Bilan de 6 ans de présidence du CESEM, une aide à la gouvernance du Département

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Abdou Dahalani évoque les améliorations en matière de gouvernance au conseil départemental
Abdou Dahalani évoque les améliorations en matière de gouvernance au CD

Le CESEM peut être saisi avant le vote des rapports régissant la vie du Département pour émettre un avis consultatif. Il permet le plus souvent de recadrer ses écarts. Ce qui explique qu’il ne faisait pas toujours appel à lui il y a 6 ans : « L’amélioration des saisines est le fruit d’un travail avec les élus du Département. Avec un mieux espéré au niveau des délais, l’idéal étant de les recevoir 20 jours avant pour les étudier en commissions thématiques, puis en bureau avant notre assemblée plénière. »

Alors, le CESEM, une vraie force d’opposition du CD ? « Plutôt une vraie force de proposition. Notre priorité est de produire des avis de qualité, et nous nous sommes bien améliorés dans ce domaine. A la suite de nos critiques, certains élus départementaux ont retiré des rapports pour les examiner. »

Le « marronnier » du CESEM, c’est le vote annuel du budget primitif du Département, « qui n’est toujours pas conçu par thématique mais de manière globale. Si bien qu’il est impossible de constater avec clarté les effets de telle ou telle politique, sur la jeunesse par exemple ».

S’il ne veut pas totalement se livrer sur la gouvernance du conseil départemental, il déplore malgré tout une « interférence trop marquée entre le politique et l’administration, ce qui ne favorise pas la responsabilisation de nos cadres ».

Comme un chien dans un jeu de quilles

Remise de l'étude sur la coopération régionale au président Soibahadine
Remise de l’étude sur la coopération régionale au président Soibahadine

Son principal fait d’arme reste décidément l’amélioration de la qualité des avis produits au conseil départemental, « émanant d’un travail collectif de nos membres qui travaillent maintenant dans un espace de dialogue et de paix. Mais l’examen des dossiers se fait maintenant en concertation avec les services du conseil départemental. Nous invitons parfois un élu, ils sont réceptifs. »

Abdou Dahalani avait un objectif : aborder tous les dossiers stratégiques, pour ne pas dire sensibles de Mayotte. C’est dans ce cadre que 4 chantiers ont été lancés, dont deux sont encore en cours, « celui du désenclavement du territoire et celui des freins à l’agriculture ».

Celui qui porte sur l’échec scolaire a fait l’objet d’un excellente étude, « L’école de la République à Mayotte : une exigence d’égalité » (synthese-livre1-Cesem Ecole République), évoquant le contexte actuel en lien avec les données historiques, et a été repris lors d’un Séminaire conjoint avec les Archives départementales.

S’il n’a pas été utilisé à la hauteur de ce qu’il aurait mérité à Mayotte, à Paris, il a été lu et relu selon Abdou Dahalani, « il faut maintenant que les élus et les parents d’élèves se l’approprient, ainsi que le vice-rectorat dans le cadre de la révision de son Plan stratégique ».

Quant à la 4ème étude sur la coopération régionale, elle a été remise ce mercredi au président du conseil départemental.

Energie, eau… y voir clair

Aux côtés de son DG Nabilou Ali Bacar
Aux côtés de son DG Nabilou Ali Bacar

Peser sur les décisions politiques et sur l’avenir du département, c’est ce qu’aura réussi à faire Abdou Dahalani à travers son invitation du directeur régional de l’Agence régionale de Santé (ARS)  qui aura révélé les montants dérisoires des dépenses de santé à Mayotte, « des choses doivent remonter à la surface à l’issue des échanges avec les décideurs », se félicite Abdou Dahalani. Qui a aussi invité le directeur de Total, « pour évoquer avec lui la stratégie en énergie », celui de EDM, la vice-recteur, le directeur de l’aéroport, le patron d’Air Austral, etc. « Notre document sur l’eau interroge notamment sur la stratégie actuelle des acteurs ». (Lire DossierEau)

L’assemblée va être en stand-by jusqu’en février en raison d’un délai tardif de parution des directives nationales de renouvellement des CESE ultramarins. Le mois prochain, le préfet devra avoir constaté par arrêté la qualité des organismes qui vont siéger lors de la prochaine mandature. Ils désigneront leurs membres qui devront élire le futur président.

Se réjouissant de la qualité des élus siégeant au CESEM et de l’équipe conduite par son directeur Nabilou Ali Bacar, « et nous avons encore besoin de cadres A parmi nos membres », il ne nous quitte pas sans avoir évoqué la mémoire du syndicaliste Kamiloudine Djanfar, décédé en 2015 en cours de mandat.

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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