Stats des fonds européens : Mayotte s’affiche en tête des DOM, d’autres font grise mine

Le tableau comparatif des programmations d’investissement des 5 DOM fin 2017 met en évidence la bonne consommation des fonds européens à Mayotte pour la période 2014-2020. La Martinique est en queue de peloton.

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Dans un article, le site Martinique la Première évoque les dernières données chiffrées, « un tableau pour Guadeloupe, Guyane, Martinique, Réunion et Mayotte. Les données sont claires. Mayotte est en tête ».

Il s’agit de programmation, c’est à dire que les projets ont été identifiés et budgétisés, mais pas encore réalisés. Lors du lancement du « Joli mois de l’Europe », le SGAR de Mayotte, Pierre Papadopoulos, l’avait répété, « nous sommes bons dans l’utilisation de ces fonds, excepté pour le FSE ». Le Fonds social européen qui devrait être surconsommé, pâtit du manque de projection du Département sur la formation professionnelle notamment.

D’une voix de plus en plus lasse avec les mois qui passent, le SGAR avait appelé à arrêter de dénigrer la soi-disant mauvaise utilisation des fonds à Mayotte « qui sont le fait de personne qui ne doivent rien avoir d’autre à faire ! » Depuis, les tableaux comparatifs de programmation des fonds sur la période 2014-2020 ont été diffusés, bloquant les compteurs au 30 décembre 2017. (Lire fonds_europeen-751415)

Ne pas faire de « Mayotte bashing »

Pierre Papadopoulos lors de l’inauguration du “Joli mois de l’Europe”

Mayotte est donc en tête, avec 42,4% de taux de programmation, suivie par La Réunion, 40,3%, la Guyane 39,1%, la Guadeloupe/Saint Martin 35%, et la Martinique en queue de peloton avec 29,4%

Face aux critiques qui pointaient aux Antilles, la Collectivité Territoriale de Martinique se voulait rassurante, et appelait à arrêter de faire du « Martinique bashing ». Mais les données sorties depuis inquiètent sur cette île des Antilles, où on craint un « dégagement d’office ». C’est à dire un retour d’une partie du budget à l’envoyeur, Bruxelles, en cas de mauvaise consommation.

Alors s’il faut se garder nous aussi de faire du « Mayotte bashing », réjouissons nous, tout en émettant quelques remarques. Soulignons d’abord que les sommes engagées ne sont pas les mêmes, et les besoins non plus. L’enveloppe mahoraise sur les 3 fonds FEDER, FSE, IEJ, se monte à moins de 220 millions d’euros, là où elle atteint 655 millions en Martinique, trois fois plus, et même 1,6 milliard d’euros à La Réunion qui fait pour l’occasion figure de très bon élève.

L’IEJ tire la tendance vers le haut

Une des actions de l’IEJ, menée par le centre de formation Aloalo

Et nos besoins nécessiteraient une enveloppe bien supérieure, et dans des domaines structurants. Ensuite, c’est le fonds IEJ, Initiative Emploi des Jeunes, qui tire la tendance vers le haut. Consommé quasiment immédiatement à plus de 100% par des grosses structures à financement Etat habituellement, comme le BSMA, ou par des associations rodées.

Enfin, la consommation se fait intégralement sous l’autorité de gestion qu’est l’Etat à Mayotte. Il serait bon qu’alors que le conseil départemental doit reprendre le flambeau lors de la prochaine enveloppe européenne en 2021, un passage de témoin se fasse progressivement.

Là où il faut se congratuler en revanche, c’est qu’il s’agit d’une première programmation pour notre jeune RUP, et se retrouver en tête des programmations dans cette condition, c’est encourageant. Et doit demander à inciter à demander davantage, en enlevant l’épine FSE de notre pied pour de probables dégagements d’office, pour la transformer en projet productifs dans le domaine en tension qu’est le social.

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com