Appel du député Kamardine à suspendre la délivrance de visas aux Comoriens, et autres réactions

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Mansour Kamardine
Le Gombessa, de la SGTM
Le Gombessa,a du faire demi-tour mercredi soir

Difficile pour l’Etat comorien de faire mieux : en stoppant, comme il l’a déjà fait par le passé, tout accueil de reconduites à la frontière dans un contexte de chiffres exceptionnels de reconduites, il savait qu’il allait mettre le doigt où ça fait immédiatement mal ! Et il apporte de l’eau au moulin de la population sur l’inefficacité de la politique de la France.

Les difficultés engendrées par le retour à l’envoyeur de cette petite centaine de migrants à Mayotte, a lancé un branle bas de combat préfectoral pour trouver des lieux de rétention où les accueillir. Ce qui donne une petite idée maintenant au gouvernement de la densification de la population sur les 374km2 de l’île qu’induisent les arrivées quotidiennes de kwassas. Un blocus comorien qui va stopper momentanément les opérations de lutte contre l’immigration clandestine à Mayotte.

« L’Etat français a fait preuve d’amateurisme inacceptable ! », s’écrie Issihaka Abdillah, ex-conseiller départemental de Bandraboua, « Cette position comorienne était visiblement grosse comme un éléphant mais aussi prévisible. Malheureusement, les mahorais vont une énième fois avoir raison de ne plus croire en la parole donnée. Il a suffi d’un rien pour enrayer la machine gouvernementale en matière de lutte supposée contre l’insécurité et l’immigration clandestine. Affligeant ! Démonstration est fait que Mayotte et la France ont le même drapeau depuis 1841 mais n’ont pas le même destin. »

« La France à genou »

Le Centre de rétention administrative
Le Centre de rétention administrative

Le député Mansour Kamardine invite à une riposte immédiate : « J’appelle le Gouvernement français à bloquer immédiatement toute délivrance de visa et de titre de séjour, à tout ressortissant comorien, dans les ambassades de France à l’étranger et dans les préfectures en France. » C’est la mesure qui avait été prise lors de la dernière crise entre les deux pays, « la suspension en 48h de la délivrance de visa au départ de Moroni », rappelle-t-il.

Sa demande de fermeté s’inscrit aussi dans la crainte qu’ « une réponse trop faible de notre diplomatie » ne ravive « les fortes tension que traverse Mayotte ».

La réaction des leaders de la mobilisation lui donne raison : « L’Etat comorien met une nouvelle fois à genoux la France ! », accuse leur communiqué. « En moins d’une semaine, les engagements de la ministre des outre-mer ont atteint leur limite. L’intersyndicale et le collectif ont toujours estimé que les mesures de la Ministre des Outre-mer n’avaient pas suffisamment pris en compte la complexité de la situation de Mayotte. »

En plus des plans de rattrapages, les manifestants demandent « une résolution rapide et définitive du contentieux diplomatique entre la France et les Comores sur le cas de Mayotte. »

En outre, ils lancent un appel à la population de redoubler leur vigilance, de se positionner sur les barrages et de se préparer à une action imminente sur Mamoudzou.

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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