Plus de 1000 personnes à la manifestation intersyndicale

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Plusieurs milliers de personnes ont manifesté contre la violence le 20 février dernier
Plus de 1000 manifestants selon la police.
Plus de 1000 manifestants selon la police.

C’est sans conteste la plus grosse manifestation à Mayotte depuis celle du 25 septembre qui avait réuni plus de 3000 personnes. Ce mardi matin, ils étaient un bon millier réunis place de la République, avant de se déplacer en imposant cortège vers la préfecture, le CHM et retour vers la place.
Le rassemblement a commencé timidement. Vers 8h30, seuls une 40aine de manifestants étaient réunis place de la République. Autant devant le Vice-Rectorat, où les enseignants sont arrivés peu à peu pour atteindre 70 manifestants à 9h30. Ces derniers, principalement des syndicalistes de la CGT Educ’Action, F0 et de Sud Solidaire, ont tenu à ce rassemblement devant le vice-rectorat pour souligner leurs revendications spécifiques. “D’abord il y a le contexte  de l’école à Mayotte, avec une dégradation depuis des années des conditions d’accueil des élèves et une explosion des faits de violence, explique le CGTiste Quentin Sedes. On dit stop, on ne peut pas continuer comme cela. Pas mal d’établissements ont été en droit de retrait, on réclame leur sécurisation, et un véritable plan de constructions scolaires avec des moyens pédagogiques, matériels et humains. Il manque de tout, conclut-il. Sous la bannière Sud Solidaire, Pierre Léger explique que la mobilisation “est partie des violences à Kahani” mais que le mouvement est “une grève interprofessionnelle, on rejoint les autres en bas avec des revendications sur la violence, les moyens, le personnel.”

Les profs de Kahani, toujours en droit de retrait, ont défilé sans banderole syndicale.
Les profs de Kahani, toujours en droit de retrait, ont défilé avec l’intersyndicale.

Alors que sur la Place de la République, quelque 300 personnes étaient déjà réunies en musique, les 70 profs se sont mis en route, haut parleur à la main. L’occasion de faire entendre des slogans recyclables comme “Des moyens pour l’éducation, pas pour les nantis et les patrons”, et d’autres plus d’actualité tels que “Avant de faire vos jeux olympiques, y’a notre école, dans un état critique”.
Le temps d’arriver place de la République, vers 10 heures, quelque 900 personnes s’y trouvaient déjà, pour atteindre un peu plus de 1000. Ce, en partie grâce aux transporteurs scolaires qui ont amené du monde de toute l’île. “On a voulu inclure les forces vives de l’île car on est en train de tuer l’avenir de nos enfants, explique Safina, porte-parole du Collectif des associations, qui avait appelé à venir grossir les rangs de l’intersyndicale. C’est suite à cet appel que les transporteurs ont pris contact avec le Collectif. “Ils sont venus nous voir car ils n’ont pas reçu de solution aux caillassages de bus. Or, il nous fallait des moyens pour amener du monde à Mamoudzou.” Dénonçant les “classes surchargées”, les “professeurs et élèves qui ne sont plus à l’abri dans les écoles”, le Collectif souhaitait ainsi “réveiller les consciences” avant “une guerre communautaire”.
Une menace communautaire qui avait amené les autorités à quelques précautions. Le centre Jacaranda avait été fermé le temps que le cortège passe. Du côté de la préfecture aussi, le service des étrangers était sous étroite protection policière, tandis que les usagers étaient confinés à l’intérieur.

La police voudrait une offre BOPS moins limitée

Cordon de police et gendarmerie devant la préfecture.
Cordon de police et gendarmerie devant la préfecture.

Ce désir de sécurité, c’était aussi une revendication des syndicats policiers, qui réclament les moyens d’agir. Thierry Lizola, délégué Alliance-CFE-CGC a “suivi l’appel à la mobilisation”. Il entend les revendications des autres manifestants. “Quand on me dit qu’il faut plus de sécurité près des établissements scolaires, je réponds qu’on est  déjà au maximum de notre capacité. On demande donc un apport technique pour moderniser la police nationale à Mayotte. Il faut du matériel adapté à la réalité du terrain et à la radicalisation de la violence.”
Parmi les moyens techniques qu’il réclame figurent : des véhicules grillagés “pour ne plus avoir à reculer quand on nous caillasse”, un transport de troupes anti-émeutes pour les mêmes raisons, mais aussi un un véhicule technique et scientifique, laboratoire mobile pour les enquêtes. “Tous les département en ont un sauf Mayotte.” Enfin, un véhicule de restauration pour pouvoir approvisionner les policiers en poste pendant plusieurs heures.
Mais les besoins sont aussi humains. Thierry Lizola évoque notamment la BOPS, brigade d’ordre public et de soutien. “C’est elle qui sécurise les établissements et transports scolaires, les manifestations et le maintien de l’ordre, elle est au centre de toutes nos opérations. Cette brigade corvéable à merci est épuisée. Alors qu’elle compte aujourd’hui une trentaine de policiers, il en faudrait le double. Il faudrait aussi 10 officiers de police judiciaire supplémentaires. Dont cinq consacrés à la lutte contre les stupéfiants. Car la délinquance gratuite vient aussi de là. Or, on ne peut pas remonter les filières faute d’une brigade de stups digne de ce nom.”

Des slogans qui reflètent le désarroi de la population
Des slogans qui reflètent le désarroi de la population

Y.D.

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