La grève continue au laboratoire privé de Mamoudzou

Seul le service minimum, notamment les urgences, est assuré au laboratoire de Mamoudzou. Un mouvement de grève touche les trois quarts du personnel, malgré une volonté affichée de chaque côté de négocier sur les points de revendications.

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Les salariés grévistes le 9 avril dernier

Les trompettes en plastiques résonnent dans la salle d’attente du laboratoire d’analyses médicales Mayo Bio de Mamoudzou. A l’extérieur, des grévistes soufflent de bon cœur dans ces « vuvuzélas ». C’est pour ces salariés du laboratoire le deuxième jour de grève, après une réunion de négociation qui n’a pas abouti vendredi dernier.
Les salariés grévistes avaient alors exposé au directeur, le Dr Troalen, neuf points de revendications, parmi lesquels la formalisation du 13e mois, une grille salariale, la reconnaissance de l’ancienneté mais aussi une augmentation de salaire de 30%. Ils y dénonçaient aussi des « pressions » sur le personnel. Le mot harcèlement est entendu çà et là.
Regrettant de ne pas avoir d’accord écrit ce week-end, la grève a été décidée dès ce lundi.
Dans la foulée, le directeur écrivait aux grévistes pour leur concéder six des neuf points de revendication (voir le courrier du directeur ci-joint). Parmi les points d’accord, le 13e mois, la mutuelle d’entreprise, la grille salariale, l’ancienneté professionnelle et une revalorisation des salaires basée sur l’inflation.
« Pour moi ce ne sont pas des propositions » clame Ben Housman Abdallah, délégué Sud Santé-Sociaux du laboratoire. « Ce qu’on veut c’est un tête à tête et avoir un protocole de fin de crise sans ambiguïté ».
Parmi les points de crispation, l’absence d’augmentation de 30%, et d’engagements sur ce que le syndicaliste appelle « des pressions sur le personnel », qui se traduisent par « des avertissements, notamment visant un salarié qui n’avait pas nettoyé sa paillasse, et même un licenciement ».

Une salle de prélèvement, l’activité est réduite

Ce que le directeur reconnaît et assume. « Nettoyer son espace de travail quand on le quitte, dans un labo c’est la moindre des choses. Par le passé on a été très souples, très tolérants, mais il y a des normes et des règles qui nous obligent à être de plus en plus pointus, être accrédités nous impose de la rigueur. Les avertissements, on ne les distribue pas pour se faire plaisir ».
Concernant les accusations de harcèlement, le biologiste invite à « porter plainte », mais estime que « certains confondent harcèlement et rigueur ».
Autre point de blocage, les 30% d’augmentation. « Les grévistes veulent qu’on s’aligne sur les salaires pratiqués au CHM, on n’est pas en mesure de s’aligner » regrette le fondateur du laboratoire privé. D’autant que l’entreprise a mené « de très gros investissements, ça contribue à la discussion » estime-t-il.
Affichant comme les grévistes sa volonté d’échanger avec eux, le médecin prévoit de « rediscuter aujourd’hui » avec le personnel.
La direction précise aussi que la laboratoire reste ouvert, notamment pour assurer les analyses urgentes.

Y.D.

7 Commentaires

  1. Petite chronique ordinaire d’une non gréviste du laboratoire : lorsque nous allons travailler nous nous faisons huer et limite insulter au moment de gravir l’escalier qui nous mène au laboratoire …. mes collègues reçoivent des messages peu sympathiques sur leur portable ( je vous laisse imaginer) les patients se font refouler tout est fait pour les empêcher d’accéder au laboratoire…. et hier une de ces grévistes s’est présentée au laboratoire avec une ordonnance pour que nous fassions sa prise de sang et ses analyses…. j’hésite encore doit-on en rire ou en pleurer….

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