Port de Longoni: Ida Nel conteste «formellement» la mise en demeure du Département

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Les grues et les matériels de MCG sur le port de Longoni
Les grues et les matériels de MCG sur le port de Longoni

Ida Nel répond à Soibahadine Ibrahim Ramadani. L’enjeu est important et le ton parfois inhabituel. MCG, la société qu’elle dirige, fait l’objet d’une «mise en demeure préalable» datée du 16 juin dernier. Dans ce courrier, le Département liste des «dysfonctionnements graves du service» qui pourrait aboutir à la perte de la délégation de service public (DSP) de la gestion du port obtenue en 2013.

Au cœur de l’argumentaire du Département contre MCG, on trouve des retards dans la dans la mise à disposition des conteneurs aux transitaires, ce qui constituerai une ‘interruption’ de la continuité du service public. «Je vous mets formellement en demeure de prendre les mesures qui s’imposent», prévenait le président du Département.

C’est à présent au tour d’Ida Nel de sortir les griffes : «Si retards il y a eu, il serait utile de préciser les points suivants : nom des navires concernés et dates arrivée/départ ; numéro des conteneurs concernés, date de déchargement effective et date de mise à disposition effective auprès des usagers concernés»… En effet, «sans ces informations élémentaires, il est impossible à MCG de vérifier ces accusations. Il est également impossible à quiconque de les prouver», affirme-t-elle.

Des retards «insignifiants»

Et la dirigeante de MCG de pointer les faiblesses des arguments du département : «le courrier du 16 juin 2017 évoque le fait que ces retards pourraient atteindre 72h. Un tel délai de livraison (…) ne constitue en lui-même pas un retard, dans tous les ports du monde, en fonction des circonstances d’exploitation». Ida Nel qualifie même ces retards «d’insignifiants»: il représenteraient 1% du temps de transit entre l’Europe et Mayotte, le circuit d’un container depuis son point de départ «pouvant atteindre près de 45 jours».

Ida Nel
Ida Nel répond point par point au Département

Lorsque le département indique qu’il «se réserve la faculté de prendre les mesures nécessaires permettant d’assurer provisoirement la livraison des conteneurs dans des délais raisonnables», elle s’étonne que cette notion floue de «délai raisonnable» ne soit pas précisée. Quant au manque de matériel qui lui est reproché… «Le délégataire, toujours soucieux d’un dialogue constructif avec le délégant, serait heureux de recevoir une description de ce matériel manquant», ironsie-t-elle.

Des transitaires «désorganisés»

Au final, pour Ida Nel, «faute de précisions suffisantes, il est impossible à MCG de savoir exactement quels reproches exacts lui sont faits et donc, le cas échéant d’y répondre.» Pour la société, «l’existence de retard dans la livraison des conteneurs n’est ni démontrée ni exacte. Elle est formellement contestée par MCG».

Revenant enfin sur les critiques émises par des transitaires et relayés par le Département, elles sont pour MCG tout aussi infondées: «Le refus de certains transitaires désorganisés de respecter les inévitables procédures de mise à disposition des conteneurs les conduisent, ensuite, à émettre des critiques infondées et mensongères à l’encontre de MCG et de son personnel. Ce sont portant 140 agents de MCG qui travaillent dans l’intérêt du port», précise-t-elle.

Il est «pénible de se défendre»

Chargement de containers à Longoni
Chargement de containers à Longoni

Au final, «il est impossible de sanctionner MCG», affirme Ida Nel, car «l’article 6 de la convention de DSP (…) n’évoque (pas) la question des livraisons aux transitaires». «En l’absence de délais de livraison définis contractuellement, aucune livraison ne peut être regardée comme effectuée avec retard»… Pour elle, on ne peut donc pas parler de «rupture de continuité du service public» et «aucun reproche contenu dans la mise en demeure du 16 juin 2017, que MCG conteste, ne peut être qualifié de faute grave».

Et Ida Nel se permet même au passage de donner une leçon à la collectivité: «Le Département de Mayotte, qui doit être uniquement soucieux du bon fonctionnement du port de Mayotte, doit comprendre combien il est pénible pour le délégataire de devoir se défendre contre des accusations, ni fondées ni étayées, surtout lorsque le délégant donne l’impression de les reprendre à son compte.»
Le bras de fer continue.

PM
www.lejournaldemayotte.com

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