Décrispation franco-comorienne… les dents serrées

Nous sommes dans une évolution favorable d'un assouplissement des tensions franco-comoriennes, mais avec encore un grand écart entre une parole qui ménage les susceptibilités, et les actions résolument engagées.

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Un des rond-points des 4 îles à Moroni (Grande Comore)

La photo qui illustre la « décrispation » annoncée par le quotidien de l’Etat Al-watwan, avec une poignée de main entre Emmanuel Macron et Azali Assoumani, a été prise à Noël, et on nous annonce une « normalisation des relations entre les Comores et la France depuis la rencontre du 23 août à Paris », c’est à dire depuis bientôt un mois.

Officiellement, l’avancée notable tient dans la visite en Union des Comores de l’Inspectrice de l’Inspection générale des Affaires sociales (IGAS) de la France, Dominique Voynet, spécialiste des questions de santé, et la seconde par le directeur Afrique de l’Agence française de développement (AFD).

Officieusement, on n’est pas loin d’avoir repris le niveau de reconduites d’avant la crise selon nos informations. Or, pour la partie comorienne, il ne s’agit pour l’instant que des départs volontaires autorisés depuis le 21 mars par la circulaire du charismatique ministre de l’Intérieur comorien, Mohamed El-Amine Souef. Nous sommes donc heureux d’apprendre qu’après des mois de places vides dans le Maria Galanta, 350 ressortissants comoriens sont d’un coup pris de désir de rentrer chez eux chaque semaine…

Des visas aux étudiants comoriens

La circulaire affichée à l’ambassade de France à Moroni en mai (Photo D.R.)

Et c’est bien en contrepartie de cette avancée que des visas ont été octroyés cette semaine, toujours selon Al-watwan, à plus d’une centaine d’étudiants comoriens « désirant poursuivre leur cursus universitaire en France », alors que depuis le 4 mai 2018, ils étaient suspendus par Paris.

On joue donc sur les mots pour une détente qui reste encore crispée, puisque de leur côté, les étudiants comoriens ayant suivi leurs études à Mayotte, ne peuvent toujours pas obtenir leurs papiers pour les poursuivre en métropole en raison du blocage du bureau des étrangers.

Des discussions se poursuivent « à New-York, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies », croit savoir Al-watwan. En marge, car l’ONU reste l’instance qui condamne régulièrement la présence de la France à Mayotte, et ne reconnaît donc pas la volonté de sa population. Une question qui, si elle n’est pas tranchée, laisse augurer de nouvelles crises à venir.

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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