La Laiterie de Mayotte en déficit de main d’œuvre faute de dispositif adapté

C’était une de ses dernières visites avant de signer les emplois francs : la ministre des outre-mer a été reçue à la Laiterie de Mayotte. Une entreprise de 45 salariés qui ne demande qu’à grossir.

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Présentation du packaging des yaourts Oula à Annick Girardin

En visitant la Laiterie de Mayotte, la ministre Annick Girardin a touché du doigt une réalité du territoire : en raison d’un dispositif d’apprentissage peu développé, le manque de main d’œuvre est criant, explique Olivier Novou, Directeur général de l’entreprise fondée en 1992 par le groupe réunionnais Caillé, spécialisé dans la distribution automobile. Sur un marché où le yaourt n’est pas un produit culturel de consommation, la Laiterie de Mayotte se fait sa place, au point que le produit lacté représente 90% des ventes, aux côtés des glaces.

La marque propre Oula côtoie sur les rayons celle de Yoplait, « dont nous sommes les représentants exclusifs », met en avant Olivier Novou. Ce qui n’est théoriquement plus possible, « la loi Lurel interdit l’exclusivité en outre-mer », le reprend la ministre. Un panier de Yoplait qui ressemble à s’y méprendre à son cousin de métropole, avec pourtant une nuance de taille. « Le taux de sucre est le même ? », s’enquiert de nouveau Annick Girardin, toujours au regard de la loi, puisqu’un arrêté « sucre » avait été pris en 2016 pour contrer le diabète ultramarin qui fait chaque année des victimes, mais sans effet dans la plupart des outre-mer. « Nous avons tenté de le baisser, mais le consommateur demande un produit plus sucré », revendique Olivier Novou. Le yaourt nature a été inscrit au Bouclier Qualité prix.

D’énormes débouchés potentiels

Un hangar de stockage tout neuf

Ces derniers mois, un vaste hangar est sorti de terre, accueillant les rangées de palettes de yaourts, « malgré cet investissement, nous n’arrivons pas à satisfaire le marché car nous n’avons qu’une seule équipe, nous ne travaillons pas en 2×8 faute de main d’œuvre. Il nous manque des frigoristes, des opérateurs, des électromécaniciens. » Les conditions de travail ne sont pas faciles, met-il en avant, « il fait chaud et humide à l’intérieur ». Il a donc décidé de former en interne, « sur 12 personnes, 4 ont été désigné chef d’équipe et assurent les formations, en plus de leur temps de travail. »

La demande de produits laitiers est pourtant croissante, avec un programme conséquent de construction de réfectoires, et la société s’est associée à Panima, notamment pour fournir les plateaux de la compagnie Air Austral.

Pour accompagner le développement de l’entreprise, et occuper les postes en tension, Olivier Novou passe par les filières apprentissage du lycée polyvalent de Kawéni, du lycée professionnel de Kahani ou du lycée agricole de Coconi. « Nous démarrons les CAP d’opérateur, mais l’apprentissage est peu financé à Mayotte, et nous sommes obligé de faire venir un certificateur de l’extérieur. » Une problématique en cours de traitement, répondait Annick Girardin en substance, sans plus de précision.
Une donnée cruciale qui permettrait d’employer une jeunesse peu qualifiée.

Anne Perzo-Lafond

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