Université rurale : L’agriculture deviendrait-elle « élément-terre » au Conseil départemental ?

Le Département de Mayotte prévoit d'organiser, en début décembre 2018, Une Université Rurale de l'Océan Indien (UROI). Une manifestation habituellement réunionnaise, mais de laquelle nous pourrions beaucoup apprendre.

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Jusqu’à présent, les politiques rurales du Département se portaient sur des petites actions, électrification, pistes, sans vision quant à l’avenir du monde agricole et de ce qui l’entoure. Peut-être que l’organisation de l’Université rurale de l’océan Indien (UROI) en décembre 2018 pourrait changer la donne.

C’est une initiative réunionnaise, de la Commune de Saint Joseph de La Réunion plus exactement, qui se veut une démarche d’éducation populaire, une « université hors les murs », une tribune d’échanges, d’informations et de formation au bénéfice des habitants et des acteurs du monde rural. C’est aussi un outil d’animation du territoire, destiné à en valoriser les atouts et à mettre en lumière les initiatives locales. Plus globalement, ce sera un moment d’observation et de réflexion sur le développement rural durable. Le « rural », c’est tout ce qui concerne la vie dans les campagnes et les paysans.

L’UROI est organisée tous les deux ans par la ville de Saint Joseph et elle a pour but ultime de favoriser les échanges autour des problématiques partagées par les territoires de l’Océan Indien. il s’agit, notamment, de favoriser le partage d’expériences, des savoirs et le développement de projets fédérateurs : « C’est un engagement institutionnel, politique, conduit par la Région », indique Al Ramalingom, Directeur de la culture et de la ruralité à la mairie de Saint-Joseph (La Réunion), qui était à Mayotte ce vendredi 8 juin pour lancer le premier comité de pilotage.

La modernité du rural

Al Ramalingom, au centre, faisait part de son expérience

Car dans le cadre de la 6ème édition, Issa Issa Abdou, 4ème Vice-Président du Conseil Départemental de Mayotte, a proposé d’organiser une université rurale à Mayotte en 2018. L’événement sera donc organisé par le Conseil Départemental en collaboration avec les villes de Bandrélé, de Bouéni et la ville de Saint Joseph, le 4,5 et 6 décembre 2018.

« Il s’agit d’une plateforme de concertation et non pas d’une structure, il n’y aura pas de statuts par exemple, mais nous travaillerons pendant trois jours avec nos partenaires sur l’avenir du secteur rural », précise Abdou Moustoifa, Directeur adjoint des Ressources Terrestres et Maritimes au conseil départemental qui porte le projet pour Mayotte et anime ce premier comité de pilotage.

Issa Abdou explique au JDM ses motivations: « J’avais été invité à la 5ème édition à La Réunion, et j’avais trouvé ça incroyable d’inventivités et d’échanges. Etant donné que les Mahorais ont toujours vécu de l’agriculture, j’ai souhaité que le Département organise cet évènement cette année. Nous sommes à un niveau indo-océanique avec la présence de Maurice, Rodrigues, Madagascar, et La Réunion, c’est donc une véritable vitrine pour vanter nos atouts. »

Trois thématiques ont été retenues : « Un développement endogène et maitrisé », dont une intervention sur « l’agriculture ‘élément-terre’ et culturelle à Mayotte », « L’innovation rurale mahoraise, entre tradition et modernité », et « L’avenir de la ruralité à Mayotte ». IL y a aura 5 autres comité de pilotage, « un par mois », glisse Issa Abdou.

Le Réunionnais Al Ramalingom ne veut pas se poser en expert, « nous en avons eu plein nous aussi à La Réunion », mais en témoin, « pour partager notre expérience, nos réussites et nos erreurs. Mais nous avons fait de gros progrès. »

Différents acteurs du monde agricole étaient présents, notamment le président de la CAPAM, la Chambre d’Agriculture, de la Pêche et de l’Aquaculture, la chargée des fonds européens au Département, la représentante du réseau RITA (Réseaux d’Innovation et de Transfert Agricole), la DAAF…

A l’issue des travaux de l’UROI, des résolutions qui engagent les partenaires sont adoptées.

« En ces temps de mondialisation, nous perdons parfois nos repères, il faut alors revenir à l’essentiel, notre terre nourricière », concluait Al Ramalingom.

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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