Faut-il mettre un gendarme dans chaque bus scolaire ?

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Gendarmes mobiles à bord des bus
Le colonel Leclercq, Ali Siaka et Didier Cauret, satisfaits de cette première opération
Le colonel Leclercq, Ali Siaka et Didier Cauret, satisfaits de cette première opération

Nous avons choisi ce titre comme un écho à ceux qui fleurissent sur les médias métropolitains, « faut-il placer un policier dans chaque école ? » Triste de voir qu’avec les évènements au lycée de Kahani, Mayotte aura à ce point rejoint l’actualité nationale dans ce domaine, il n’y a qu’à voir à quoi surveillants, enseignants et élèves en sont réduits au lycée professionnel Gallieni de Toulouse, pour espérer malgré tout qu’on en arrive jamais à ce point d’épreuves de survie quotidienne.

Donc à la question de la présence des forces de l’ordre dans les bus, la gendarmerie aura répondu présente à l’appel des transporteurs scolaires, qui le demandaient dans le protocole de fin de conflit. « Il s’agit de leur sécurité, mais aussi de protéger le matériel car les dommages causés aux véhicules posent des problèmes de survie financière aux petits transporteurs », expliquait aux médias le colonel Philippe Leclercq, Commandant de la gendarmerie de Mayotte.

Les gendarmes font la sortie des cours

Assurer la tranquillité
Assurer la tranquillité

Il s’agissait d’un premier test au collège de Koungou et ses 1.856 élèves, « un des plus gros de France avec Doujani », nous glissait sa principale Sophie Bourdin. Deux gendarmes mobiles vont embarquer à bord de bus sur des lignes repérées comme à risque, et à des horaires bien précis, « généralement la sortie des cours, et particulièrement le vendredi, précisait Philippe Leclercq, un de nos véhicules pourra les suivre à distance ». Il s’agira d’opérations aléatoires, « pas question que les élèves à problème repèrent les horaires de passage », et co-organisées avec le vice-rectorat et les transporteurs scolaires.

Pas de durée limitée à cette opération pour le colonel, « nous mobiliserons autant d’effectifs que la situation le demandera ». C’est d’ailleurs ce qui s’est produit sur les points chauds qu’ont été les établissements de la Cité du Nord et Tsararano, et qu’est toujours Kahani, « pour lesquels nous avons mené 487 actions ».

Dix bus endommagés dans un mois

Dernières mises au point entre les coordinateurs de l'opération
Dernières mises au point entre les coordinateurs de l’opération

Le directeur de cabinet de la vice-recteur, Didier Cauret, évoque « un effort sans précédent pour la sécurité des élèves », quand Jonathan Morel, Responsable d’exploitation chez le transporteur Matis se félicite d’un « début de confiance retrouvée chez les conducteurs », une action qui devenait urgente, « ce jeudi, un bus a de nouveau été caillassé à Doujani. Il arrive que nous ayons à déplorer 10 bus endommagés par mois. »

Ali Siaka, agent de Matis, et UD FO transports et logistique, co-producteur du protocole d’accord, se réjouit de cette première au collège de Koungou, « qui va en appeler d’autres », et des 50 futurs CDD de médiateurs du conseil départemental « débloqués en mars ». La société s’organise de son côté, « nous montons une équipe mobile en interne, qui sera chargée d’intervenir rapidement sur un lieu donné à la demande des conducteurs ».

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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