La Maison Digitale : une (re)connexion des femmes sans qualification à la réalité numérique

En Pologne ou à Metz, la Fondation Orange implante peu à peu ses Maisons Digitales. Il s’agit d’abriter pour quelques heures des femmes sans qualification, et leur donner les armes pour intégrer ce qui fait désormais notre quotidien : la dématérialisation.

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Les femmes ont rapidement adhéré à l'outil

A Mayotte le projet a été initié en 2016, et devait s’implanter au centre social de Miréréni à Chirongui. Mais ce dernier, moribond et excentré, ne parvient pas à mener le projet à son terme. C’est donc Mlézi maore (ex-Tama) qui récupère le bébé, et qui va la « toiletter », pour le rendre viable : « Il y avait trop de partenariat, ça coinçait régulièrement sur des détails. Nous avons donc proposé d’héberger la Maison Digitale dans notre siège social, à Kavani », explique Hélène Le Hir, la directrice de Mlézi Maoré.

Désormais, le projet ne s’adressera plus seulement aux 18-30 ans, mais accueillera les femmes jusqu’à 50 ans, qui essaient de ne pas couler au milieu d’un océan de connexions 4G, de sites, d’interfaces… Pour rendre ces femmes plus autonomes, Orange a donc décidé de leur proposer un marchepied pour les maintenir à flot dans leurs démarches administratives, mais pas seulement. « Pendant 6 semaines, tous les mardis matins pendant deux heures, elles étaient dix à se retrouver pour bénéficier d’une initiation à l’informatique, avec mode d’emploi de connexion aux réseaux sociaux, création d’un CV, ou accès au site de Pôle emploi », explique Laurence Rezac, Déléguée régionale Solidarité-Mécénat chez Orange Réunion-Mayotte.

La fondation de l’opérateur finance le matériel pédagogique, dont les PC, pour un montant de 35.000 euros, et l’association Mlézi Maoré assure le financement du fonctionnement. A l’infini, envisage Hélène Le Hir, « tant qu’il y aura des besoins. »

« Nous avons toutes une adresse mail désormais »

Les stagiaires déjà formées et en cours, avec au centre Hélène Le Hir, et à gauche, Charlotte Oui

Elles se sont retrouvées ce vendredi pour inaugurer la Maison Digitale à Kavani. Pour beaucoup, le frein reste la maîtrise de la langue française, et si elles ont appris à manipuler l’outil, elles sont en demande de plus, « j’aimerais écrire et parler français pour communiquer avec les autres. » Une autre demande à garder ce format de rencontre, « un espace où l’on se retrouve ».

Hadidja nous fait part de son expérience, par traductrice interposée : « Maintenant, je sais écrire un mail et l’envoyer, et découvrir la réponse de l’autre. Nous avons toutes créé notre adresse mail, et nous nous envoyons des messages. Mais surtout, je peux aller sur la boite mail de La Poste pour mes demandes. »

Pour Charlotte Oui, Directrice juridique de Orange, Mayotte rejoint « une des 250 Maisons Digitales ouvertes dans 20 pays où Orange est présent avec sa Fondation, dont deux sont à La Réunion. Nous dédions ces programmes aux femmes en difficulté, en les couplant avec une association implantée localement. »

Dahalani M’Houmadi aux côtés de Charlotte Oui pour cette inauguration

Hélène le Hir s’attarde auprès des premières participantes à la formation. C’est une des dernières opérations qu’elle mène à Mayotte avant de s’envoler pour Brest, et ce n’est pas sans émotion qu’elle laisse la place. C’est Dahalani M’Houmadi, qu’elle est allée chercher à Marseille, qui va lui succéder au début du mois de mai.

Anne Perzo-Lafond

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