On parle de l’insécurité de Mayotte en conseil des ministres…

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Annick Girardin avec les policiers ce samedi 2 septembre
La ministre prend beaucoup de temps pour discuter avec les policiers
La ministre prend beaucoup de temps pour discuter avec les policiers

« Cela fait deux conseils des ministres que l’on parle de sécurité et d’immigration à Mayotte », confiera la ministre aux agents de la Police aux Frontières. C’est une unité spéciale qui lui était présenté au Commissariat de Police de Mamoudzou.

Surnommée la « Police basket » pour sa rapidité d’intervention, le Groupe d’appui opérationnel met en avant ses chiffres, « l’interpellation des trois quart des 14.000 Etrangers en situation irrégulière (ESI) interceptés en 2016 », comme le soulignait Jean-Marie Cavier, Directeur de la PAF à Mayotte. Avec des conditions de plus en plus dures, « les étrangers interpellés se montrant de plus en plus violents ».

Les policiers ont des doléances, nombreuses, qu’ils feront passer à la ministre ce samedi après-midi. Mais Annick Girardin fait de la communication avec les simples agents un maître mot, « l’impulsion doit venir de la base ». L’écart entre le rendu d’un Plan Sécuritaire comme l’avait signé Bernard Cazeneuve alors ministre de l’Intérieur, et le constat d’abandon que ressentent les Mahorais la pousse à interpeller : « Venez me donner votre ressenti, sinon vous risquez d’être frustrés. »

« Pas de date buttoir à Lille »

Des discussions à bâtons rompus qui lui vaudront de prendre plus d’une heure de retard sur l’emploi du temps de la journée de ce samedi 2 septembre.

Et les policiers ne se font pas prier. Parlant des contrats de 2 ans qui les obligent à quitter ensuite le territoire, alors même que certains sont mariés à des mahoraises, « lorsque nous servons à Lille, on nous donne pas de date buttoir », de l’état des véhicules, « peu adaptés à la topographie du terrain », du second stand de tir pour suppléer l’unique de Petite Terre, « l’idéal serait à Doujani, nous pourrions ainsi sécuriser la zone »…

Pas d’annonces en la matière, « des effectifs supplémentaires promis par le Plan sécurité sont déjà arrivés », mais les policiers vont revenir sur les chiffres dans leur cahier de doléances, expliquant qu’il s’agit surtout de remplacement. A ce compte, on n’a pas fini d’entendre parler de Mayotte en conseil des ministres.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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