24.9 C
Dzaoudzi
lundi 29 novembre 2021
AccueiljusticeA la prison de Majicavo, des situations "qu'on n'accepterait pas en métropole"

A la prison de Majicavo, des situations "qu'on n'accepterait pas en métropole"

Tout récent, le centre pénitentiaire de Majicavo inauguré en 2014 est déjà trop petit selon le syndicat FO pénitentiaire qui reçoit ce week-end son secrétaire national. Le personnel dénonce un manque de personnel et la surpopulation carcérale, notamment dans le quartier des mineurs.

Après un passage à La Réunion où il a visité les trois sites pénitentiaires,Emmanuel Baudin, secrétaire national du syndicat FO Pénitentiaire est arrivé à Mayotte. Une visite qui aurait dû avoir lieu en début d’année mais qui avait été reportée en raison du mouvement social national dans la profession en janvier, suite à l’agression de plusieurs surveillants. Pour le syndicaliste qui a donc repris son tour des outre-mer, c’est l’occasion de rappeler les “4500 agressions physiques envers le personnel pénitentiaire chaque année” qui sont “devenues le quotidien des surveillants”.

A Mayotte, et en outre-mer en général, il constate un certain “respect de l’uniforme” qui subsiste. “En outre-mer, c’est encore le surveillant qui tient la prison, en métropole ce n’est plus le cas” accuse-t-il. Mais ce respect de l’uniforme est chancelant. “Ici c’est en train de décliner avec la nouvelle génération, déplore un surveillant. On a des jeunes qui ont été abandonnés, qui n’ont pas de cadre, c’est un nouveau profil qui se retrouve ici. On a encore une frange de détenus qui respecte, mais ça ne va pas durer” présage-t-il.
D’autant que d’autres phénomènes nouveaux viennent changer le paradigme local. L’arrivée de la chimique dans les prisons rend plus difficile la surveillance des détenus. “Certains arrivent à la promenade comme des zombies, c’est un phénomène de plus en plus important”.

La promiscuité inquiète aussi ces personnels qui voient des situations “qu’on n’accepterait pas en métropole”, comme le doublement des cellules de mineurs. Le quartier des mineurs de Majicavo compte 20 places, mais une trentaine de détenus. Certains sont donc à deux par cellule, une exception française. “Vous imaginez deux mineurs dans une cellule, la nuit il peut arriver n’importe quoi, alerte le secrétaire national”.

Un établissement “sous-dimensionné” à Mayotte

Emmanuel Baudin a visité la prison de Majicavo

Autre difficulté, la judiciarisation des pathologies mentales. “Au niveau national, on supprime des lits en hôpital psychiatrique, alors on les retrouve chez nous” poursuit-il.
Mayotte, qui ne dispose d’aucune structure adaptée pour les malades dangereux, est particulièrement exposée. “On reçoit beaucoup de jeunes qui sont à côté de la plaque et qui cassent tout, reprend le gardien mahorais. Il y a quelques semaines on a réceptionné celui qui a tué son frère, ça a été très difficile les premiers jours. Et ce n’est pas le seul, ils sont en détention classique, ce n’est pas un régime adapté du tout”.

Emmanuel Baudin dénonce pour l’outre-mer un secteur pénitentiaire “laissé pour compte” et pour Mayotte un établissement “sous-dimensionné” dans lequel le personnel se plaint de matériel défectueux, de portes qui tombent en panne quand il pleut…

Outre des revendications salariales, la priorité pour tous, c’est la construction de nouvelles cellules. “Il y a de plus en plus de peines alternatives et de bracelets électroniques posés, note un autre gardien, mais pas assez de places. La population de Mayotte va augmenter donc il faut aussi augmenter la capacité de l’établissement, et le nombre d’agents.
En septembre et octobre, deux promotions de nouveaux surveillants ont été recrutées. Sur 1700 agents, 500 sont des Mahorais. Une “volonté du gouvernement” de recruter dans notre département, mais qui a une conséquence. Ces recrues savent d’ors et déjà qu’elles ne pourront pas toutes revenir à Mayotte, et la profession qui recrute au SMIC est confrontée à un fort taux de démission dès la première année de travail.

Y.D.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

MAIRIE DE BANDRABOUA

0
Directive 2014/25/UE SECTION I : POUVOIR ADJUDICATEUR I.1) NOM ET ADRESSES Mairie de Bandraboua, BP48 - 238, rue de l’Hôtel de Ville , 97650, Bandraboua, Courriel : soibirdine.hachime@mairie-bandraboua.fr,...

VILLE DE MAMOUDZOU (976)

+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours
Emmanuel Macron, Elysée, François Guillotou de Kerever, Mayotte

Les maires de Mayotte d’une seule voix à l’Elysée

0
« C’est par la répétition que nous obtiendrons des réponses ». Les maires de Mayotte étaient reçus le 19 novembre par le conseiller Outre-mer d’Emmanuel Macron. Avec un enjeu : maitriser les dossiers pour se faire entendre
Gérald Darmanin, immigration, Manche, Angleterre,Mayotte,

G. Darmanin déploie l’artillerie lourde sur les côtes de la Manche pour lutter contre...

0
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin annonce ce lundi des moyens supplémentaires pour les policiers et les gendarmes afin de « lutter contre l'immigration clandestine » sur les 130km de côtes les plus proches de l’Angleterre. Qui finance l’opération. De quoi faire rêver la PAF à Mayotte...

Violences sur mineurs : la parole se libère peu à peu malgré des pressions...

0
Le 32e anniversaire de la convention internationale des droits de l'enfant était l'occasion d'un colloque au CUFR. Le recteur et le procureur y ont exposé des chiffres glaçants, sans doute en deçà de la réalité. Les échanges ont aussi permis d'exposer des éléments culturels afin de faire tomber les barrières, et accélérer la dynamique de libération de la parole, à l'oeuvre depuis plusieurs mois.

L’ancienne maire de Chirongui condamnée pour diffamation

0
Dans un discours de campagne en juin dernier, Roukia Lahadji avait accusé le chef de la police municipale de Chirongui de violences ayant pour but d'intimider les électeurs. Ces propos ont été reconnus diffamatoires, mais la justice l'a blanchie du caractère racial de ces accusations, conduisant à une peine tout à fait symbolique à l'issue d'un procès teinté de politique.
Frédérique Vidal, Mayotte

Arrivée ce jeudi de la ministre de l’Enseignement supérieur à Mayotte

0
Frédérique Vidal sera à Mayotte ces jeudi 18 et vendredi 19 novembre 2021. Professeur des universités, la ministre nommée en mai 2017 sera accueillie par le recteur et chancelier des universités Gilles Halbout. Sa visite tournera autour du CUFR et des thèses de recherches sur les milieux marins et du volcan