Record de financements en 2017, l’AFD joue enfin son rôle de moteur de l’économie

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Yves Rajat, le nouveau directeur de l'AFD Mayotte
Yves Rajat, le nouveau directeur de l’AFD Mayotte

Yves Rajat est arrivé en septembre à la tête de l’Agence Française de Développement (AFD), et il en révolutionne déjà l’action. Un chiffre permet de saisir l’importance que prend l’Agence dans le financement des collectivités, mais aussi du secteur privé : celui des 31 concours financiers en 2017, « signés en grande partie depuis septembre », souligne-t-il, soit le mois de son arrivée, « un chiffre record depuis 5 ans. Et qui égale même l’ensemble des prêts sur les 5 précédentes années. » Pas mal pour un petit fils de paysan Auvergnat…

Nous avons souvent reproché dans ces colonnes à l’AFD de fonctionner comme une banque, et de ne prêter qu’aux riches, quand les collectivités avaient besoin de soutien et de préfinancement pour accéder aux fonds européens. Il faut dire que la situation financière générale des communes n’était pas favorable, dont la majorité voyait leur budget réglé par la Chambre régionale des comptes. « Elles ne sont plus que 5 ou 6 à l’être ».

Yves Rajat arrive donc à une période charnière où les 17 communes de l’île ont une fiscalité propre, et qu’elles bénéficient depuis 2 ans des recettes des taxes foncières, et se partageront dans deux ans, les 25 millions d’euros de leur part d’octroi de mer. Toutes ne sont pas logées à la même enseigne, certains déficits étaient compliqués à absorber, on l’a vu avec Acoua, cette dernière ayant pu bénéficier de son premier prêt AFD ce jeudi, à l’image de ses sœurs de Bandrélé, de Chirongui, de Sada, de l’Interco de Petite Terre, du SIDEVAM 976, gestionnaire des déchets, et du SDIS pour la réhabilitation de la caserne de pompiers de Petite Terre.

Retards sur les actions de préfinancement

La signature du prêt avec le maire d'Acoua
La signature du prêt avec le maire d’Acoua

« Nous participons également fortement à la réalisation du plan Urgence du Syndicat des eaux, avec 13 préfinancements, et une prestation d’assistance technique pour renforcer sa capacité de financement pluriannuel  », un signal fort pour le Sieam qui ne se portait pas au mieux jusqu’à présent. Un prêt de 3 millions d’euros a été octroyé à l’Adie pour l’implantation d’une antenne à Chirongui.

Le signe le plus encourageant du côté des communes, c’est un changement de vision, avec des plans d’investissement qui voient le jour, « il y a des frémissements au niveau de l’élaboration des projets à long terme ».

Et du côté de l’AFD, c’est enfin une participation au préfinancement », nous ne l’avions pas fait jusqu’à présent », reconnaît Yves Rajat. Pour mémoire, pour accéder à un investissement européen, rappelons que le demandeur doit en préfinancer une partie, et que les collectivités sans épargne, n’y parvenaient pas. « En développement le préfinancement, nous allons être impactant sur beaucoup de collectivités », car c’est ce qui explique en partie les retards pris dans la consommation des fonds européens.

Des fonds pour la coopération régionale

Des millions pour le SIEAM, grâce à l'AFD
Signature par la ministre des Outremer des millions pour le SIEAM grâce à l’AFD

Le secteur privé n’est pas oublié puisque en tant que représentante de la Banque Publique d’Investissement, l’AFD a proposé 51 prêts et crédits en 2017, à hauteur de 15,5 millions d’euros à destination des très petites entreprises, « et nous avons apporté 1,6 millions d’euros de garantie pour l’habitat social ».

D’autres prestations sont à l’actif de l’Agence, comme la formation de l’ARS au titre de financement d’établissements publics, ou l’aide à la stratégie de l’Etablissement public Foncier et d’Aménagement.

La volonté de la commune d’Acoua d’échanger avec la région de Sava à Madagascar n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd, « cela entre dans notre Ficol, la Facilité de financement des collectivités territoriales françaises qui permet de financer directement des projets, qui sont initiés, puis mis en œuvre par les collectivités territoriales françaises. » Des fonds qui oscillent entre 200.000 et 700.000 euros.

Outre le renforcement de l’accompagnement des collectivités et des petites entreprises, l’avenir de l’AFD se conjugue à un temps national, « avec deux objectifs, l’environnement, avec le renforcement des capacités des associations œuvrant dans sa protection en réponse à l’Accord de Paris, et la Cohésion sociale, en appuyant les associations du secteur. »

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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