Le Front national décomplexé et sûr de lui à Mayotte

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Marine Le Pen entourée de Jean-Michel Dubois, son conseiller politique pour l'Outremer, et de Soiderdine Madi, pt du FN 976
Marine Le Pen entourée de Jean-Michel Dubois, son conseiller politique pour l'Outremer, et de Soiderdine Madi, pt du FN 976
Marine Le Pen entourée de Jean-Michel Dubois, son conseiller politique pour l’Outremer, et de Soiderdine Madi, du FN 976, le 1er décembre 2016

«On ne s’y attendait pas!» Ali Soihibou, secrétaire départemental de la fédération FN de Mayotte, ne cherche pas à masquer sa surprise après les scores historiques obtenus ce dimanche par Marine Le Pen à Mayotte. Le Front national, 2e force politique après ce 1er tour de présidentielle, recueille 27,28% des suffrages soit 9.130 voix dans le département. «Oui, c’est assez historique, mais vu la situation de l’île, on espère avoir beaucoup plus au 2nd tour», précise-t-il, toujours avec la même franchise.

Pour lui, les scores de dimanche ne sont qu’un commencement et non un maximum. Obtenir 45% à Bouéni? «C’est normal. C’est là qu’est parti le mouvement (des décasages). Les Mahorais n’en peuvent plus. Ils ne se sentent plus chez eux, avec cet acharnement judiciaire qui leur est tombé dessus», explique-t-il. Ce mercredi le tribunal correctionnel doit rendre son délibéré sur la 1ère affaire de décasage jugée à Mayotte. «Mayotte appartient aux Mahorais. On ne donne pas notre île à d’autres personnes. S’ils veulent faire de Mayotte leur Terre promise, comme les juifs en Israël, on n’est pas d’accord. A Bouéni, c’est le ras-le-bol».

Même chose en Petite Terre, où le FN obtient 30,58% à Pamandzi ou à Bandraboua, une ville de gauche qui a donné 32,52% des voix à Marine Le Pen. «On a fait plusieurs réunions à Pamandzi. Là-bas aussi, on nous parlait du foncier et de la justice qui donne raison aux immigrés», précise Ali Soihibou.

Farouchement anti-immigrés

Ali Soihibou a son explication face au score obtenu à Mamoudzou. Dans la ville-chef-lieu, le FN a fait son score le plus faible, avec 19,81%. «La population est à plus de 50% immigrée à Mamoudzou. Même le maire est un enfant d’immigré. Il a besoin de cette population et de la famille de cette population. Il les brosse dans le sens du poil. Nous, on ne veut plus ça. On veut arrêter l’immigration».

Marine Le Pen à Mayotte le 30 novembre 2016
Marine Le Pen à Mayotte le 30 novembre 2016

Pour y parvenir, ça méthode est simple : «Il faut arrêter de les inciter à venir ici, arrêter le droit du sol, le droit d’asile. Pour l’éducation, on arrête. Pour se soigner, on arrête. On arrête aussi de donner la nationalité par mariage. Tout ce qui attire, on arrête. Après, on fait le bilan et on voit si ça a eu des effets».

Et Ali Soihibou ne s’embarrasse pas de nuances, y compris sur le sujet de l’islam, un des thèmes de campagne classique du Front national pour obtenir des suffrages en métropole. «Les Mahorais ont bien compris que le sujet, c’est l’islam radical, comme en 2015 quand les habitants de Mtsangamouji ont démonté une mosquée parce que ce n’était pas notre islam traditionnel. L’islam de Mayotte, c’est un islam qui tolère, qui respecte les autres. Pas l’islam politique que les Mahorais rejettent. Sur tous les sujets, on défend les intérêts des Mahorais».

Quatre ou cinq meetings

Jusqu’au 2nd tour de la présidentielle «et même au-delà», le Front national va donc continuer de dérouler ses arguments à Mayotte. «Nous allons continuer, faire du porte-à-porte, parler et rencontrer le maximum de Mahorais pour convaincre», explique cet ancien des Républicains qui ne s’interdit pas non plus de «discuter avec les dirigeants des autres partis politiques» pour tenter d’obtenir des ralliements.

"Marine présidente"... Un moment de choix pour la candidate FN
« Marine présidente »… Un moment de choix pour la candidate FN lors de son passage à Mayotte

Quatre meetings sont déjà prévus, le samedi 29 à Mtsamboro, première commune où le FN s’est implanté, le dimanche 30 dans la commune de Bouéni (probablement à Mzouazia), le mercredi 3 mai dans la commune de Tsingoni (peut-être à Combani où le score FN a été important) et le vendredi 5 à Mamoudzou (sûrement à Mtsapéré). Un cinquième rendez-vous va peut-être se rajouter en Petite Terre. La décision doit être prise ce lundi soir.

«Sur les meetings, nous, on ne fait pas comme les autres. Ce sont les gens sur place qui décident et qui s’arrangent pour convaincre les gens de venir. On ne met pas des bus ou on ne paie pas des associations d’étrangers pour faire une foule. On s’en fiche du nombre. Si on est 100, on est 100 ; Si on est 200, on est 200. Ce qu’on veut, c’est faire passer nos idées», explique Ali Soihibou.

Le Front national, à Mayotte comme sur l’ensemble du territoire national, est plus décomplexé que jamais. Sûr de ses arguments et sûr d’obtenir, au 2nd tour de la présidentielle, de nouveaux scores historiques.

RR
www.lejournaldemayotte.com

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