Adoption d’un plan de lutte contre les traversées de migrants trans-Manche

Les mesures qui viennent d’être prises par deux départements du nord de la France avec l’appui du ministère de l’Intérieur, ne sont pas sans rappeler les enjeux locaux entre Mayotte et les Comores.

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Christophe Castaner (Photo A.N.)

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est penché, avec son homologue britannique, sur le problème posé par les flux migratoires, en grande partie de ressortissants iraniens. Non pas vers la France, mais au départ de nos côtes, du Nord, notamment, et du Pas-de-Calais, pour rallier l’Angleterre en traversant la Manche.

De 12 tentatives de traversée irrégulières en 2017, on est passé à 71 en 2018, nous explique le ministère de l’Intérieur, dont 57 sur les seuls mois de novembre et décembre. Il est évoqué des « embarcations de fortune », qui mettent en « péril la vie des migrants ». De quoi nous rappeler l’actualité quotidienne à Mayotte. Même si l’importance de trafic maritime dans le détroit de la Manche aggrave considérablement le danger.

Un plan d’action zonal appuyé par le gouvernement a ainsi été déployé par les préfets des deux départements concernés, autour de 5 axes. On y retrouve quelques similitudes avec les moyens mis en œuvre à Mayotte, comme la coordination entre les services et les moyens à terre et les moyens d’actions en mer, le renforcement de la lutte contre les filières de passeurs. A ceci prés qu’est mise en place une surveillance 24h/24 des espaces maritimes dans le Nord, et un renforcement de la surveillance et de la sécurisation des plages et des lieux potentiels de mise à l’eau en dehors des ports (renforcement des patrouilles). Qui aurait son pendant avec une surveillance des lieux d’accostage des barques à Mayotte.

L’enjeu: une coopération active entre Etats

Le port de Moroni (Grande Comore)

Un plan qui doit « permettre de mettre fin à ces traversées de la Manche par des migrants qui sont non seulement illégales mais par ailleurs extrêmement dangereuses », déclarait le ministre Christophe Castaner, mais qui n’est rendu possible que par une « coopération accrue » entre la France et le Royaume Uni.

Plus difficile à mettre en place avec le président des Comores, Azali Assoumani, et que tente d’initier le futur accord franco-comorien que l’on attendait en fin d’année. Il ne fait pas que des convaincus, à l’image de la journaliste Estelle Youssouffa qui, dans une tribune sur Médiapart demande à voir, notamment au moyen d’un référendum auprès de la population mahoraise, arguant d’un possible marchandage autour des réserves de gaz dans la région. Une interrogation posée également par la délégation de la commission des lois de l’Assemblée nationale qui s’était rendue en Union des Comores il y a quelques semaines.

L’ébauche du futur document cadre franco-comorien, rédigée le 6 novembre 2018 par les ministres des Affaires étrangères Le Drian et Souef, a au moins le mérite d’être un premier pas vers un effort de nos voisins sur le « contrôle des mouvements de population non-maîtrisés », en contrepartie selon la délégation de députés de la commission des lois, d’une réelle coopération régionale, puisqu’il est évoqué un accompagnement de 150 millions d’euros sur 3 ans dans le secteur de la santé.

A.P-L.

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