Un Mahorais condamné à 18 ans de réclusion pour meurtre à La Réunion

0
285
Me Morel

Me Jean-Jacques Morel assurait la défense du Mahorais (archives)
Me Jean-Jacques Morel assurait la défense du Mahorais (archives)

Que s’est-il passé ce trois octobre 2015 à la Plaine Saint-Paul à La Réunion ?
Ce jour-là, René-Paul Tatel, 55 ans, est mort. Tué à coups de barre de fer. Son voisin, Amada Bacar Assani, un Mahorais de 31 ans, vient d’être condamné à 18 ans de réclusion criminelle pour meurtre.
Les faits se sont déroulés en début de matinée, vers 6h du matin. L’accusé rentre alors de soirée, fortement alcoolisé -en témoignent les quelque 3g d’alcool qu’il avait encore dans le sang quand il a été arrêté-. Il gare sa voiture devant le portail de son voisin, René-Paul Tatel, qui sort de chez lui. Le ton monte. Les deux ne s’entendent déjà pas. Pour la famille de l’accusé, il y avait « un terreau raciste ». Pour la partie civile, « il y avait eu d’autres locataires comoriens et tout se passait bien ».
Reste que suite à un échange houleux, chacun rentre chez soi. Le quinquagénaire appelle les gendarmes, tandis que son voisin se saisit d’une barre de fer et revient à la charge. Les mots laissent place aux coups. Le Mahorais rentre chez lui avec une bosse sur le front. Il affirme s’être défendu contre son voisin, lequel n’avait pas d’arme. « Il m’a donné des coups, j’ai eu peur, j’ai répondu avec la barre de fer pour me défendre. »
« Un crime de la bêtise »
Le voisin lui, ne rentre pas chez lui. Il s’effondre au sol, le crâne défoncé, et décède quelques heures plus tard à l’hôpital.
« Je regrette beaucoup ce qui s’est passé, autant pour lui, autant pour moi. Je ne pensais pas que ça allait faire autant de dégâts » s’est défendu l’accusé, en détention provisoire depuis deux ans.
Des excuses qui exaspèrent l’avocat général qui rappelle la suite des faits, alors que la victime gisait au sol. « Il est facile de dire que vous êtes désolé, mais après, qu’avez vous fait ? Vous êtes allé vous recoucher. Vous allez juger quelqu’un qui, quand il a bu, devient un meurtrier » lance le représentant du ministère public à la Cour. Il requérait 25 ans de réclusion criminelle.
Pour l’avocat de la défense, il y avait « une volonté d’en découdre, mais pas de tuer. Il n’y a pas d’acharnement. C’est un crime de la bêtise ».
La Cour a finalement prononcé une peine de 18 ans de prison ferme, et 100 000€ de dommages et intérêts pour la famille de la victime.
Y.D. avec Le Quotidien de la Réunion et le JIR.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here