28.9 C
Dzaoudzi
jeudi 9 décembre 2021
AccueilEducationAccusé de viols sur mineure, un CPE condamné

Accusé de viols sur mineure, un CPE condamné

Un conseiller principal d'éducation a été reconnu coupable d'agression sexuelle sur sa demi-soeur, qui l'accusait de viol. Les faits auraient été commis à La Réunion entre 2004 et 2006 quand elle était mineure. L'avenir professionnel du condamné est entre les mains du vice-rectorat.

Quinze ans après les faits, la justice a reconnu un homme coupable d’avoir agressé sexuellement sa belle-soeur quand celle-ci était mineure. Si les faits datent de 2004 à 2006, ce n’est qu’en 2010 qu’un signalement a mis en route la machine judiciaire. Une lourde instruction a alors été ouverte, menant à la mise en examen avec contrôle judiciaire du prévenu en 2014. Entre-temps, les accusations de viol -la victime parle de plusieurs pénétrations anales et vaginales avec violences et menaces – ont été requalifiées en agressions sexuelles. En cause, le délai et l’absence de certificat médical permettant de prouver qu’il y a bien eu pénétration.
C’est pourquoi ces faits sont arrivés devant le tribunal correctionnel de Mamoudzou et non aux Assises.

Selon la victime, les faits ont eu lieu au domicile du prévenu, à Saint-Louis de La Réunion, lorsque ce dernier y résidait. Il venait alors d’apprendre qu’il avait des demis frères et soeurs et les recevait le week-end chez lui. Seuls selon eux. Accompagnés de leur mère selon lui. Si ce dernier nie toute agression sexuelle, et plaide le complot familial, la victime apporte dans ses auditions des  témoignages précis, circonstanciés, et, à part quelques contradictions d’ordre chronologiques, des souvenirs constants. Le prévenu quant à lui “a peu de souvenirs” et “des déclarations variables qui questionnent sa crédibilité” selon le parquet. La substitut Chloé Chérel déplore le manque d’éléments matériels et estime que c’est parole contre parole. Elle note toutefois les rapports d’expertises psychologiques. Celui de la jeune fille, décrite comme influençable, souffrant de troubles post-traumatiques et d’une difficulté à différencier tendresse et sexualité. Et celui du prévenu, “dans le contrôle”, présentant “une immaturité affective”. Par trois fois les juges ont essayé de tester sa capacité à se mettre à la place d’une victime. Questionné sur sa vision des agressions sexuelles en général, il s’en tient à une vision purement administrative. “Personne ne peut accepter des violences, si j’en ai connaissance, je dois faire un signalement”. “Pourquoi c’est grave ? insiste un assesseur. “Parce que c’est interdit par la loi” répond l’homme à la barre. Interrogé sur son ressenti personnel, face à de tels faits et en particulier sur les faits de nature sexuelle,  il ne répond pas.

Il n’y avait aucune preuve concrète pour Me Ahmed

De quoi semer l’inquiétude chez les magistrats. D’autant qu’il a déjà été condamné deux fois pour violences, dont une fois sur sa fille. Plus inquiétant encore, une infirmière a affirmé qu’il entretenait dans l’établissement scolaire où il officie comme CPE “un rapport de séduction” avec les élèves. Un témoignage que le prévenu dit ne pas comprendre.

Son avocat Ben Ali Ahmed, venu de Saint-Denis, estime que les accusations “ne tiennent pas la route, où est la vérité ?” Il réclame la relaxe au bénéfice du doute. Pour lui, “les faits ne sont pas constitués”.

Autant d’éléments qui ont amené le tribunal à s’éloigner des réquisitions du parquet. Là où la substitut avait requis 4 ans de prison avec sursis, et interdiction de travailler avec des mineurs, les juges ont prononcé 20 mois ferme, mais aménageables, avec inscription au casier judiciaire. Une condamnation qui pourrait lui coûter sa carrière de CPE, même si une telle mesure administrative n’a aucun caractère automatique. D’autant que le condamné a 10 jour pour faire appel, et reste présumé innocent jusqu’alors.

Y.D.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

SMAE, Vinci, Mayotte

Coupure d’eau à Mamoudzou et Tsingoni le 14 décembre

0
Pour cause de travaux d’amélioration du réseau de distribution, SMAE – Mahoraise des Eaux informe qu’une interruption de la fourniture en eau potable aura...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours
Sébastien Lecornu, Mayotte

Dans une longue lettre aux maires, Sébastien Lecornu détaille les avancées majeures de la...

0
A lire le courrier du ministre aux maires de Mayotte, on se dit que son passage n’aura pas été infructueux en août. Bien que sa visite avortée en raison de la crise des Antilles fin novembre ne lui ait pas permis d’assurer le service après vente, le ministre livre les 4 axes détaillés de la future loi Mayotte. Plusieurs n’attendront pas sa parution, annonce-t-il
FMAE, Mayotte, Journée mondiale du climat, Word Weather Attribution

La FMAE réveille les politiques sur la prise en compte de l’élévation du niveau...

0
Ce samedi, la Fédération Mahoraise des Associations Environnementales (FMAE) organise avec la mairie de Bandrélé et l’association 976 Sud Prévention, une nouvelle édition de la Journée mondiale du climat. L’occasion de lancer l’Observatoire du Changement Climatique de Mayotte

A Mamoudzou, un premier contrat local de santé pour rapprocher la santé préventive des...

0
Fini le chacun-pour-soi, vive la co-construction ; la prévention à la santé, à l'alimentation, la lutte contre les gîtes larvaires ou les rongeurs, la contraception et la lutte contre les addictions, sont autant de sujets relevant des communes, de l'ARS ou du Département. Avec le contrat local de Santé, Mamoudzou met les trois acteurs autour d'une même table pour gagner en efficacité dans la santé préventive. D'autres communes suivent le même chemin.

Évolution des prestations sociales : Madi Velou salue les avancées et appelle à aller...

0
C'est un des premiers à réagir aux annonces gouvernementales sur le début de rattrapage en matière de droits sociaux. Le vice président du Département chargé du social salue des avancées "qui vont dans le bon sens", mais demande des adaptations immédiates quand cela est possible
Emmanuel Macron, Elysée, François Guillotou de Kerever, Mayotte

Les maires de Mayotte d’une seule voix à l’Elysée

0
« C’est par la répétition que nous obtiendrons des réponses ». Les maires de Mayotte étaient reçus le 19 novembre par le conseiller Outre-mer d’Emmanuel Macron. Avec un enjeu : maitriser les dossiers pour se faire entendre