La réanimation pédiatrique : un service qui manque à Mayotte

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Le docteur Renaud Blondé, réanimateur pédiatrique
Le docteur Renaud Blondé, réanimateur pédiatrique
Le docteur Renaud Blondé, réanimateur pédiatrique

Pendant deux jours, médecins, infirmiers et autres personnels intéressés se penchent au CHM sur la réanimation pédiatrique. Un sujet délicat dans un établissement qui croule sous le nombre des naissances.
Malgré les besoins criants dans le 101e département, “Il n’y a pas de service de réanimation pédiatrique ici, sur l’île, explique le docteur Renaud Blondé, réanimateur pédiatrique affecté depuis  6 ans à Mayotte. Il y a un service de réanimation adulte, qui accueille les enfants qui ont besoin de réanimation.” Dans sa tâche, le Dr Blondé est assisté depuis deux ans d’un autre spécialiste, le Dr Samuel Vernaz, lui aussi dépendant du service de réanimation adulte.

“Les seuls services de réanimation pédiatrique de tout l’océan indien sont à la Réunion, il y en a un à Saint-Pierre et un à Saint-Denis, poursuit le Dr Blondé. Pour nous, il est indispensable de développer ça ici. En effet, des enfants dont le pronostic vital est engagé ne sont pas transportables. S’il faut les evassaner à la Réunion, il faut compter 8 heures de transfert. C’est une perte de chances pour eux.”
Du coup, les médecins qui font face aux cas les plus critiques sont contraints de “les stabiliser ici. Du coup ils n’ont plus besoin de réanimation”.

Faire de cette spécificité mahoraise un atout

Engagé il y a 6 ans pour développer la réanimation pédiatrique au CHM, le praticien va “demander à avoir l’agrément de réanimation pédiatrique. 30% des patients du service de réanimation adulte ont moins de 18 ans. On fait 200 enfants par an.  C’est un seuil légal.”
Il explique enfin que ces journées de rencontres “ont pour but de continuer à s’améliorer, au niveau infirmier et médical. Ce genre de petit congrès ne se fait pas à la Réunion, on est un moteur de la Réanimation pédiatrique dans l’Océan Indien. C’est un atout que les adultes et pédiatres travaillent ensemble ici.”

Une fois l’agrément obtenu, les deux services continueront à fonctionner de concert, et devraient pas être séparés comme dans les autres hôpitaux français “avant 10 ans, quand il y aura le nouvel hôpital”.

Y.D.

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