de fusil , j’ai pas trop souvenir !!! Et non il me viendrait pas à l’idée de lui dire que si il veut un hébergement , il va faire mon ménage et se faire sauter par mon mari !!!

    • Sophie Bond Mançon le problème avec vous vous parlez jamais de ce qu on nous on subit quotidiennement avec ses gens vous ignorez tous tu cultives ton champs et ils viennent te voler puis te menacent de la fermer nos terrains se pareil malgré tout on est plus gentil avec eux par rapport à vous parce que se nous qu on les offre des justificatifs domicile pour faire leurs papiers et vous faites quoi à leur place rien juste montré les doigts aux mahorais qui sont homophobes au moins nous on est réaliste mais vous faites semblant de les aimer et se juste vous voulez les profiter

  2. La blague!!!
    On est obligé d attendre des heures aux urgences voir même d aller à la run quand on doit se faire opérer…
    Alors qu on paie des impôts pour un service public dont on ne bénéficie pas…🤬🤬🤬🤬
    On peut pas inscrire les enfants à l ecole publique parce qu y pas de place..🤬🤬
    Etc etc…

  3. Quand t’es pas heureux dans un pays tu quitte quelque soit le circonstances les comoriens veulent quoi de plus a Mayotte toutes est permis pour gratuitement terrain pour construire leurs doubles magarandon hôpital gratuit les rivières les champs quoi encore la vie des mahorais non part contre vous serais toujours des clandestins à Mayotte

  4. Toute personne victime d’injustice, a la possibilité d’intenter une action en justice. Faire une vidéo et la diffuser pendant le passage de la ministre…cela pose des questions sur l’intention et l’opportunité de cette vidéo qui peint le mahorais comme le responsable de la misère de l’anjouanais. Ce discours est dangereux à mon sens.

    • Frédéric Ducarme : Entre le moment de la réalisation et la diffusion il y a un monde mon cher monsieur. Tu ne peux pas reprocher aux gens de reagir après avoir vu cette vidéo. Ces provocations peuvent avoir raison de la patience de la population. Ensuite vous viendrez dire que les mahorais n’ont pas de coeur.

  5. Trop c’est trop on a forcé personne à prendre les kwassas.
    On fait une vidéo qui parle des victimes??? Ah non ça passerait pas nous les mahorais on est des racistes, des esclavagistes, des sans coeurs… Si on nous vole, braque, viole, poignarde c’est parce qu’ils faut qu’ils survivent….pfffff

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