Vous avez du mal à payer vos factures ? EDM sort le chéquier !

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De nombreuses questions par les CCAS
De nombreuses questions des CCAS

L’aide financière pour les ménages en grande difficulté va considérablement changer de profil au 1er janvier 2018 : alors que jusqu’à présent elle se traduisait par une réduction de facture, c’est un chèque signé de métropole qui va arriver dans leurs boites aux lettres, le Chèque énergie, ce qui demandait quelques explications.

C’est ce que la direction d’Electricité de Mayotte (EDM) a fait ce vendredi matin, pas seulement auprès des médias, mais aussi et surtout devant les représentants des Centres communaux d’action sociale (CCAS), les Unités territoriales d’action sociale (UTAS) et le service social de la Caisse d’allocation Familiale. Ce sont eux qui sont en première ligne pour accompagner ce public.

Plusieurs différences entre l’ancien et le nouveau système d’aides. Outre qu’il s’agit maintenant d’un chèque et non plus d’une réduction appliquée sur la facture, il pourra être utilisé pour alléger les frais de la consommation électrique, et ce sera probablement majoritairement le cas, ou alors, pour financer des travaux de rénovation énergétique du logement.

Tout faire pour éviter la coupure

Fady Hajjar expliquait la politique d'accompagnement d'EDM
Fady Hajjar expliquait la politique d’accompagnement d’EDM

L’aide financière qui pouvait aller de 71 à 140 euros, voit sa fourchette s’élargir de 48 à 227 euros. Les clients ayant un contrat EDM pourront bénéficier des mêmes avantages, gratuité de mise en service, abattement de 80% sur la facture d’un déplacement en cas de coupure pour impayée, et non coupure pendant la période du 1er novembre au 31 mars, l’hiver en métropole, « mais qui correspond à la difficile saison des pluies et d’éventuels coups de vent chez nous », commente Fady Hajjar, directeur général de EDM.

L’opérateur qui se revendique « Entreprise citoyenne » est déjà très engagé sur l’accompagnement du public en difficulté, notamment à travers le Fonds de solidarité copiloté avec le Conseil départemental : « Nous ne coupons pas les lignes, mais préférons attendre que le dossier soit monté avec les organismes sociaux, tout en les accompagnant pour qu’ils bénéficient du Fonds de solidarité du conseil départemental. Et même si le dossier et refusé, nous poursuivons l’accompagnement, et les conseils pour réduire leur facture », explique Soyfoudine Abdou, Conseiller solidarité chez EDM.

Le nouveau dispositif est pensé pour « responsabiliser et rendre le client autonome dans l’utilisation de son Chèque énergie ». Mais qui va se heurter à ce que Moussa Mroudjaé, Chef de Pôle clientèle, nomme joliment des « points de vigilance », lié à un dispositif conçu par la métropole, qui va peu faire cas, de l’illettrisme, par exemple, qui touche ce public, ou des difficultés d’adressage.

Revente de l’électricité au noir…

Faouzia Cordjee appelait le directeur à réagir face aux abus
Faouzia Cordjee appelait le directeur à réagir face aux détournements

D’autre part, et ça commence à devenir un sport local à en croire les responsables de EDM, beaucoup de déclarants produisent des avis de non imposition et n’ont pas souscrit de contrat chez l’opérateur. Il s’agit là de détournement de lignes électriques, « cela prend des proportions très importantes », soulignait Fady Hajjar. Ce qui faisait rugir Faouzia Cordjee, qui s’était glissée dans le public : « Il y a même des élus qui interviennent pour qu’on ne coupe pas untel ou untel, et moi par contre, on ne me loupe pas quand j’ai un retard de paiement ! »

Des branchements illégaux qui mettent leurs auteurs en danger, rappelait Moussa Mroudjaé, qui expliquait que EDM avait saisi le procureur de la République sur cette question.

On note en effet que sur les 37.700 clients de EDM, hors entreprise, 4.544 bénéficiait du tarif de première nécessité. C’est à dire très peu si l’on compare aux 84% d’habitants réputés vivre sous le seuil de pauvreté. Le compte n’y est pas, et selon la direction, beaucoup de propriétaires pratiquent la rétrocession, c’est à dire la revente de l’électricité au noir, tout en déposant des dossiers pour un tarif de première nécessité, feuille de non imposition à l’appui.

Autre décalage, le numéro Vert qui ne fonctionne qu’aux horaires d’ouverture de la métropole… on envisage les difficultés aux Antilles.

Les CCAS, qui appelaient la SMAE à proposer un accompagnement similaire sur l’eau, sont donc chargés de porter la bonne nouvelle, mais pas forcément immédiatement, « des fois que des petits malins arrêtent de payer la facture jusqu’à l’arrivée du Chèque énergie », faisait remarquer l’une d’elle. Trop tard, les médias étaient là…

Anne Perzo-Lafond
Lejournaldemayotte.com

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