21.9 C
Dzaoudzi
mercredi 5 octobre 2022
AccueilEconomieFormation professionnelle : Pour passer à l’acte, il faut savoir repartir de...

Formation professionnelle : Pour passer à l’acte, il faut savoir repartir de zéro

Alain Gueydan, Dieccte, et Mariame Saïd, CD
Alain Gueydan, Dieccte, et Mariame Saïd, CD

On note une évolution dans la prise de conscience. La majorité des acteurs locaux réunis au sein de l’amphithéâtre du Centre Universitaire pour le 2ème jour du « Séminaire de prospectives de la formation professionnelle à l’horizon 2030 », ont dit leur ras le bol des Schémas et Plans, rangés dans un tiroir à peine l’encre de la signature séchée. « Le Schéma régional économique de l’emploi et de la formation a été signé en 2010. Il est toujours valable, peu d’actions ayant été lancées. Il faut passer à l’acte », relève François De Lavergne, cabinet AMNYOS.

En écho, Warda halifa, Chargée de mission au CUFR se disait lassée : « C’est la énième réunion. Avant, on mettait nos problèmes sur le compte d’un manque d’argent, maintenant que les fonds européens sont là, nous n’arrivons pas à monter les dossiers, et à les mettre en œuvre. » Un financement sur la mobilité a été débloqué via LADOM, « mais les jeunes ne sont pas si motivés pour aller voir ailleurs, d’autre part, nous ne pouvons pas envoyer dans la nature ceux qui sont illettrés. »

En dépit de l’implication saluée par tous de Mariame Saïd, l’élue qui en a la charge, le conseil départemental, un des principaux donneurs d’ordre, ne fait pas montre de volonté, la désorganisation règne dans le service, selon l’ensemble des acteurs. Et les énergies s’épuisent sur les mêmes pistes sans issue, comme celle d’une importation de produits malgaches, «  on sait qu’ils ne sont pas aux normes communautaires », rappelle Alain Gueydan, le directeur de la Direction du travail.

Parents et enfants ensemble sur les bancs de l’école

Tony Mohamed a surmonté la difficulté d'impliquer les parents dans la scolarité
Tony Mohamed a surmonté la difficulté d’impliquer les parents dans la scolarité

Immigration, maîtrise du français, niveau scolaire, absence de volonté du conseil départemental… Les freins sont nombreux, mais les acteurs semblent prêts à se relever les manches en dépit du contexte.

Pour Mohamed Moindjié, pour réussir une formation professionnelle, il faut 4 préalables : Maîtriser les savoir de base « avec une scolarisation réussie, pour ne pas avoir à faire des remises à niveau », la Parentalité, « ma mère n’a jamais été scolarisée, et pourtant, c’est elle qui me réveillait tous les matins », le travail avec les Associations « qui œuvrent déjà avec les jeunes et qui ont le savoir-faire », et un développement Economique « qui reposerait sur la création de richesses, et non sur la fonction publique. »

Tony Mohamed est un bon exemple du savoir faire associatif. Avec Espoir et Réussite, il a mis en place un apprentissage à la lecture et au calcul pour les enfants accompagnés de leurs parents. « Les enfants sont plus concentrés et les parents peuvent suivre la scolarité. »

« La pression migratoire nous fait reculer »

"On fait un pas en avant, et la pression migratoire nous fait reculer"
“On fait un pas en avant, et la pression migratoire nous fait reculer”

Le problème posé par l’immigration et les primo-arrivants était naturellement posé : « Le niveau scolaire baisse, et les cadres mahorais finissent par mettre leurs enfants dans des écoles privées, puis rapidement en internat en métropole. On ne peut pas continuer sur cette pente », revendiquait un membre de la DAFPI, la Direction de la formation professionnelle et de l’Insertion du conseil départemental.

Même interrogation chez la Directrice des Ressources Humaines de EDM, « on va de l’avant, mais cette pression migratoire nous fait reculer ».

