Chirongui, la bonne élève du Grand Débat National

Impôts, pression des inscriptions scolaires, décentralisation des administrations… Chirongui apporte la contribution de ses habitats à la liste géante du Grand Débat National.

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Restitution du Grand débat ce mercredi à Chirongui

Jusqu’à présent nous avions droit aux inventaires à la Prévert sur la petite lucarne pour suivre le grand débat national. Emanuel Macron dans le rôle de l’étudiant studieux qui note les priorités des Français, notamment portés par leurs maires, et qui maitrise autant le thème du glyphosate que celui des ours des Pyrénées… Nous avons droit au tour de France des accents du terroir, avec l’un des derniers en date, celui du maire de Pessac en Gironde.

A Mayotte, la seule commune à avoir relevé le défi, c’est Chirongui, dont la maire était assise en bonne place aux côtés d’Emmanuel Macron lors du débat avec les élus ultramarins à l’Elysée. Elle livrait mercredi dernier sa restitution des remontées de ses habitants dans les villages où s’est tenu le Grand débat, à savoir la ville de Chirongui, Poroani, Mramadoudou, Malamani, Tsimkoura et les deux Miréréni. Les contributions ont été très nombreuses, rapporte un communiqué de la mairie, et à divers degrés de réalisme.

On y voit la suppression des impôts à Mayotte, une taxe à taux zéro pour les produits de première nécessité, l’aménagement de zones piétons, « Eviter les favoritismes dans les attributions des marchés publics et logements social » (sic), Réalisation de la piste longue, Diminuer les effectifs des classes pour lutter contre de nouvelles constructions de salles de classe qui profitent aux enfants de clandestins, Trop d’argent déversé à la reconduite aux frontières, assurer une meilleure politique contre l’immigration, Amélioration des infrastructures du port et de sa gestion, EDM : Trop de délestages, les coupures à répétition, Décentraliser les administrations au sud comme la préfecture, SMAE, EDM, CSSM… et mettre en place des bornes de paiement automatique, Prévoir un quai maritime à Bandrélé, Avoir des spécialistes pour développer l’agriculture mahoraise, Création de lavoirs publics pour les ménages les plus modestes, Pouvoir brandir le drapeau bleu blanc rouge aux jeux des îles, Permettre aux personnes qui détiennent le titre de séjour de partir dans les autres départements, ou encore, Avoir plus de visibilité sur les dépenses de l’Etat, etc. (Lire Synthèse des contributions à Chirongui)

« Le carnet de santé de la France en mauvais état »

Les deux sénateurs et le conseiller Issa Abdou aux côtés de la maire de Chirongui

Le mercredi 27 mai, avait lieu la restitution des débats, en présence de la maire Hanima Ibrahima Jouwaou, des sénateurs Thani Mohamed Soilihi et Hassane Abdallah, du vice-président du CD Issa Issa Abdou, des élus communaux Baco Ousseni Mariame, Fatima Condro-Moimba et de 11 habitants de la commune.

« Le but de cette rencontre est de remonter nos doléances, nos revendications au niveau national sur quatre grands thèmes en priorité et bien évidemment le débat reste ouvert à toutes autres interrogations concernant nos problématiques locales », expliquait la maire.

Thani Mohamed poursuivait en remerciant la présence des citoyens et le travail fourni par la ville de Chirongui pour l’organisation de ce grand débat national. « C’est une chance qui nous est offert pour s’exprimer, c’est le propre de la démocratie ». Il assurait à la population que les quatre parlementaires mahorais ainsi que le président de conseil départemental se battent au quotidien pour les intérêts de l’ile sur tous les fronts à Paris, même si « le combat n’est pas facile ».

Hassane Abdallah soulignait que Chirongui était la seule à avoir pris cette initiative parmi les 17 autres communes de l’île. « Nous disposons tous de droits, mais seules nos revendications respectives seront entendues et respectées ». Pour la maire, « la France présente un carnet de santé en très mauvais état. Ces débats constituent en soi un véritable
état des lieux de la nation, parce que cela fait plusieurs décennies que notre pays traverse une phase difficile pour ne pas dire chaotique ».

Parmi les thèmes forts, l’inscription scolaire des enfants d’origine étrangère, « les échanges furent très longs et animés. Les conditions de recevabilité de ces inscriptions, les critères d’inscriptions restent à revoir. »

Le sénateur Thani Mohamed relevait que « certaines décisions peuvent se prendre au niveau local, notamment la délocalisation des services publics : EDM, SMAE, SECU, CAF… les collectivités territoriales peuvent directement solliciter ces institutions privées dans l’optique de décentraliser leurs services, ce qui pourrait être bénéfique pour notre réseau routier qui reste en permanence encombré et embouteillé. Des fonds sont disponibles pour assurer les aides à domicile de nos seniors. On parle d’une belle enveloppe qui permettrait de soigner et d’assurer les conditions les meilleurs à nos ainés sans pour autant se déplacer vers les structures de services publics : hôpitaux et autres structures d’accueil. La création des entreprises peut bénéficier des aides territoriales : économie sociale et solidaire. »

D’autres points sont à rajouter aux contributions : La justice sociale, avec les réparations des injustices et des retards, le sport mahorais a besoin de soutien structurels et financiers avec l’améliorations des équipements sportifs, l’agriculture a besoin de plus de spécificité comme partout ailleurs, les subventions allouées ont du mal à être consommé du fait des contraintes, l’accompagnement de l’accession des logements très social, une action contre le veto des grandes surfaces mahoraises au détriments des petits commerçants sur les ventes de certains produits importables à Mayotte.

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