Bagarres : bientôt 200 travailleurs sociaux à la rencontre des jeunes

Trois associations du territoire se sont vu confier la mission d'aller au contact des jeunes en déshérence pour les ramener vers un parcours d'insertion. L'expérimentation menée à Dembéni aurait eu des effets positifs sur les bagarres entre villages.

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Etat et Département mettent la main à la poche dans ce vaste projet

La Croix Rouge, Apprentis d’Auteuil et Fahamou Maecha porteront le futur dispositif de “prévention spécialisée”. Il s’agit d’un vaste programme de discussion avec les jeunes en déshérence pour les ramener vers l’insertion, comme cela se fait dans d’autres départements français.

“La prévention spécialisée, nous l’avons expérimentée à Dembéni où ça a fait ses preuves” explique Issa Issa Abdou, vice-président en charge du social et de l’enfance au Département. Depuis début 2018 en effet, des agents sociaux sont chargés d’aller à la rencontre des jeunes qui traînent dans la rue pour faire connaissance avec eux, leur proposer des activités ludiques, et finalement, éducatives. Au fil de ces actions menées à Ongojou et Tsararano, “la situation s’est apaisée” sur le plan des bagarres intervillageoises, assure le Département “même si ce n’est pas parfait”. En outre, une dizaine de jeunes sont entrés dans “un parcours d’insertion avéré”.

Pour Patrick Bonfils, directeur de la Direction de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DJSCS), il était désormais “nécessaire de généraliser cette démarche expérimentale” à tout le département. “Le travail de ces trois opérateurs va permettre de mettre en place des dispositifs qu’il faudra qu’on consolide, poursuit-il. La jeunesse a besoin d’une proximité, de repères. Elle est en pleine acculturation, c’est un bouleversement pour notre territoire” note le responsable qui voit la jeunesse confrontée à “une mondialisation à laquelle on n’échappe pas. Il faut accompagner cette jeunesse pour qu’elle ne subisse pas la société mais soit un acteur de sa vie et de son avenir”.

4 millions pour apaiser le territoire

Michel Henry, directeur de la Croix Rouge

C’est donc un peu pour “prendre le pas de la modernité” que Mayotte va se doter d’une armée de 200 travailleurs sociaux, progressivement, à compter de la rentrée de septembre. Les actions concerneront des jeunes jusqu’à 25 ans. Sachant que selon les associations, une équipe d’éducateurs peut prendre en charge jusqu’à 200 jeunes en collectif et 50 en suivi individuel, ce sont à terme des milliers de personnes qui pourront être accompagnées. Le retour à l’emploi est un des objectifs affichés, mais pas que. “On essaye aussi de casser les rivalités entre villages et de leur faire découvrir Mayotte” rebondit Michel Henry, directeur de la Croix Rouge locale. De quoi utiliser à bon escient les quelque 4 millions d’euros de budget mis sur la table par l’Etat et le Département.

Le principal défi sera désormais de recruter et de former les agents qui devront, comme dans l’expérimentation, être sur le terrain en horaires décalés, le soir et le week-end ainsi que les jours fériés. Cela implique une “montée en puissance de l’IRTS”, l’institut de formation des travailleurs sociaux qui a ouvert une antenne à Mayotte. “La prochaine étape, c’est la création d’un IRTS Mayotte, là on aura les coudées franches” conclut Issa Issa Abdou, qui concrétise ainsi une des promesses de la majorité départementale.

Y.D.

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