Un autre problème se pose, celui de la coordination des Organismes de Formation professionnelle, qui se voient en concurrents, sans proposer d’action coordonnée : « Il faut mutualiser le travail entre les partenaires », relevait Jacques Launay, Dieccte, ce que la DRH d’EDM illustrait : « Il faut centraliser l’information, et repérer chaque décrocheur pour l’adresser à la structure adéquate. »

« Que veulent faire les Mahorais de Mayotte ? »

"Qu'est-ce-que les Mahorais veulent faire de Mayotte?!", interpelle Kadafi Attoumani
“Qu’est-ce-que les Mahorais veulent faire de Mayotte?!”, interpelle Kadafi Attoumani

Mais l’objectif premier, est de dégager une vision qui chamboule un peu, beaucoup, le secteur, pour le faire évoluer. Kadafi Attoumani, directeur d’OPCALIA, interrogeait : « Qu’est ce que les Mahorais veulent faire de Mayotte ? Comment on se projette ? Le Mahorais de demain doit intégrer que ces nouveaux arrivants vont rester, il faut en faire des Mahorais, des citoyens français. »

Il replaçait le curseur au niveau zéro, « il faut commencer à assurer de quoi manger pour tous, puis se préoccuper d’éducation, de santé et de sécurité. Tant qu’on n’aura pas réglé ces problèmes, il n’y aura pas d’évolution. Il faut se doter de cadres de haut niveau, et favoriser une montée en puissance de cadres territoriaux. »

Ce n’est qu’ensuite, « et non pas avant », qu’on peut parler de Schémas et de Plans. « Celui de 2010 n’a même pas été mis en route, et j’entends reparler des mêmes choses, de tourisme, d’agriculture, de NTIC, d’aquaculture… 6 ans qu’on nous redit les mêmes choses. Les ‘Shémas’ donnaient même des recommandations pour éviter les écueils ! »

Il appelait à réviser le bon ordre des choses, « ce n’est pas en faisant des Emplois Aidés qu’on va régler le problème ! »

« Un proverbe mahorais dit, lorsqu’un fou prend conscience de sa folie, c’est qu’il est guéri. C’est un peu ce que nous sommes », lançait en souriant un intervenant. Relayé par François De Lavergne, « Marc Twain disait ‘ils ne savaient pas que c’était impossible, donc ils l’ont fait’ ».

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

Anne Perzohttps://lejournaldemayotte.yt
Anne PERZO Le journal de Mayotte https://lejournaldemayotte.yt

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

Le centre social de Bouéni entend participer à résorber l’illettrisme

139532
Alors que l’illettrisme affecte une personne sur deux à Mayotte, ce taux étant deux fois plus élevé dans les quartiers prioritaires, le centre social...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours

Départementales Sada : remaniements en vue au conseil départemental

139532
L’issue du scrutin a parlé : c’est donc le binôme Soula Saïd Souffou/Mariam Saïd Kalame qui intègre les bancs de l’assemblée départementale. Ce qui implique des réélections au menu du conseil départemental les jours prochains. Avec l’éventualité d’une refonte complète des vice-présidences, comme nous l’expliquons

Départementales partielles : Soula S. Souffou et Mariame S. Kalame élus avec 52,26% des voix

139532
Ils étaient en tête au premier tour, et ont creusé l’écart à l’issue du second : le binôme surprise Souffou/Kalame qui n’était pas présent sous cette configuration en 2021, est le nouveau duo d’élus qui intègre le conseil départemental.
Comores, Azali Assoumani

Comores : un ténor de l’opposition appelle à une désescalade politique

139532
L’ancien gouverneur de la Grande-Comores, Mouigni Baraka Said, estime qu’il est temps de dialoguer avec le président Azali Assoumani dans l’intérêt du pays et de la population. L’homme politique se reconnait toujours dans l’opposition mais s’oppose toutefois à "ces querelles sans fin et sans véritable perspectives de sortie de crise". Une démarche mal digérée par les autres opposants qui refusent tout dialogue avec le président Azali Assoumani depuis son élection le 24 mars 2019.
Départementale, Sada, Mayotte

Départementales partielles à Sada : Saïd Souffou-Mariam Kalame en tête

139532
Le 1er tour de l'élection partielle des conseillers départementaux du canton de Sada se tenait ce dimanche 25 septembre. Le canton est toujours scruté de prés pour être l'un des épicentres politiques locaux. Les élections...

Comité de suivi des Assises de la sécurité : « Tous les signaux sont au...

139532
A la demande du maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaila, le Comité de suivi des Assises de la sécurité et de la citoyenneté s’est tenu dans la matinée de ce jeudi 22 septembre à la mairie du chef-lieu. L’occasion d’écouter les doléances de la société civile au regard des épisodes de violences de ces dernières semaines.
Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com