Deux fiers coursiers tout neuf pour intercepter les kwassas

Test de vitesse réussi pour les « Mtontso » et « Mwamba » qui avaient embarqué préfet, élus et journalistes pour acter officiellement la réception des deux intercepteurs attendus de longue date.

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Les deux semi-rigides livrés en décembre seront suivis par deux autres intercepteurs

Aussitôt sur l’eau, aussitôt en action : les deux semi-rigides de la Police aux Frontières et de la gendarmerie maritime avaient déjà intercepté des kwassas, « dont l’un dans la nuit de jeudi à vendredi, avec à bord 520kg de cigarette, 420kg de bangué, 4 chèvres et 2 zébus », énumère Julien Kerdoncuf, sous préfet en charge de la LIC, la Lutte contre l’Immigration Clandestine.

Les deux Zodiac annoncés en octobre par le Plan avenir pour Mayotte, avaient embarqué les journalistes, le préfet, ainsi que Sidi Mohamed, conseiller départemental chargé des Affaires européennes, et Saïd Omar Oili, président de l’association des maires, « l’investissement de 300.000 euros par bateau a été facilité par l’annulation de l’octroi de mer de la part du conseil départemental et des communes », explique le préfet Dominique Sorain.

Des « sonnettes » pour les « kwasses »

Test de vitesse à moins de 40 nds pour lequel le préfet Dominique Sorain, le colonel Leclercq et le gendarme Grivel, se sont cramponnés

Doté chacun de deux moteurs de 350cv, ils peuvent monter la vitesse jusqu’à 43 nœuds, enfin c’est ce qui est officiellement affiché. Les kwassas eux sont équipés de moteurs de 15 à 40cv. Destinés à la lutte contre l’immigration clandestine sous l’autorité de la Marine nationale après détection d’échos radar, Mtontso, « espadon», et Mwamba, « ceinture de corail » montent à 6 le nombre d’intercepteurs en plus des deux vedettes de 22m de la gendarmerie, le Verdon et l’Odet, qui possèdent des zodiacs légers embarqués pour les interceptions. « Ils ne sortent pas tous ensemble, les vedettes patrouillent chacune leur tour, et si les échos radar se multipliaient, 3 intercepteurs peuvent être rapidement mobilisés. C’était d’ailleurs le cas la nuit dernière ».

Le travail se fait à terre en parallèle, « notamment pour détecter les ‘sonnettes’, ceux qui sont sur les plages, et qui veillent sur la bonne arrivée des kwasses », explique Julien Kedoncuf. Car lui comme le colonel de gendarmerie Philippe Leclercq prononcent « kwasses », ces embarcations transportant les candidats au départ depuis Anjouan. La diplomatie s’active autour d’un accord de surveillance depuis les côtes par les autorités de l’île proche de 70km, et une coopération sanitaire se met en place, notamment sur les dialyses.

VIP en kwassas et en Zodiac

Des boudins protégés pour ralentir l’effet nocif de la lune

Toutes les semaines, sont menées des opérations visant l’îlot Mtsamboro, où débarquent de nombreux kwassas. « Nous ne constatons pas de diminution du nombre d’arrivées, mais par contre, ils sont beaucoup moins par kwassas. Ceux de 40 personnes sont très rares, ce sont plutôt des kwassas VIP, avec des frais de passage plus élevés, ou des kwassas sanitaires. »

Une fois interceptées, les barques sont détruites, « et une partie des moteurs envoyée en Afrique. »

Après une petite ballade vers Longoni, les passagers VIP des deux nouveaux Zodiac ont eu droit à une démonstration de vitesse max, cramponnés et calés dans le fond du bateau, et c’est Mwamba de la PAF qui a gagné !

Une commande est déjà passée pour deux nouveaux intercepteurs en 2019, annonce le préfet.

Le Mwamba en pleine accélération

Anne Perzo-Lafond

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